CHAPITRE PREMIER
un pi'olongemeiil de la formule de dt^livrauce; il eu est donc de même pour les versets relatifs à Y'amida. II reste toutefois une objection à faire; les mots que les paroles de mes lettres testnent agréables , placés par les rabbins à la fin, pourraient aussi bien , par leur signification, se rapporter à des paroles futures. Pourquoi alors ne pas les dire au commencement? Cest que, rdpond R. Juda fiis de R. Simon ben-Pazi, comme David n'a dit ce verset qu'après dix-huit psaumes, les rabbins aussi n'en ont institué la lecture qu'après dix-buit bénédictions (ou 'amidd). N'est-ce pas à la fin du dix-neuvième psaume et non du dix-huitième? Cela revient au même, les deux pi^emiers psaumes n'en forment qu'un; car c'est ainsi que le même auteur disait : David n'a chanté un atteluia, après avoir dit cent trais psaumes, que lorsqu'il vit la chute des impies, comme il est dit (ciY, 35) : Les pécheurs seront exterminés de la terre et les impies tCexis" terontpUis. Bénis F Etemel, mon âme. AUeluia! N'est-ce pas cent quatre au lieu de cent trois? Non, parce que les deux premiers psaumes n'en forment qu'un. En effet, ditR. Samuel ben-Nahmeni, toute section que David aimait commençait F. lov par le mot ^1C?K, heureux, et finissait de même. Voici un exemple où le psaume commence ainsi : Heureux Fhomme, etc. (Psaume i, i), et où il finit de même : Heureux tous ceux qui se fient à lut ( ii , 19).
Des brigands, qui se trouvaient dans le voisinage de R. Meir, le faisaient beaucoup souffrir. R. Meir sollicita la Providence contre eux pour qu'ils mourussent. A quoi penses-tu? lui dit sa femme Rrouria. Est-ce parce qu'il est dit que les pécheurs disparaîtront de la terre (civ, 35)? Cela se rapporte non aux pécheurs, mais aux péchés; et, d'ailleurs, l'attention doit se tourner sur la fin du verset, qui dit: Les impies ne seront plus; puisque, par la disparition des péchés, il n'y aura plus de malfaiteurs. Il vaut donc mieux que tu pries en leur faveur, pour que le repentir les touche.
Un Sadducéen^ disait à Brouria : S'il est dit (Isaîe, lit, 1) : Elle est joyeuse, la femme stérile privée d'enfants, est-ce parce qu'elle n'a pas d'enfants qu'elle est joyeuse? — Sot, répondit-elle, examine la fin du verset, qui dit : Les enfants de la femme abandonnée seront plus nombreux que ceux de F épouse, dit F Étemel. Que signifie alors le commencement du verset? Chante^, communauté d'Israël, qui ressembles à une femme stérile, en ce sens qu'elle n'a pas produit d'enfants pour l'enfer. — Le même Sadducéen disait à R. Abahou : H est écrit (Psaume m) : Chant de David, enfuyant devant son fils Absalon, et il est dit (Psaume lvii) : Cantique de David, enfuyant devant Saûl^ dans la caverne; or, quel fait s'est accompli en premier lieu? Celui delà fuite devant Saûl; pourquoi alors n'est-il pas énoncé en premier lieu? Cela parait contradictoire, fut-il répondu, pour
* Ce terme est pris ici dans le sens dV- * \u iva\iéYebamoth,lo\. h^, on aiin-
rétiqne et de reniât. bue cette explication à R. Éléazor.
VOUS qui n interprëtez pas les rapprochements, mais non pour nous qui en tenons compte. Or, R. Yochanan fonde Tinterprëtation des rapprochements bibliques^ sur ce verset (Psaume cxi, 8) : Us sont soutenus pour toujours et dans V éternité; ils sont faits avec vérité et équité. Pourquoi la section d'Absalon est-elle rapprochée de celle de Gog et Magog? Pour que, si Ton parle de la rébellion d'un esclave contre son maître, on cite l'exemple de la révolte d'un fils contre son père (c'est aussi grave).
R. Yochanan dit au nom de R. Simon ben-Yochaï : Le verset suivant (Proverbes, XXXI, 26) : Elka ouvert la bouche avec sagesse et elle a sur la largue une loi de grâce, a été énoncé par Salomon, comme devant s'appliquera son père David, qui a chanté Dieu dans les cinq mondes où il a résidé. Déjà, dans le sein de sa mère, il a chanté un cantique, comme il est dit (Psaume cm, 1) : Bénis r Etemel , mon âme , et que toutes mes entrailles saluent son saint nom. En venant au monde, il aperçoit les étoiles et les planètes; il chante aussitôt et dit (ibid.) : Bénissez Dieu, vous ses anges, héros de la force, qui accomplissez sa parole, qui écoutez la voix de son ordre, bénissez Dieu, toutes ses armées, etc. En suçant le lait de sa mère, il aperçoit ses seins, et il chante en ces termes {Und.) : Bénis r Etemel, mon âme, et n oublie pas tous ses bieirfaits. Quels sont-ils? C'est, répondit R. Abahou , d'avoir placé les seins de la mère au siège de l'intelligence. Pourquoi? Pour que l'enfant, répondit R. Juda, ne voie pas la nudité (conune chez les femelles des animaux), ou, selon R. Matna,pour que l'allaitement n'ait pas lieu dans un endroit malpropre. Enfin, après avoir vu la chute des impies, il a de nouveau célébré Dieu en ces termes (Psaume civ, 35) : Les pécheurs disparaissent de la terre, et déjà les impies ne sont plus. Bénis V Etemel, mon âme. AUebiia. En contemplant le jour de la mort, il a encore chanté ainsi (ibid.) : Bénis VEtemel, mon âme. 0 Etemel, mon Dieu, tu es très-grand; tu es revêtu de nugesté et de splendeur. Qu'est-ce qui prouve que ce verset s'applique au jour de la mort? C'est par la fin du sujet, répondit Raba bar-R. Schila, qu'on le voit, parce qu'il est dit : Si tu caches ta face , ils pâlissent; si tu retires tan souffle, Us expirent, etc. R. Sime bar-Oukba , ou Mar Oukba , se trouvait souvent en présence de R. Simon ben-Pazi, et il exposait des sujets d'exégèse devant R. Josué ben-Lévi. Pourquoi est-il écrit, lui demanda-t^il : Bénis T Étemel, mon âme , et que toutes mes entrailles saluent ton saint nom? C'est que, lui fut-il répondu, les voies de Dieu diflèrent de celles de l'homme : Si un mortel reproduit sur un mur l'image d'un être humain, il ne saurait lui communiquer le souffle vital, l'âme, les intestins, les entrailles, tandis que Dieu en a le pouvoir. Aussi Hanna a-tnelle dit (I Samuel, 11, n) : Il n'y a pas de saint comme F Etemel, car il tCest nul autre que toi, et il n'est pas de rocher comme notre Dieu. Que signifie cett^ dernière expres-
• Tr.Meghiliâ, fol. iV.