CHAPITRE PREMIER
[béni 8oit-iI!] remue la tête et dit: rr Heureux le roi qu'on loue ainsi dans sa maison I Mais qu'en est-il du père qui a exilé ses enfants? Hëlas! les enfants ont dû être chassés de la table de leur père. ^
Les rabbins ont enseigné : Pour trois causes , on ne doit pas entrer dans les ruines : pour écarter tout soupçon de maP; pour ne pas courir le danger d'être enseveli sous un éboulement, et pour éviter les démons ^. Pourquoi mentionner tant de raisons? S'il y a la crainte des soupçons, à quoi bon celle de Téboulement? Cette seconde raison serait insuffisante pour une construction neuve (dont une seule partie est tombée en ruine et dont tout le reste est solide). Pourquoi la crainte de rencontrer des démons ne suffit-elle pas? A cause du cas où l'on serait à deux (cas auquel les démons n'arrivent pas). Mais alors . si l'on est à deux, il ne peut pas y avoir de soupçon (pourquoi alors mentionner cette cause?) (r.) II s'agit de deux personnes aux mœurs dissolues. Pourquoi la crainte de l'éboulement ne dispense-t-elle pas d'énoncer celle du soupçon, ou des démons? C'est pour le cas où il y aurait deux personnes d'une vie pure (il n'y a à supposer ni l'action des démons, ni celle du soupçon). Pour F. 3\ quel cas la crainte des démons ne dispense-t-elle pas de celle du soupçon et de celle de l'éboulement? Pour le cas où il s'agit d'une ruine neuve et de deux personnes de bonnes mœurs. Mais, s'il s'agit de deux personnes, pourquoi parier des démons (qui alors ne se montrent pas)? Cette crainte subsiste dans les endroits où on les suppose fréquents. Ou bien encore, on peut admettre qu'il s'agit toujours d'une seule personne et d'une ruine neuve qui se trouve dans les champs, auquel cas il n'y a pas à craindre des soupçons; car il n'y a guère de femmes dans un endroit désert; mais il y a la crainte des démons.
On a enseigné : Selon Rabbi, la nuit se divise en quatre veilles; selon R. Nathan, en trois. Sur quoi se fonde R. Nathan ? Sur ce verset (Juges, vii, 19) : Gédéan arriva, accompagné de cent hommes, à F extrémité du camp, au commencement de la veillée médiale. Or, il n'y a de médiate que par rapport à ce qui est antérieur et postérieur (soit, ensemble, trois). Comment Rabbi (qui divise la nuit en quatre) justilîe-t-il le terme médiale? C'est, dit-il, l'une des deux veillées médiales (par rapport à quatre). R. Nathan n'admet pas cette interprétation, car il n'est pas dit l'une des médiales, mais la médiale (la seule). Sur quoi se fonde Rabbi? R. Zerika ou R. Ame répond au nom de R. Josué ben-
liturgique que le public répète à haute dans une ruine on n'ait des intentions crivoix pendant la récitation du CT^Ip (sanc- rainelles.
tification du Seigneur, dite à la synagogue ' Les esprits malfaisants, selon la
soit par le ministre officiant, soit par des croyance populaire, habitent de préfé-
personnes en deuil , pour le repos de Tâme rence les déserts et les ruines. Ils n ont ja-
du défimt). mais pu s'acclimater dans les habitations;
* Il est h craindre qu'en se rendant aussi ne les trouve-t-on pas là.
Lëvi : Un verset (Psaume cxix, 69) dit : i4 minuit, je me lève pour terenAre grâce de tes actes éH équité, et un autre dit [ibid. 1 Â8 ) : Mes yeux ont précédé les veilles; comment s'accordent ces deux versets? (C'est-à-dire, comment admettre qu'en se levant à minuit David précédait deux veilles?) C'est que la nuit est divisée en quatre. R. Nathan (qui ne tient pas compte de cette explication) est de l'avis de R. Josué, qui dit (au sujet du schéma du matin) : Jusqu'à la troisième heure (9 h.), on peut le dire, car c'est l'usage des rois de se lever à cette heure. Donc, David, se levant à minuit, précédait deux veillées : la troisième de la nuit, jusqu'à six heures, et la première du jour, commençant à six heures du matin. R. Asche dit qu'une veillée et demie compte pour deux (l'une de 3 h. à 6 h. et la moitié de la deuxième, depuis minuit jusqu'à 9 h.).
R. Zerika ou R. Ame dit encore au nom de R. Josué ben-Lévi : On ne dit en présence d'un mort que ce qui le concerne ^ R. Aba bar-Kabana dit : Cette restriction ne s'applique qu'aux sujets bibliques (pour lesquels la présence du défunt dérange l'attention), mais non aux sujets vulgaires. D'autres, au contraire, prétendent que ladite restriction s'applique à plus forte raison aux questions profanes. Mais David ne se levait-il qu'au milieu de la nuit ? Ne restaitil pas levé dès le commencement de la nuit ? car il est dit (Psaume cxix, 1^7) : Je me suis levé au soir pour ^invoquer. Et comment sait-on que le soir signifie le commencement de la nuit? Parce qu'il est écrit (Proverbes, vu, 9) : Au crépuscule, le soir, dans la ntdt sombre, à V obscurité. R. Oschia répond au nom de R. Acha que David a voulu dire (au verset 69 du psaume cxix) : Jamais minuit n'a passé me trouvant endormi. — R. Zeira dit : Jusqu'à minuit, il sommeillait à l'instar du cheval ; à partir de cet instant, il se levait fort comme un lion ^. R. Asché dit: jusqu'à minuit, il s'occupait de sujets bibliques; à partir de là, il adressait à Dieu des cantiques et des louanges. Mais le mot neschef exprime-t-il le soir? N'est-ce pas le matin? n'est-il pas écrit (au I" livre de Samuel, xxx, 17.) : David les battit depuis V aurore jusqu'au lendemain soir? Cela ne veut-il pas dire évidemment du matin jusqu'au soir? Non, c'est d'un soir à l'autre. S'il en est ainsi, on aurait dû dire d'un crépuscule (du matin) à l'autre, ou d'un soir à l'autre. C'est que, ditRabba, il y a deux crépuscules : celui de la nuit (au matin) , avant l'arrivée du jour, et celui du jour à l'arrivée de la nuit. Mais comment David savait-il au juste quel est le milieu de la nuit, tandis que Moïse ne le savait pas? N'est-il pas dit (Exode, xi, &) : Vers minuit, je sortirai contre les hgyptiens? Que signifie : Vers minuit? Peut-on supposer que Dieu ne lui ait pas précisé l'époque , comme s'il y avait un doute possible pour lui ? Non, il dit à Moïse, demain à minuit, à cette heure-ci; mais Moïse, ne préci-
' Traité du deuil5emaW/i (intitulé par ' Traité iSoticca^ fol. a 6**; iraiié Aboda
euphémisme n des joies y>), ch. 11 u S 7. Zara, fol. 3\