CHAPITRE PREMIER
et deux autres après; or, s'il était admis qu'il faut agir en sorte que, dans celte récitation, la formule de la délivrance soit suivie de la prière 'omûia, comment ce principe serait-il mis en pratique pour ce cas? La seconde prière postérieure n'est-elle pas ici la formule haschlcAénou (fais-nous reposer en paix, qui se dit avant Y^amida)! Oui,fut-il,répondu; mais comme ce sont les rabbins qui l'ont instituée, on la considère comme un simple prolongement de la formule de délivrance (sans interruption). Si l'on ne faisait cette supposition, comment, le matin, rapprocherait-K>n ladite formule de Y'amida? Or, R. Yocbanan prescrit de réciter, avant cette dernière prière, le verset (Psaume li, 17) : Dieu, ouvre mes livrée f et de la terminer par les mots : Que les paroles de ma bouche soient agréées (Psaume xix, i5). N'estrce pas une interruption enlre la formule de délivrance eiV'amida? Or, comme c'est un usage établi par les rabbins de réciter ce verset, on le considère comme un prolongement de Y'amida; de même la section haschkibénou n'est considérée que comme prolongement de la formule de délivrance.
R. Éliézer dit au nom de R. Abina : Tout individu qui dit trois fois par jour asckré{ps. cxlv) , peut être certain qu'il aura une part à la vie future. Pourquoi ? Est-ce parce qu'il suit l'ordre alphabétique ^ ? Qu'on dise alors le psaume cxix , 01^ chaque lettre de l'alphabet se retrouve huit fois. Est-ce parce qu'on trouve dans le psaume gxlv (v. 16) les mois tu ouvres les mains pour chacun? Ponrquoi ne pas dire alors le psaume cxxxvi, surnommé le grand HaUel (longue énumération de louanges) , où se trouvent les mots analogues ( v. s 5 ) : J] donne du pain à toute chair ? C'est parce qu'on y trouve les deux sujets réunis. R. Yochanan demanda : Pourquoi l'un des versets de ce psaume gxlv ne commence-t-il pas par la lettre ^ (n) , comme cela a lieu pour les autres lettres ? Parce qu elle sert d'initiale au verset qui prédit la chute d'Israël^, car il est écrit (Amos, v, 9): EUe est tombée y la vierge £ Israël y et eUe ne se relèvera plus. Dans le Midi, on inter* prétait ainsi ce verset, pour ne pas y voir une malédiction : Elle est tombée, mais elle ne tombera plus; lève-toi, vierge d'Israël^. En effet, dit R. Nahman bar-Isaac, David, inspiré de l'esprit, semble y faire allusion par ces mots du même psaume : Dieu soutient tous ceux qui chancellent {ibid. «> 1 & ). R. Éléazar bar-Abina dit : Les termes dont le prophète s'est servi à l'égard de Michaël démontrent que celui-ci a un degré de supériorité sur Gabriel; pour le premier ange, il est dit (Isaïe, vi, 6) : L'un des séraphins vola vers moi^ tandis que, pour
' On sait que ce psaume, ainsi que ennemis d' Israël b; c'est une manière de
plusieurs autres, ofire cela de particu- détourner, jusque dans le laugage, les
lier que chacun de ses versets commence malheurs qui devaient frapper la nation, par une des lettres de l'alphabet hé- ^ On suppose la présence d'un accent
bren. disjonctif au milieu de la phrase, afin d en
* FI V a dans le texte: prLa chute des modifier le sens.
234 TRAITÉ DES BEfiAKHOTH.
Gabriel, il est dit ( Daniel , ix, 91): U homme Gabriel y que je vis en songe, me parut d abord aMmé de fatigue. Gomment sait-on que, dans le premier verset précité, il s'agisse de Michaël ? Cest, répondit R. Yochanan, de la synonymie des termes *inK qu'on le déduit : Il est dit, (dans Isaïe, ib.) : Vun (inx) dss siraphme vola vers moi; et il est dit ici (Daniel, x, i3) : Etvaici que Michaely îvn (inK ) des premiers princes , est venu me secourir. On a enseigné que Tange Michaêl vole d'un trait, Gabriel en deux , Élie en quatre , et Tange de la mort en buit ^ ; mais ce dernier, pendant la peste, vole d'un coup (pour remplir plus vite les ordres divins).
R. Josué ben-Lévi dit : Quoiqu'on ait lu le schéma' du soir, dans la synagogue, c'est un devoir de le répéter avant de s'endormir. R. Yossi dit : N'estce pas ce qu'indique ce verset (Psaume iv, 5) : Tremblet et vous ne pécherez pas, F. 5'. méditez en voire cœur sur vos couches (sous-entendu : le schéma') et soyez silencieux (dormez ensuite) , Selâh? R. Nahman dit que le savant peut s'en dispenser. Toutefois, dit Abayé, même le savant doit dire un verset qui sollicite la miséricorde divine, par exemple : En tes mains je recommande mon âme; tu m'as racheté. Eternel, Dieu de vérité (Psaume xxxi, 6). R. Lévi bar-Hama, au nom de R. Simon ben-Lakisch<dit, en se fondant sur les mots des psaumes : Inquiétezrvous et ne . péchez pas, que l'homme doit toujours exciter le bon penchant contre le mauvais; si le premier l'emporte, c'est bien; sinon, qu'on s'occupe de l'étude de la Loi , ainsi qu'il est dit : Méditez en votre cceur; si , malgré cela , le bien ne rem- . porte pas la victoire, qu'on lise le schema\ ainsi qu'il est dit, sur votre couche; si l'idée du bien ne l'emporte pas encore, il faut penser au jour de la mort, ainsi qu'il est dit : Et vous serez silencieux, Selâ.
Le même auteur dit : Pourquoi est^l écrit (Exode, xxiv, 19) : £t je te donnerai les tables de pierre, avec la loi et les commandements que fai mis par écrit, pour qu'on les enseigne? Les Tables contiennent les dix commandements; ta Lot écrite, c'est le Pentateuque; et les commandements sont compris dans la Mischnâ; les roots que j'ai mis par écrit correspondent aux Prophètes et aux Hagiographes; et les mots pour qu'on les enseigne, à la Guemarâ; cela prouve que les lois orales, la Mischnâ et la Guemarâ, ont été données à Moïse sur le Sinaî.
R. Isaac dit que la lecture du schéma* sur la couche équivaut à la prise en main d'une épée à deux tranchants; car il est dit (Psaume cxlix, 6): L'exahatùm de Dieu est dans leur bouche et une épée h deux tranchants dans leur main. Com-
' Lesanges sont supposés être les man- de la mort va le moins vite, parce que le dataires du Tout-Puissant; et, d'après ses mourant, par suite de son repentir, peat ordres , leur vol varie en rapidité. Si leur obtenir parfois le pardon de Dieu et remessage doit produire le salut, il est plus couvrcr la vie. rapide qu'au cas conti'aire. Ainsi l'ange