‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 120 sur 266 · CHAPITRE PREMIER. 25f · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. 25f

C'est-à-dire que l'Étenid dit : Tout individu qui s'occupe de Fëtude de la Loi , ou de bienfaisance, et fait la prière en public est considéré par moi comme s'il avait racheté mes enfants des nations de l'univers.

Resch Lakisch dit : Tout individu qui possède une synagogue dans sa ville et n'y entre pas pour prier, s'appelle un mauvais voisin, car il est dit (Jérémie, XII, 1 &) : Aùm a parlé VÈtemel contre tous les maimais voisins qui touchent à rhéritagequefai légué à mon peuple dH Israël, En outre, il provoque l'exil pour lui et pour ses enfants, comme il est dit {Und.) : Je les enliveraide leur terre et f arracherai la maison de Juda de leur sein. A ce propos , lorsqu'on eut dit à R. Yochanan qu'il y a des vieillards à Babylone, il s'en étonna; il rappela ces mots : Afin que ffos jours et ceux de vos et^ants se prolongent sur cette terre (Deutéronome, xi, ai), et se demanda s'il n'y avait pas lieu d'en conclure qu'en dehors de la Terre- Sainte on ne vivrait pas longtemps ; mais lorsqu'on lui apprit qu'ils se rendent de bonne heure à la synagogue et qu'ils en sortent tard, il dit que c'est là la cause de leur longévité. C'est ce que dit aussi R. Josué ben-Lévi à ses fils, allez de bonne heure et restez longtemps à la synagogue, afin que vous viviez longtemps. R. Acha bar-R. Hanina interprète ce verset : Heureux F homme qui m' obéit ^ qui séjourne à mes portes chaque jour, et gardeles linteaux de mon entrée ( Prov. vin , SA ) ; puis il est dit : Celui qui me trouve a trouoé la vie. On en conclut, dit R. Hisda , qu'il faut toujours faire un chemin de ndeux portes d dans la synagogue; ce n'est pas à dire qu'il faut passer par deux portes, mais s'avancer d'autant dans la synagogue (sur une longueur de huit aunes), avant de se mettre à prier.

Il est dit (Psaume xxxii, 7) : Cest pourquoi chaque homme pieux (imooque, à rinstantoàU trouve,Ce8 derniers mots, selon R. Hanina. s'appliquent à l'épouse qu'on choisit, comme il est dit : Celui quia trouvé une femme a trouvé le bien (Proverbes, xvui, Qs). Dans les provinces d'ouest, lorsqu'un honmie épouse une femme, on dit de lui U a trouvé ou U trouve (pour désigner un bon parti ou un mauvais) ; car la première formule est l'initiale de ce verset : Celui qui a trouvé une femme a trouvé le bien et a acquis la grâce de VÈtemel, La seconde formule est rinitiale du verset suivant : Je trouve que la femme est plus amère que la mort (Ecclésiaste, vu, s6). R. Nathan applique les mots Vinstant où Ton trouve k la tora, conmie il est dit déjà : Celui qui me trouve a trouvé la vie et a acquis la grâce de Dieu. R. Nahman bar-Isaac les applique à la mort, en vertu de ce verset (Psaume lxviii, ai) : Il y a des délivrances de la mort. On a enseigné, en effet» qu'il existe neuf cent trois manières de mourir, ce que l'on peut déduire dudit verset; si l'on additionne la valeur des lettres du mot délivrances (niKSin), on obtient juste ce total. La pire de ces manières est Tesquinancie ; la plus douce est le baiser. T^a maladie de Tesquinancie ressemble à un buisson entouré d'une pièce de laine, qu'on voudrait arracher de là pour le rejeter (ce qui déchire inévitablement la laine); selon d'autres, elle ressemble à la rosée dans Ton-

verture de Tœsophage. La mort par le baiser est aussi douce que le retrait d'un cheveu de dessus le lait. R. Yochanan dit que l'expression Vinstant ou Ton trouve désigne la tombe. R. Hanina demande que signifie ce verset (Job^ m, qs) : Ceux qui se réjouissent jusqtî! à VaiUgresse sont joyeux s ils trousoeni un tombeau, Raba bar-R. Schila répond : Cest que les hommes disent qu'il convient d'implorer la miséricorde divine, pour en obtenir le pardon, jusqu'au dernier souffle. Mar Zoutra dit que l'expression Vinstant ou Von trouve se rapporte aux cabinets secrets (qu'on est heureux de trouver près de soi). On dit dans l'Occident que l'explication de Mar Zoutra est préférable à toutes les autres.

Raba dit à Raphram bar-Papa : Maître, redis-nous un de ces enseignements théologiques que tu exposes au nom de R. Hisda dans les conférences de la synagogue. Voici, répondit-il, ce qu'a dit R. Hisda: S'il est écrit (Ps. lxxxvii, 3 ) : Dieu pré/ire Us fortes de Sion à toutes les habitations de Jacob, c'est que Dieu préfère aux synagogues et aux réunions d'études les portes des maisons qui se distinguent par les enseignements doctrinaires. Aussi R. Hiya bar-Amé ditil au nom d^Oulla: Depuis le jour de la destruction du Temple, il semble que la Providence réside seulement dans le petit espace réservé aux études. Abayé dit : En principe, on étudiait à la maison et l'on se réunissait pour prier dans la synagogue; mais lorsqu'on entendit l'avis de R. Hiya bar-Amé au nom d'Oulla, relatif au séjour de la Providence, on pria dans le même endroit oiî l'on étudiait. R. Amé et R. Assa disent : Bien qu'il y eût treize synagogues à Tibériade, on ne priait qu'au milieu des colonnes oii l'on étudiait.

R. Hiya bar-Amé dit encore au nom d'Oulla : Celui qui jouit du fruit de son labeur est supérieur à celui qui craint le Ciel. Pour ce dernier, il est dit (Psaume cxii, i) : Heureux V homme qui craint Dieu; tandis que de celui qui jouit du fruit de son travail, il est dit {ibid. cxxviii, s). Lorsque tu manges k produit du travail de tes mains, tu es heureux et tu en acquerras du bien, c'est-à-dire tu es heureux en ce bas monde, et tu en acquerras du bien dans la vie à venir; or cette dernière clause n'est pas dite au sujet de l'homme qui craint Dieu (mais pour le travail). Le même auteur dit aussi : On doit toujours demeurer dans la résidence de son maitre ; aussi est-ce seulement à la mort de Simi ben-Guera que Salomon (son disciple) alla épouser la fille de Pharaon^. Mais n'a-t-on pas enseigné l'inverse? Oui, mais ce n'est pas une contradiction; le premier avis s'applique à celui qui obéit à son maitre, le second à celui qui désobéit (auquel cas il vaut mieux en être éloigné). R. Houna bar-Juda dit au nom de R. Menahem et de R. Amé : Ce verset : Ceux qui abandonnent Dieu périront (Isaïe , i , 98), se rapporte à celui qui, après avoir ouvert un rouleau de la Loi, le quitte sans le refermer; R. Abahou sortait, au besoin, entre l'appel à la loi d'un in-

' Comp. I Rois , ch. u . 66 , et ch. m , 1 .

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