CHAPITRE PREMIER
ment sait-on que l'on y comprend la lecture du schéma!'? On le déduit, répond Mar Zoutra ou B. Asche, du verset précédent , qui dit : Les gens pieux s' égayérotU en son honneur; ils le chanteront sur leurs couches (en d*autres termes , ils lisent le schéma" en se couchant). R. Isaac dit encore que la lecture du schéma^ faite sur la couche chasse de celle-ci les mauvais esprits, car il est dit (Job, y,'j) : Et les étinceUes {^^'^ ^^3) s'éHvent pour voler (^l^^). Or ^IIV ne désigne que la Loi, dont il est dit (Proverbes, xxiii , 5 ) : il peine y jettes-tu les regards^ ^ que tu ne Tor perçois plus; et ^V^ se rapporte aux démons, car il est dit (Deutéronome, xxxii, 9 A) : La famine les consumera, ils seront dévorés par des étincelles (ou malfaiteurs, ^Vl) et Us seront anéantis par la destruction amère.
R. Simon ben-Lakisch déduit de ce verset, par les mêmes principes d'analogie, que Tétude de la Loi préserve des souffrances corporelles. Certes, c^est vrai, lui dit R. Yochanan; même les enfants, sur les bancs de Técole, savent cela; car il est écrit (Exode, xv, ù6): EtU dit : Si tu écoutes la voix de F Étemel y ton Dieu , que tu fasses ce qui est bien à ses yeux , que tu prêtes VoreiUe à ses préceptes , que tu observes toutes ses lois y je ne te chargerai pas de toutes les maladies que foi imposées à F Egypte, car je suis V Étemel qui te guérit. On a voulu dire que celui qui peut s'occuper de l'étude de la Loi et ne le fait pas mérite que le Très- Saint lui inflige des tourments et le fasse souffrir; car il est dit (Psaume xxxix, 3) : /e suis devenu muet et n^ai dit mot, je n'ai même rien dit du bien, mais ma douleur s'est augmentée; or ce bien c'est la Loi , dont il est dit : Je vous ai donné une bonne doctrine, n'abandonnez pas ma loi (Proverbes, iv, a).
R. Zeira et R. Hanina bar-Papa disent : On peut remarquer combien les voies (le l'Étemel différent de celles des hommes : Si un être humain vend (trop peu) à son prochain un objet de grande valeur, le vendeur s'en afflige et Tacquéreur se réjouit; tandis qu'il n'en est pas ainsi du Très-Saint (béni soit-il) , et tout en cédant la Loi aux Israélites , il s'en est réjoui , en faisant seulement cette recommandation : Je vous ai donné une bonne doctrine, n'abandonnez pas ma loi, Rabba ou R. Hisda disent : Si un homme voit qu'il est atteint de souffrances, qu'il scrute sa conduite, ainsi qu'il est dit (Lamentations, m, ho) : Scrutons
nos voies, examinons^-les et retournons vers V Etemel, Si, après avoir passé cet examen, il ne trouve pas la cause de ses malheurs, qu'il les attribue à sa négligence pour la Loi, car il est dit (Psaume xciv, is) : Heureux F homme que Dieu châtie et qui s'instruit par ta Un; si malgré cela, il n'en trouve pas encore la raison, il peut être persuadé que ce sont les douleurs de la sympathie divine (imposées comme épreuves ) , car il est dit : Dieu châtie celui qu'il aime ( Proverbes , m , tù). Rabba dit aussi, au nom de R. Sehora ou de R. Houna, que les bien-
' ^rest une redondance de mots finlre ï|^ynn, employé ici, et ^^}f du verset précédant.
aimés de Dieu sont affliges de maux , comme il est dit : Celui que Dieu aime sera brisé par la maladie (Isaïe, lui, i o). Il ne faut pas croire que cet homme éprouvé sera récompensé dans la vie future, même s'il n'accepte pas les tourments avec amour; c est pourquoi il est dit (ibid.) : S'il a donné son âme en sacrifice duper ché. Or, comme le sacrifice de péché est accompagné de Taveu de la faute dont on a connaissance^, de même il faut avoir connaissance des châtiments divins et les accepter avec amour. Quelle sera alors la récompense? // verra sa postérité et vivra longtemps [ibid.); en outre, il conservera intacte rinstruction quil aura acquise, comme il est dit [ibid,) : Le désir de F Étemel^ réussira dans sa main^. R. Jacob ben-Idi et R. Acha bar-Hanina sont en désaccord sur ce point; selon le premier, on appelle épreuves celles qui n'entraînent pas de négligence de la Loi, comme il est dit : Heureux F homme que Dieu châtie, et qui s'instruit à sa loi; selon l'autre, on nomme ainsi les souffrances qui n'entraînent pas de dérangements dans la prière; car il est dit : Soit béni Dieu qui ne m'a enlevé ni le pouvoir de prier, ni sa grâce {Psaume lxvi, 20). R. Aba, fils de R. Hiya, leur dit, au nom de R. Yochanan : Dans l'un et l'autre cas, ce sont les tourments infligés par Dieu comme épreuves ; car il est dit : Dieu châtie celui qu'U aime (Proverbes, m, 91). Que signifient alors les mots : Tu t'instruiras par ta loi? Il ne faut pas lire : Tu t'instruis y mais tu nous instruis^, c'est-à-dire tu nous as enseigné ce sujet, que les épreuves ici-bas sont récompensées dans la vie future, par le raisonnement a fortiori du précepte concernant la perte d'une dent ou d'un œil ; or, de même que pour la perte d'un de ces membres humains l'esclave devient un affranchi ^, à plus forte raison l'âme est-elle délivrée de ses péchés, si le corp9 tout entier a été meurtri par les souffrances. Ceci est conforme à l'avis de R. Simon ben~Lakisch, qui déduit cela de l'identité du terme alliance , nn3, employé pour le sel des sacrifices et pour la mention des souffrances imposées à Israël comme châtiment; pour le premier sujet, il est dit : Tu n'omettras pas le sel de T alliance (Lévitique, 11, 1 3); pour l'autre, il est dit (Lévitique, xxvi, &6) : Voici les paroles de VoUiance; or, de même que, lors du premier emploi du terme alUance, à propos du sel, ce dernier a pour but d'amollir la chair des sacrifices, de même, lors de l'emploi de ce terme au sujet des châtiments, ces derniers ont pour but de faire disparaître les péchés.
On a enseigné que R. Simon ben-Iochaï disait : L'Éternel a donné aux Israélites trois bons présents, et il ne leur a fait parvenir ces dons qu'au milieu
* Lévitique, ch. v, 1 à 7. et la propagera au contraire. — * Cette
' C'est-à-dire TÉcrilure Sainte etTen- différence d'interprétation repose sur une
semble de la loi traditionnelle. variation dans les points-voyelles. ' Celui qui accueille avec amour les ^ Exode, ch. xxi, q6 et 97.
châtiments divins n'oubliera jamais sa Loi ,