‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 109 sur 266 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

saut pas autant, dit : VersminuiL Mais alors, s*il a doute de la minute, comment David a-t-il pu la déterminer? C'est que David se guidait d'après un signe matériel; car R. Âcha bar-Bizna dit au nom de R. Simon le Pieux : Une harpe était suspendue au-dessus du lit de David. A minuit juste, un vent du n^rd arrivait, soufflait sur elle et la faisait résonnera Aussitôt, le roi se levait pour se livrer à l'étude de la Loi, jusqu'à l'apparition de l'aurore. Dès cet instant, les sages d'Israël se rendaient chez lui et lui disaient : r Seigneur notre roi , ton peuple d'Israël a besoin de se nourrir. — Allez, leur répondit-il, et nourrissez-vous les uns les autres. — Mais , répliquaient-ils , la sauterelle ne nourrit pas le lion, et le puits ne s'emplit pas de son contenu terreux ( de même, si tu n'entretiens pas les nécessiteux, ce n'est pas nous qui pourrons pourvoira leurs besoins). — Alors , leur répondit-il , étendez vos mains pour former des associations (qui y pourvoiront).?} Aussitôt ils prirent conseil du général Ahitofel (pour savoir quelles voies il fallait employer) ; ils formèrent le tribunal du Synhédrin et consultèrent l'oracle des Ourim et Tumim (pour savoir s'ils réussiraient). R. Joseph dit que ce fait est confirmé par le verset suivant (I" livre des Chroniques , xxvii , 3â) : Après Ahitofel vint Beniahou jfils de Joïada , et Abitar, et le général du roi Joab; cet Ahitofel fut le conseiller. De même, il est dit : Le coilseil d' Ahitofel, tel qu'il l'a donné en ces jours, lorsqu'on consulta cet homme divin k ce sujet (II Samuel, xvi, sS) : Beniahou, fils de Joïada, c'est le Synhédrin; f. w. Abitar représente l'oracle. De même encore, il est dit (II Samuel, xx, 29) : Et Beniahou ben-Jotada domine sur les Crêtes et les Pietés. Pourquoi les appelle-tK)n ainsi ("^niD)? Parce qu'ils déchirent (mD) leurs paroles, et l'on nomme les seconds ^nbs, parce qu'ils sont merveilleux (xbs) dans leurs paroles^ ; puis enfin vint le général du roi Joab.

R. Isaac bar-Ada, ou, selon d'autres, R. Isaac, fils de R. Idi, confirme par un verset (le fait de la harpe qui résonnait spontanément, ou par le vent du nord) : ÉveiUe-toi, ma gloire, éveille harpe et psaltérion, que f éveille lematin (Ps. lvii, 9). R. Zeïra dit que Moïse savait toujours à quel instant est minuit, ainsi que David; et, si cedemier avait recours à une harpe, c'était pour mieux s'éveiller du sommeil. Mais, si Moïse savait au juste l'instant, pourquoi a-t-il dit : (tVers minuit??) Pour éviter l'accusation d'imposteur, au cas où les astronomes de Pharaon se tromperaient (s'ils supposaient l'heure de minuit quelques instants plus tôt que l'heure réelle, ils ne verraient pas la plaie infligée par Dieu et accuseraient Moïse de mensonge). En eflet , on a enseigné ' : Il faut s'accoutumer à dire ;

^ Voir notre note à ce sujet, Taimud sur lesquels reposent ces interprétations.

de Jérusalem, I" partie, p. 9, et tr. Synhé- — Ce qui précède indique les allusions

drin, fol. i6'. que Ton peut trouver dans ces versets.

* Il est inutile de faire ressortir la sy- ' Traité des usages , ch. m.

nonymie des termes » ou les jeux de mots

Je ne sais pas , car od peut se tromper et être pris au pîëge de ses propres paroles. R. Asehe dit : Moïse se trouvait au milieu de ia nuit du 1 3 au i A (du mois de nissan), et voici ce qu'il disait à Israël : «Dieu ma dit que demain, à minuit, comme aujourd'hui (àla même heure), je sortirai contre TÉgypte.?)

Un psaume de David commence ainsi : Préserve mon Ame^ car je suis pieux (Psaqme lxxxvi, s). Lévi et R. Isaac l'expliquent en ces termes. Uujd dit que David s'exprima ainsi devant rÉternel : r Maître de l'univers, ne suis-je pas un homme pieux, car tous les rois de la terre, de l'Orient ou de i'dccident, dorment jusqu'à la troisième heure, tandis que moi je me lève à minuit pour te rendregrâces (Psaume cxix, 62)?^ D'aprèsl'autre, leroi s'exprima ainsi : «Maître de l'univers, ne suis-je pas un homme pieux? car tous les rois d'Orient et d'Occident siègent en rond, pour tenir conseil selon leur rang; tandis que mes mains mêmes sont salies par l'examen {mulierum menstruatarum) de la matrice et du fœtus ^, afm de déclarer quelles femmes sont pures pour leurs maris. En outre, pour tout ce que je fais, je prends conseil de mon maître Mephiboscheth et je lui dis : Mephiboscheth, mon maître, ai-je bien décidé les questions de droit? Ai-je bien condamné? Ai-je bien fait d'absoudre? Ai-je bien fait de déclarer un tel cas tantât pur, tantôt impur? Et en lui adressant toutes ces questions , je n'ai pas eu honte, v

R. Josué, fils de R. Idi, dit : N'est-ce pas là ce qu'indique ce verset : Je parlerai de tes témoignages en présence de tes rois^, sans avoir honte (Psaume cxix, Â6)? On a enseigné que le nom de Mephiboscheth n'était pas le vrai; c'était Ischeboschet; et pourquoil'appelait-on Mephiboscheth? Parce qu'il faisait rougir David par sa supériorité à dicter les règles religieuses'. Aussi David a-t-il eu le mérite de donner naissance à Khaleb ^. Ce dernier, dit R. Yochanan , ne se nommait pas ainsi, mais son nom était Daniel. Et pourquoi l'appelait-on Khaleb? Parce que, dans la fixation des règles, il faisait pâlir même Mephiboscheth (pareil jeu de mots). C'est de lui que Salomon dit dans sa sagesse (Pro-

* On voudrait faire entendre par là que le roi David n'avait pas seulement à cœur les intérêts politiques de la Judée, mais qu'il prenait encore souci des moindres prescnplions religieuses, pour lesquelles ses sujets le consultaient. Les femmes lui apportaient les diverses sécrétions du sein, pour savoir de lui si cela constituait lin fruit ou non. C'est d'après sa décision que la femme était pure ou impure pour les relations matrimoniales avec Tépoux.

Voy. ïiévitiqiie, \n. ss à 6, \v, 19 à 59.

Comp. tr. Niddâ, fol. 3/i\ 36N 44', 54^ tr. ^Baba-Bathra, fol. 107**; Zebahim, 33' et34'; tr. Kerithoth, fol. 8' et aS'; Houllin, 77' et^t^. Bdchâroth, fol. i^\

' Allusion h la descendance royale de Mephiboscheth, qui était de la race de Saûl.

^ Jeu de mots entre nt!?13^DD et D^^3

* Il Samuel, chap. ni, 3, et 1 Gliit)niqiies, ch. m, 1.

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