‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 123 sur 266 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

ter aux Kgypticns des vases d'argent et d*or, afin que ie juste (Abraham) voie se réaliser cette prédiction au complet : Ils les assujeitirmt et les tourmenteront d'abord , mais ensuite ils sortiront avec de grandes richesses (Genèse , xvi , 1 3 ) , tan- F. g\ dis qu Israël ne demandait qu à sortir sain et sauf. On peut comparer ce fait à un prisonnier auquel on dirait : Demain on te délivrera de la captivité et Ton te donnera encore beaucoup d'argent. — Je vous en supplie , répondrait-il , faites-moi sortir de suite et ne me donnez rien. Le terme biblique , dit R. Amé, qui exprime l'emprunt fait aux Égyptiens, prouve qu'il s'est effectué malgré eux, soit en dépit des Égyptiens, soit en dépit d'Israël. Selon certains avis, c'était en dépit des Égyptiens , conformément à ce verset ( Psaume lxviii , 1 3 ) : Celle qui demeurait dans la maison a partagé ses dépouiUes. Selon d'autres, c'était en dépit des Israélites, qui craignaient d'être chargés. Puis il est dit (Exode , xii, S6):Et T Etemel avait fait trouver* grâce au peuple auprès des Egyptiens ; cela prouve , ditR. Amé, qu'ils tombèrent comme dans un piège, où il n'y a même pas de blé pour attirer les oiseaux. Resch Lakisch les considère comme un filet sans poissons. — Parles mots je suis celui qui est (Exode, iii, i/î), Dieu voulait dire à Moïse : je suis avec Israël pendant l'esclavage actuel, comme je veillerai sur lui pendant les captivités futures. — Maftre de l'univers, répondit Moïse, n'estce pas assez lorsque le malheur anûve? Pourquoi le prédire? — Aussi, dit l'Eternel , dis-leur : Celui qui est m'a envoyé vers vous.

Exauce-^moi, esl-il dit. Etemel, exauce-moi (I Rois, xvin, 37). Pourquoi, demande R. Abaho', Élie a-t-il demandé deux fois à être exaucé? C'est qu'il a dit devant Dieu : Maitre de l'univers, exauce-moi y, en faisant descendre un feu céleste qui dévore tout ce qu'il y a sur l'autel; exauce-moi encore en détournant leur esprit mauvais, afin qu'ils ne disent pas : C'est de la sorcellerie, selon ces mots du verset (ibid,) : Tu convertiras leur cœur.

5 (2). A partir de quel moment liton le schéma du matin? Lorsqu'on peut distinguer le bleu d'avecle blanc, ou, selon R. Eliézer, ie bleu du vert (ce qui est plus difficile). On termine cette prière lorsque le soleil rayonne, ou jusqu'à la troisième heure (9 heures) selon R. Josué , car c'est l'usage des princes de se lever à cette heure. La lecture faite après cette heure n'est cependant pas sans valeur; elle équivaut à une lecture ordinaire d'un passage de la Tôra.

Qu'entend-on par la distinction a établir entre le bleu et le blanc? Est-ce qu'il s'agit de distinguer un morceau de laine blanche d'un autre morceau bleu? Ce ne serait pas une limite suffisante, car cette distinction peut aussi s'établir

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la nuit; cest, au conlraiie, dausia même étofle teinte qui! s*agil de reconnaître le bianc au milieu du bleu. R. Meir dit comme limite qu il faut pouvoir distinguer un loup d'un cbien; ou, selon R. Akiba , il faut pouvoir distinguer un âne d'un mulet; selon d'autres, enfin, il faut savoir reconnaître son prochain en le voyant à quab*e coudées de distance. Cet avis sert de règle, dit R. Houna. Abayë suit cette opinion pour l'instant de la mise des phylactères; mais pour la lecture du $chema\ on suit l'usage des gens zëlés, qui, selon R. Yochanan, la terminaient avec les premiers rayons du soleil. On a déjà enseigne que cette coutume était pratiquée afin que la formule de délivrance (accomplie le matin) fût rapprochée de la prière 'anùda, qui, de cette façon, se dira au jour.

R. Zeira demanda : Que signifie ce verset (Psaume lxxii,.5) : On te respectera avec le lever du soleil et avant la lune pendant des générations? C'est que, selon le témoignage de R. Juda ben-Éliakim au nom de la sainte communauté de Jérusalem, tout individu qui aura soin de faire suivre la prière de délivrance par celle de Y'amida, ne courra pas de danger pendant toute la journée. Est-ce bien vrai? demanda R. Zeira. Ne m'est-il pas arrivé, malgré ce soin , d'être endommagé ? La perte que tu as subie , lui répondit-on, consistait à payer les droits dus au fisc; or c'est un payement inévitable pour voir, à ce propos, la face du roi; car R. Yochanan dit qu'on doit toujours s'efforcer de courir au-devant des rois d'Israël, et non-seulement au-devant d'eux, mais encore au-devant des rois de nations étrangères; car s'il aie bonheur d'arriver au Paradis, il verra combien les rois israélites sont supérieurs aux rois étrangers (quoique l'inverse ait lieu sur terre).

R. Élaa dit à Oula : Lorsque tu monteras en Palestine, informe-toi, je te prie, delà santé de mon frère R. Brouna, en présence de toute l'assemblée, car c'est un homme important qui se plaft à l'accomplissement des devoirs religieux. Comme il lui arriva une fois de rapprocher la formule de délivrance de celle de Y'amida (selon la coutume des gens les plus zélés), il ne cessa d'être joyeux toute la journée. Comment ce rapprochement a-t-ii pu avoir lieu strictement? R. Yochanan ne prescrit-il pas de dire avant Y^amida : Dieu oumre mes lèvres (Psaume li, 1 7 ), et après : Que les paroles de mes livres te soient agréables (Psaume xix, i5)? R. Éléazar répondit que cet avis (de séparation par les versets) s applique à la prière du soir. Mais R. Yochanan n'a-t-il pas ditque, pour jouir de la vie à venir, il faut opérer ce rapprochement le soir? C'est peut-être alors à la prière de l'après-midi, répondit R. Éléazar, que s'applique cet avis (d'intercaler des versets). On peut même l'appliquer à toutes, dit R. Asché; car cette addition étant instituée à cette place par les rabbins, elle est considérée comme un prolongement de la prière (et non comme une interruption). S'il n'en était pas ainsi, comment se pourrait-il que le soir on intercalât la section Itaschkibénou ? C'est que ladite section, une fois établie, est considérée comme

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