‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 118 sur 266 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Par conséquent, il faut modifier un peu ies termes de rexplicatiou donnée à Moïse : Le juste heureux est celui qui est parfaitement juste, et le malheureux est celui qui n'est pas complètement juste, et Ton établit la même distinction à Tinverse pour Timpie. Cette opinion (que Dieu a accordé à Moise ses trois demandes) est en contradiction avec Tavis de R. Meir qui dit qu'il lui en a été accordé seulement deux , et non ia troisième , comme il est dit ( Exode , xxxiii ,19): Jefoomte celui que je favorise j si même il n en est pas digne, et f ai pitié de celui qui me Vintpire^ si même il ne la mérite pas; mais, est-il dit ensuite : Tu ne pourras voir ma face. Or, on a enseigné au nom de R. Josué ben-Korcha que rÉtemel s'exprima ainsi pour Moïse : Lorsque j'avais consenti à être vu (au buisson ardent, Exode, m , 3-7 ) , tu n'osais pas me voir; maintenant cela ne se peut plus. Ceci est contraire à l'avis de R. Samuel bar-Nahmeni, qui dit au nom de R. Jonathan : C'est en récompense de trois actions vertueuses qu'il jouit de trois faveurs : 1® Moïse se cowmt la face (ibid.)y et il en fut récompensé par le don d'un visage rayonnant; 9"* Ufut saisi de respect, et, par contre, on craignit de s'approcher de lui (Exode, xxxiv, âo); 3"* pour le mérite de n'avoir pas voulu contempler la Providence , il eut plus tard la faveur de voir Dieu ( Nomb. xii , 8) ; et il est dit encore : Je retirerai ma main et tu me verras par le dos (Ex. xxxni, sS). Rabi Hana bar-Rizna dit au nom de R. Simon Hassida : Cela prouve que Dieu a montré à Moïse comment se fait le nœud des phylactères ^

Le même auteur dit encore : Chaque parole sortie de la bouche de Dieu est dite pour le bien , et, si même elle dépend d'une condition-, elle n'est pas modifiée. Comment sait-on cela? Par Moïse, dont il est dit (Deutéronome , ix, 1 &) : Laisse^moijje veux les exterminer, etc. et pourtant je ferai de tes descendants une nation puissante. En effet, quoique par suite des supplications de Moïse l'extermination d'Jsraêl ne fut pas complète, la parole divine fut accomplie en faveur des descendants du Législateur, comme il est dit (I Chroniques, xxiii, ib): Les fils de Moue furent Guerschom et ÉUézer; les fils d'Eliézer furent Rehabia Vaine, dont les descendants devinrent très-nombreux ; ils dépassèrent , selon R. Joseph , le chiffre de six cent mille, comme on peut lé conclure de l'analogie des expressions muk^Ucité (T)); or, dans ce verset, il est dit: Ils devinrent très-notnbreux , et ' ailleurs il est dit (Exode, i, 7) : Les enfants d^ Israël fructifièrent, se propagèrent et devinrent très-nombreux (et comme on sait qu'en Egypte ils atteignirent le chiffre de 600,000, il doit en être de même pour la postérité de Moïse).

R. Yochanan dit au nom de R. Simon ben-Iochaï: Depuis la création, F. 7^

' Ce nœud est pris ici ali^oriquement, tement, et coiiibien est grande la puis-

et l'on veut dire : L'Étemel, en révélant sance de TÊtre suprême et unique qui a

à Moïse la portée et le but de toute la créé tout cela.

création , lui a démontré clairement com- ' C'est-^i-dire . si même la condition

ment toutes les créatures Retiennent éti*oi- dont elle dépend n'était pas remplie.

personne n*appela le Seigneur maître, jusqu'au jour où Abraham arriva et {Invoqua comme tei, selon ce verset (Genèse, xv, 8) : Et U dit : Seigneur maître, comment saurai-je que f aurai des héritiers? Rab dit que Daniel ne fut exauce qu^en faveur d'Abraham, ainsi quil est dit (Daniel, ix, 17) : Maintenant, onotreDieu, exauce la prière de ton serviteur et ses supplications; éclaire ta face pour ton sanctuaire ruiné, que ce soit en faveur de mon Dieu, (On passe là brusquement de la s* à la 3** personne.) On n'a pas dit en ta faveur, afin de sous--entendre par là la faveur d'Abraham qui , le premier, l'a invoqué par son nom. R. Yochanan dit au nom du même : Comment sait-on qu'il est inutile d'apaiser l'homme pendant sa colère? C'est qu'il est dit (Exode, xxxiii, li) : Ma face passera et je te procurerai le repos (une fois la colère passée, je t'exaucerai).

R. Yochanan dit aussi au nom de cet auteur que, depuis l'instant de la création, nul individu ne rendit grâce à Dieu jusqu'au jour où Léa vint et accomplit l'action de grâce, comme il est dit: Cette fois , je veux rendre grâce à TEternel (Genèse , xxix , 35). Le premier-né de Jacob fut appelé Ruben; c'est que, selon R. Éléazar, Léa dit : Voyez quelle différence il y a entre mon enfant et ceux de ma belle-mère; l'un de ceux-ci vendit son droit d'aînesse, tout en se rendant compte de son action , comme il est dit {ibid. xxv, 33) : // vendit son droit d^ aînesse à Jacob. Qu'en est-il résulté? Esaû haït Jacob {ibid. xxvii, Ai); puis il est dit (ibid.) : Cest avec raison qu^on Va appelé Jacob, car il nCa trompé deux fois. En outre (dit Léa) , quoique mon fils ait nécessairement perdu le droit d'ainesse qui fut transporté sur Joseph, comme il est dit (I Chroniques, v, 1) : Lorsqu'U déshonora la couche de son pire, V aînesse fut accordée à Joseph. Ruben ne se vengea pourtant pas de lui lorsqu'on voulut tuer Joseph (Genèse, xxxvii, 9 1) : Lorsque RiJ^en V apprit, il le sauva de leurs mains. A ce même propos, on demanda pourquoi Ruth porte ce nom. C'est que, répond R. Yochanan , en vertu de ses qualités, elle eut le bonheur de donner naissance à la souche royale dont sortit David, quia célébré Dieu par des cantiques et des louanges^. Comment savons-nous que c'est ce nom qui en fut la cause? C'est qiie, répond R. Éliézer, le verset dit : Voyez, contemplez les oeuvres de Dieu, comment il a itabU des dévastations sur la terre (Psaume xlvi , g ) ; or, il ne faut pas lire dans ce verset le terme de dévastations, mais celui de noms fixés sur la terre ^.

R. Yochanan dit encore : Les mœurs relâchées dans l'intérieur d'une maison sont plus pernicieuses pour l'homme que les ruines qu'entraine la guerre de Gog et de Magog^ car il est dit (Psaume m, 1) : Psaume de David, en fuyant

^ Littéralement : qui Ta rassasie, et de '^ Selon le Talmud et les Midraschim ,

cette racine vient le nom de ri"), Ruth. il y aura avant la venue du Messie des

^ Ces deux expressions se rendent par guerres terribles et dévastatrices, sous la

le même mol DIDCT, ponctué différent- conduite de Gog et de Magog, par suite

ment. desquelles tous Ips impies périront, (^omp.

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