CHAPITRE PREMIER
dividu et celui duD autre. R. Pape demanda : Comment faut-il agir entre la lecture d'un individu et celle'd'un autre? La question reste irrésolue. R. Schescheth détournait la face pour se livrer à Tétude de la Mischnâ (sans se soucier de la lecture de la Loi ) , en disant : nous nous occupons de nos œuvres de prédilection (le Talmud), et eux des leurs.
R. Houna bar-Juda dit encore : L'homme doit toujours s'arranger de façon à terminer la lecture d'une section de la Loi avec le public, en récitant deux F. 8^ fois le texte hébreu et une fois la traduction chaldéenne, et même pour les moindres termes (intraduisibles), tels que ceux d'Atharoth et de Dibon (Nombres, xxxii, 3); car celui qui agit ainsi aura de longues années. R. Bivi bar-Abayé pensait qu'il fallait achever les sections de toute l'année la veille du Kippour. Hiya bar-R. Mediphté enseigna à ce propos : S'il est dit vous affligerez vos âmes , le neuf du mois , au «otr (Lévitique , xxiii ,33), cela ne signifie pas qu'on jeûne le neuf, puisque le jeûne est fixé au dix, mais que l'action de manger et de boire est, à titre de préparation, aussi estimée par Dieu que si l'on jeûnait dès le neuvième jour. Est-ce à dire qu'on peut avancer l'ordre des sections? Non, répondit un vieillard, on ne doit ni l'avancer ni le reculer. C'est ce que disait R. Josué ben-Lévi à ses fils : Terminez la lecture des sections en même temps que le public, en lisant deux fois le texte hébreu et une fois le chaldéen. Il leur recommandait en outre de tenir compte de tous les nerfs en égorgeant de la volaille selon le rite mosaïque, conformément à l'avis de R. Juda, et d'avoir des égards pour le vieillard qui , par suite de maladie ou d'inquiétude, a oublié ses études, de même qu'on conservait dans l'arche sainte, outre les tables de la Loi, les morceaux des premières tables, pour les respecter. Raba dit à ses fils : Lorsque vous découpez de la viande, ne le faites pas sur la main, soit à cause du danger de se couper, soit à cause de la détérioration des mets qui en résulte; ne vous asseyez pas sur des sophas araméens et ne passez pas derrière la synagogue lorsque le public prie. Cette défense de se reposer sur des sophas araméens signifie, selon les uns, qu'on ne doit pas se coucher sans avoir lu le schéma^ (à la mode araméenne), selon d'autres, qu'on ne doit pas épouser une prosélyte, et, selon d'autres enfin, il s'agit de sophas réellement araméens, en souvenir du fait survenu à R. Papa: Il s'était rendu auprès d^une Araméenne; elle lui présenta un sopha en l'invitant à s'asseoir. Je ne m'asseyerai, dit-il, que lorsque tu auras soulevé ce sopha. Lorsqu'elle le souleva, le rabbin y trouva un enfant décédé (de la mort duquel elle l'eût accusé). C'est depuis ce jour que les rabbins ont défendu qu'on s'asseye sur un sopha araméen. La défense de passer derrière une synagogue (comme si on l'évi-tait) pendant la prière publique est conforme à l'opinion de R. Josué ben-^ Lévi , qui exprime le même avis. Toutefois, dit Abayé, cela ne s'applique qu'au cas où il n'y a pas d'autre porte; mais s'il y en a une autre, cela ne fait rien
d'y passer; ou cela s'applique au cas où il n y a pas d'autre synagogue, ou au cas où il n'habite pas près de là, ou s'il ne va pal^ vite, ou s'il n'est pas revêtu des phylactères; mais, dans le cas de l'une de ces conditions, on ne tient pas compte de la défense (car alors le passage n'est pas une irrévërence). R. Aliba enseigna que, pour trois choses, il aimait les Mèdes : i" lorsqu'ils découpent la viande, ils la posent sur la table; a*" lorsqu'ils veulent embrasser, ils baisent la main ( en signe de distinction ) ; et 3"* lorsqu'ils se consultent, ils donnent le conseil dans les champs (où l'on ne puisse les écouter). C'est en effet, dit R. Ada bar-Ahaba, ce qu'indique ce verset (Genèse, xxxi, &) : Jacob envoya auprhi de fiachel et de Lia et les fit venir aux champs^ près de son troupeau. Pour trois causes , ditR. Gamaliel, j'aime les Persans: ils sont modestes dans leurs repas, dans les endroits secrets et dans le commerce maritime; et le verset : faiordomii à ceux qui me eanctifient (Isaïe, xiii, 3) se rapporte, selon R. Joseph, aux Pei^ sans, saints et préparés pour le purgatoire.
(tR. Gamaliel dit, etc. ?>
R. Juda dit au nom de Samuel que cet avis sert de règle. R. Simon ben- Yochaï dit : Il arrive parfois à l'homme de lire deux fois de suite le eekema dans une nuit, une fois avant le lever de l'aurore et une fois après, et il a rempli ainsi le devoir de la récitation pour la nuit écoulée et pour le jour qui survient. Ces termes ne donnent-ils pas lieu à une objection ? Parfois, dit-on, on lit deux fois le schéma à la nuit; il parait donc qu'après le lever de l'aurore, c'est encore compté conune nuit, et comment ditH)n ensuite qu'on a rempli également le devoir du jour? Est-ce donc considéré comme jour? Non, il fait bien encore nuit à ce moment; mais on l'appelle jour, parce que certaines gens sont déjà levés à cette heure. R. Acha bar-Hanina dit au nom de R. Josué ben-Lévi qu'on a admis comme rè^e l'avis de R. Simon ben-Yochaï. U en est qui rapportent ce que dit R. Acha bar-Hanina à l'enseignement suivant de R. Simon ben* Yochaï, lequel s'exprime ainsi au nom de R. Akiba : Parfois l'honmie lit le schéma deux fois de suite par jour, une fois avant que le soleil brille et une fois après, et il peut accomplir de cette ûiçon deux devoirs religieux ^ l'un pour la récitation du jour et l'autre pour la nuit. Gomment cela se peut-il? On vient de dire qu'on lit souvent le schéma^ deux fois par jour; il parait donc qu'avant que le soleil brille, c'est déjà considéré comme le jour, et pourtant l'accomplissement de ce devoir compte pour la nuit. Est-ce donc en- F. 9*. core la nuit à ce moment? Non , c'est certainement déjà le jour, mais on l'appelle parfois nuit, parce qu'il y a des gens qui dorment encore à cette heure. R. Acha bar-R. Hanina dit au nom de R. Josué ben-Lévi que l'avis de R. Simon, exprimé au nom de R. Akiba, sert de règle. Toutefois, ajoute R. Zeïra, si on lit