CHAPITRE PREMIER
le schéma' du soir à la lin de la nuit, au matin, il ne faut plus dire la formule de la bénédiction i:3^3t?n, faù-nous dormir (ce qui serait déplacé). Lorsque R. Isaac bar-Joseph arriva, il dit queTavis de R. Acha bar-R. Hanina au nom de R. Josué ben-Lévi n a pas été explicitement exprimé, mais déduit par syllogisme du fait suivant : Un couple de rabbins s'était endormi d'ivresse au festin de noce du fils de R. Josué ben-Lévi; comme faurore était levée et qu'il paraissait être trop tard pour lire le 8chema% on vint demander à R. Josué ben- Lévi ce qu'il fallait faire. — R. Simon mérite bien, répondit-il, qu'on s'en rapporte à lui dans un moment d'urgence (ce qui est bien l'avis de R. Acha bar-R. Hanina).
<r H arriva un jour à ses fils, etc. 17
N'avaient-ils pas eu connaissance, jusqu'à ce jour, de l'opinion de leur père, pour qu'ils dussent attendre sa décision? Si; mais voici ce qu'ils lui dirent: Comme les rabbins ne sont pas de ton avis, admets-tu que la majorité l'emporte sur un seul individu? Ou bien les rabbins sont-ils de ton avis, et ne fixent-ils l'heure de minuit comme limite à la récitation que pour écarter rhomme du péché? En effet, répondit R. Gamaliel, les rabbins sont de mon avis et vous devez réciter le schema\ et la limite de minuit n'a été déterminée que par anticipation.
<r Cette limite ne s'applique pas à cela seul, etc. i^
Mais R. Gamaliel, qui n'admet pas la fixation de la limite à minuit, admetil également l'extension de cette limite pour d'autres sujets? Voici ce qiie R. Gamaliel dit à ses fils : Même selon les rabbins, qui fixent minuit comme limite, le devoir du êckemà" peut s'accomplir jusqu'au matin; et s'ils disent seulement jusqu'à minuit, c est pour écarter l'homme du péché.
(T La combustion des graisses , etc. t
Dans cette énumération, on ne compte pas la consommation de l'agneau pascal. Ne peut-on objecter que l'enseignement suivant semble contredire cela ?Les devoirs, est-il dit, de la lecture du schéma' le soir, de la récitation du HaUd la nuit de Pâques et de la consommation de l'agneau pascal peuvent s'accomplir jusqu'à la levée de l'aurore. N'est-ce pas une Contradiction avec notre Mischnâ? Non , répond R. Joseph : l'avis exprimé dans notre Mischnâ est de R. Éliézer l>en'-Azaria , et l'avis précité est de R. Akiba. Car on a interprété ainsi ce verset : Maiiffei-^ï la chair cette mût (Exode, xii, 8); or, selon R. Eléazar ben-Azaria,
comme on a employé ici le terme de nuit, ainsi qu'au verset la^ je passerai dans le pays d'Egypis cette nuit, on en déduit que, dans Tun et Tautre cas, il s'agit de minuit. R. Akiba, au contraire, l'explique autrement : Gomme il est dit : wms le mangerez à la hâte (i i), cela suppose jusqu'au dernier moment de la nuit (où l'on est pressé). Mais alors, pourquoi spécifie-t^on la nuit? G^est pour ne pas laisser croire qu'on peut manger l'agneau pascal le jour, comme les sacrifices habituels. Il reste encore un point douteux : d*après R. Éliézer ben-Azaria, on comprend l'emploi du démonstratif nTD, cette , qui sert de base au syllogisme de comparaison pour fixer la limite de minuit ; mais comment R. Akiba (qui ne l'admet pas) explique-t-il la présence de ce terme? G'est, dit-il, pour qu'on ne suppose pas que la durée de la consommation est de deux nuits; on aurait pu croire, comme l'agneau pascal fait partie d'une des saintetés légères, qu'à l'instar des sacrifices secondaires mangeables deux jours et une nuit, on le mangerait deux nuits et le jour formant intervalle; c'est pourquoi le verset dit nettement : Cette nuit , et aucune autre. Mais d'où R. Éliézer ben-Azaria déduit-il cette règle (puisqu'il rattache le terme cette k la limite de minuit) ? Il la déduit de ces mots : Vous n'en laisserez rien jusqu'au matin. Pourquoi R. Akiba ne tire-t-il pas la même déduction de ce verset? G'est que, selon lui, le mot matin pourrait signifier aussi le second mati^, tandis que, selon R. Éliézer, cela indique le matin même après la nuit. Gette discussion est conforme à celle qui a lieu à propos de ce verset : Là tu sacrifieras la Pâque, le soir, au coucher du soleil, à V époque de ta sortie d'Egypte (Deutéronome, xvi, 6); cela signifie , selon R. Eliézer, qu'on l'égorgé au soir, qu'on le mange depuis le coucher du soleil, et qu'au matin, à Vinstant de la sortie d'Egypte, on brûle les restes. R. Josué dit : Le soir, on l'égorgé; au coucher du soleil, on mange, jus-
qu'au moment qui fut celui de la sortie d'Egypte. Tout le monde reconnaît, dit R. Aba, que la délivrance d'Israël en Egypte a eu lieu le soir, comme il est dit : U Etemel ton Dieu t'a fait jsortir di Egypte la nuit, et ils sont sortis au jour, comme il est dit : Le lendemain de la Pâque les créants d'Israël sortirent la main haute, ou en plein jour (Nombres, xxxiii, 3). Quel est donc le point en contestation? G'est de savoir qu'est-ce qu'on appelle l'instant de hâte. R. Eliézer ben-Azaria pense que les Égyptiens (frappés de plaies nombreuses) avaient hâte de laisser sortir les Israélites ; selon R. Akiba , ces derniers étaient pressés de partir. On a enseigné de même que le verset où il est dit l'Etemel ton Dieu t'a délivré de r Egypte la nuit ne veut pas dire qu'Israël soit sorti la nuit; ils sont sortis au jour, selon le verset précité des Nombres, mais on veut dire seulement que la délivrance a commencé le soir.
Parle donc, est-il dit, aux oreilles du peuple, etc. (Exode, xi, a). Le mot k:* done , dit R. Yana , indique la supplication , et voici ce que l'Éternel voulait dir4î à Moïse : Je te prie d'aller dire aux Israélites que je les engage à emprun-