CHAPITRE PREMIER
devant Absahn son fis; et il est dit ensuite : Etemel y que mes enfants sont nombreux! un grand nombre d! adversaires s* élèvent contre moi. Au contraire, pour la guerre de Gog et de Magog, il est dit (ii, i) : Pourquoi les nations s' assemblentelles et les peuples projettent-4ls des choses vaines? mais il n*est pas dit que ses adversaires sont nombreux.
Ce psaume conmience ainsi : Cantique de David ^ lorsqu'il s'enfuit de devant son fils Absalon. Au lieu de cantique y pourquoi ne pas l'appeler complainte? R. Simëon, fils d'Abischalom, répondit par un exemple devant servir de comparaison : Si un homme, ayant contracté une dette, craint de ne pas pouvoir Tacquitler, il s'en afflige; mais aussitôt qu'il a payé, il est joyeux. Il en fut de même pour David : lorsque Dieu lui eut dit : Je/erai surgir le mal contre toi du sein de ta famille (II Samuel, xii, ii), il était triste et il craignait qu'un serviteur ou un bâtard ne vînt l'attaquer sans pitié ; aussi , en voyant que c'était Absalon, il se réjouit, parce que ses craintes se dissipèrent, et il entonna un cantique.
R. Yochanan dit encore au nom du même : Il est permis de lutter contne les impies ici-bas, car il est dit (Proverbes xxviii, h) : Ceux qui abandonnent la Loi louent le méchant, et ceux qui observent la Tora le combattent. On a enseigné également que R. Doustaï bar>Maton énonçait le même principe en vertu dudit verset. Il ne faut pas se laisser détourner par celui qui invoquerait le verset suivant (Psaume xxxvii, \)i Ne {irrite pas contre les impies et ne sois pas zélé contre les malfaiteurs, mais il faut lui répondre que ce verset exprime l'avis de celui dont le cœur bat d'inquiétude (au souvenir de ses péchés). Ce verset indique seulement qu'il ne faut pas ressembler aux malfaiteurs et ne pas imiter leurs actions, et il est dit de même (Proverbes, xxin, 17) : Que toti cœur n'envie pas les pécheurs , et reste au contraire dans la crainte de Dieu chaque jour. Est-ce bien ainsi? R. Isaac ne dit-il pas : Si l'on voit que pour l'impie l'heure est favorable 9 il ne faut pas lutter contre lui, car il est dit (Psaume x, h) : Ses voies réussissent à chaque moment? En outre, il semble même qu'il est l'objet d'un jugement plus favorable, d'après ce verset (ibid.) : Dans les hauteurs, tes punitions restent éloignées de lui; et de plus, il méprise ses ennemis, comme il est dit : Par son souffle il disperse ses adversaires (ibid,). Comment expliquer la contradiction entre cette abstention et l'avis de R. Yochanan ? (r. ) De cette façon , l'avis selon lequel on doit s'abstenir se rapporte au cas où il s'agit de choses privées ; l'autre avis se rapporte à des questions concernant le ciel (auquel cas la lutte est un devoir). On peut aussi admettre qu'il s'agit, selon l'un et l'autre avis, de sujets célestes ; seulement le premier avis se rapporte au cas oiî l'heure est favorable à l'impie, et le second à celui où elle ne l'est pas. Ou bien encore, selon l'un et
Irai tés Sourcn, fol. i>»î', Yehamolh, 6'j\ WbôdaZara, .V, et NiddA, l3^
Tautre avis, Theure est favorable; seulement, le premier avis se rapporte au juste parfait, et le second au juste qui n'est pas parfait, car R. Houna rappelle ce verset (Habacouk,i, i3) : Pourquoi eontemples-tu les infidUeB? Pourquoi ei-iu silencieux lorsque Fimpie engloutit celui qui est plus juste que /ut ? Or, cela se peut-il ? N'est-il pas écrit (Psaume xxxvii, 33) : Dieu ne T abandonne pas h son pouvoir; puis : Il ne survient aucun accident au juste (Proverbes , xii , q i) ? On veut donc dire par là que Timpie peut faire du tort à celui qui est un peu plus juste que lui, mais non au juste parfait. Enfin on a pu vouloir dire que Tinfluence de l'instant favorable importe beaucoup ^
Le même auteur dit encore : Si Ton assigne un endroit fixe pour la prière, on verra la chute de ses ennemis, comme il est dit (II Samuel, vu, lo) : /'m Jlxé une place pour mon peuple d^Israely je Vai implanté là^ il y reposera; il ne sera plus inquiet j et les enfa$iU de Finiquité ne continueront plus à le tourmenter comme dans le passé. R, Houna demanda : Gonmient se fait-il qu'il soit dit tantôt de le tourmentery tantôt <ie Vexterminer {l Chroniques, xvii, 9)? Il s'agit d'abord (lors de la construction du temple) de dire que les ennemis des Juifs ne les tourmentent plus; puis (lorsque Israël pëcha) que leurs prières détournassent d'eux la ruine et la destruction. R. Yochanan dit aussi que la pratique de la Loi est préférable à son étude, comme il est dit (II Rois, m, 11) : Voici ÉUsée^fils deSchafat y qui versa Veau par les mains d^ÉUe. Il n'y est pas dit qu'il étudia la Loi, mais il versa; cela prouve que la pratique est supérieure à l'étude. R. Isaac dit à R. Nahman : Pourquoi n'étes-vous pas allé au temple pour prier ? — Je n'ai pas pu, répondit-il, étant retenu par une indisposition. — En ce cas, dit le premier, il fallait réunir dix personnes pour prier. — C'est trop diflScile, répliqua l'autre. — Pourquoi alors, dit-il, n'as-tu pas demandé au ministre officiant qu'il te prévienne de l'instant auquel se fera la prière publiquement? — A quoi bon tout cela ? répliqua R. Nahman. — C'est que, dit R. Yochanan, au nom de R. Simon ben-Yochai, ce verset (Psaume lxix, tii): Et moi y je f adresse ma F. 8'. prière, Etemel, dans Finstant favorable , prouve qu'il y a un instant plus favorable que d'autres; c'est celui pendant lequel le public prie. R. Yossé bar-R. Hanina le prouve par le verset suivant (Isaîe, xux, 8) : Ainsi, a dit FÉtemeU je fai exaucé dans Finstant de la faveur. R. Acha bar-R. Hanina fonde la même idée sur ces mots (Job, xxxvi, 5).: Certes, Dieu ne méprise pas^ ce qui est grand (les prières d'ensemble) ; et il est dit (Psaume lv, 19) : // a racheté en paix mon âme de Foppressùm dirigée contre moi, car beaucoup de personnes étaient avec moi.
' Il peut même en résulter la ruine du on suppose, comme il arrive souvent au
juste parfait. Comp. tr. MeghiUâ, fol. 6"; Talmud, que la conjonction 1 du mot xVl
tr. BabarMecia\ fol. 7 T. est omise; ce qui modiGe le sens primitif
* Pour les besoins de l'interprétation du verset: