CHAPITRE PREMIER
Schammaï; mais' pourquoi celui-ci ne se range-t-il pas à Favis de Hillei? S'il en était ainsi, répond Schammaï, si Ton pouvait réciter le schéma' dans teutes les situations, la Loi Teût prescrit simplement au matin et au soir; en disant, au contraire, en te couchant et en te levant, on a voulu indiquer que la position respective est exigible. Mais comment Schammaï explique-t-il les mots en parcourrant le chemin, sur lesquels se fonde Hillei? Ils impliquent, selon lui, une exception; comme on a enseigné que l'expression en étant assis dans ta maison implique l'exclusion de celui qui s'occupe d'un devoir religieux^, de même l'expression en parcourant k chemin dispense le fiancé de la lecture du schema\ Aussi en déduiton que celui qui épouse une vierge en est dispensé, mais non celui qui épouse une veuve^. Sur quoi se fonde le raisonnement qui prononce la dispense? Sur la comparaison avec le mot chemin, dit R. Papa ; de même que le voyage est volontaire, de même, lorsqu'on se livre à toute occupation qui ne serait pas religieuse, on doit faire la lecture du schéma'. En effet, si même en présence d'une occupation religieuse la Loi prescrivait aussi cette lecture, elle eût dit : en étant assis et en marchant. Si elle dit : en te couchant et quand tu marches, cela implique l'obligation de la lecture quand tu es assis ou que tu marches , dans ton intérêt; mais l'accomplissement d'un devoir religieux en dispense. S'il en est ainsi, pourquoi n'en est-on pas dispensé en épousant une veuve, aussi bien que pour une vierge? C'est que, dans ce dernier cas seul, le fiancé est préoccupé {virginitatis causa). Si c'est la préoccupation qui est un obstacle à la lecture du schéma*, pourquoi ne pas en être aussi bien dispensé si l'on perd un vaisseau dans un naufrage? Et s'il en était ainsi, pourquoi R. Aba bar-Zabda dit-il au nom de Rab que l'homme en deuil est chargé de remplir tous les préceptes prescrits par la Loi, à l'exception de celui des phylactères, parce qu'il est dit qu'ils sont appelés une glorification, dans ce verset (Ézéchiel, xxiv, 17): Ta splendeur est attachée swr toi? Cest que, dans ce cas (de deuil), la préoccupation a un but religieux (la mémoire du défunt), tandis qu'ici, en cas de perte matérielle, la préoccupation est volontaire. Et comment Schammaï, pour justifier son avis, répondit-il à cette objection? Il tire parti de ladite expression pour dispenser de la lecture ceux qui sont envoyés dans un but religieux, ce qui, pour Hillei, va sans dire; donc on le lit même en route.
Un jour, il arriva à R. Ismaêl et à R. Éliézer ben-Azaria d'être attablés ensemble; le premier était couché, le second debout'. Lorsque l'instant du schéma* du soir arriva, R. Eliézer se pencha (selon l'avis de Schammaï), et R. Ismaël
' Plus loin , fol. 1 5% et traité Soucca , ^ Le même fait est rapporté au Tal-
fol. 25'. mud de Jérusalem, sur ce paragraphe de
* Voir au Talmud de Jérusalem , même la Mischnâ, d'une manière inverse, traité, ch. n, S 6.
se tint debout. R. Eliëzer ben-Azaria lui dit : Mon frère Ismaël, je vais te dire à quoi cette conduite ressemble, à faction de celui qui, étant complimenté sur sa longue barbe, irait la faire raser. De même, pendant que j'étais debout, tu t'es penché, et maintenant que je me penche, dans un but religieux, tu te lèves. — Moi, lui répondit-il, jai agi comme Hillel (qui autorise toutes les positions), et toi, tu t'es conformé à l'avis de Schammaï; en outre, j'ai craint que les disciples, en me voyant, n'établissent comme règle fixe l'avis de Schammaï servant d'exemple. Ce surcroit de raison a pour but de dire ceci : Si l'on admet que Hillel permet aussi qu'on soit penché, c'est vrai au cas où l'on est penché d'avance; mais, dans le cas présent , comme tu te trouvais jusque-là debout, et qu'ensuite tu t'es spécialement penché, on aurait pu en conclure qu'il faut suivre l'avis de Schammaï (voilà pourquoi j'ai fait l'inverse). R. Ezéchiel enseigne qu'il importe peu d'agir comme Schammaï ou comme Hillel. R. Joseph dit que celui qui agit selon l'avis de Schammaï n'a pour ainsi dire rien fait, et il se fonde sur l'enseignement suivant : Celui qui, pendant la fête des Tabernacles ^ prend ses repas en ayant la tète et la grande partie du corps sous la tente, et la table dans la maison, n'a pas suffisamment accompli son devoir selon Schammaï; mais cela suffit selon Hillel. Les disciples de Hillel dirent alors à ceux de Schammaï : Nos anciens condisciples sont allés avec les vôtres rendre visite à R. Yochanan ben-Hahoranith , et bien qu'il se trouvât dans la position qu'on vient de décrire, personne ne lui dit rien. Ceci, répliqua l'école de Schammaï, n'est pas une preuve contraire à notre avis, puisqu'on lui a dit effectivement que s'il avait pris cette habitude, il n'eût jamais accompli le devoir de la Sauccâ, R. Nahman bar-Isaac dit que celui qui agit comme Schammaï mérite la mort, comme le raconte la Mischnâ : R. Tarphon dit : Je me suis trouvé en route, et, m'étant penché pour lire le 8chema\ selon l'avis de Schammaï, j'ai couru le danger d'être tué par des brigands. Tu le méritais, lui fut-il répondu, pour avoir transgressé l'avis de Hillel.
7. Je me suis trouvé en route, dit R. Tarphon; et, m'étant penché pour faire la lecture, selon l'avis do Schammaï, j'ai couru le danger d'ôtre pris par les brigands (ne les ayant pas vus à temps) : Tu méritais d'être puni, lui fut-il répondu, pour n'avoir pas suivi l'opinion de Hillel.
8 (6). Le matin, on dit deux bénédictions avanllesrA^wMi'etuno après celte prière; le soir, il est précédé et suivi de deux bénédic-
* Pendant ceUc ft^te de n*D1D, on cloil linbilor ol niaii^jor sous uno lonlo sprri.ilc* à la solennili^.