CHAPITRE PREMIER
lions; que l'une soit longue et l'autre courte; dès qu'il est ordonné une prière longue, il n'est pas permis d'en dire une courte, ni de faire l'inverse; lorsqu'on doit la terminer par la formule de clôture [sois hué, Etemel^ etc.), il n'est pas permis de supprimer cette formule , et vice versa.
Quelle est la bënëdiction du matin avant le schéma*? C'est, répondit R. Jacob F. ll^ au nom de R. Oschia, la formule commençant par les mots : Il forme la lumière et crée les ténèbres (Isaïe, xly, 7). Pourquoi ne pas dire : te II forme la lumière et crëe Tëclat?^ C'est qu'on emploie les expressions textuelles du verset. S'il en était ainsi, on devrait dire: (di constitue la paix et crée le mal.-n Or, au lieu de cela on dit : «rll crée le tout,?) afin de se servir d'un langage plus convenable; de même, au commencement, pourquoi ne pas remplacer le mot ténèbres par le moi éclat? C'est, répondit Rabba, afin de rappeler la qualité du jour pendant la nuit et celle de la nuit pendant le jour. Cette remarque est fondée, pour le matin, sur les mots il crée les ténèbres; mais où trouve-t-on que la nuit on mentionne la qualité du jour? Dans ces mots, répond Abayé : (cII fait venir la lumière après les ténèbres et les ténèbres après la lumière. 77 Comment commence la seconde bénédiction? Par les mots un ffrand amour, répond R. Juda au nom de Samuel. C'est aussi l'avis exprimé par R. Eliézcr à son fils R. Pedath. On a aussi enseigné que c'est là la formule à dire, et non celle qui est rédigée en ces termes : rrTu as aimé Israël d'un amour éternels (et qu'on dit le soir). Les rabbins, au contraire, disent celte dernière formule en vertu de ce verset (Jérémie, XXXI, i) : Je fai aimé ê^ un amour éternel; c est pourquoi je ^ ai enchaîné far la fax>eur.
R. Juda dit aussi au nom de Samuel : Si l'on s'est levé pour étudier la Loi, avant la lecture du schema\ il faut réciter la bénédiction des études; mais on en est dispensé, après cette lecture, par suite de celle qui accompagne le schéma'. En général, dit R. Houna, pour l'étude de laRible, il faut réciter la bénédiction et non pour celle du Midrasch (exégèse) ; R. Éliézer dit qu'il faut réciter la bénédiction pour ces deux sujets, mais non pour la Mischnâ; R. Yochanan la prescrit même pour la Mischnâ, et Raba aussi pour le Talmud. En effet, dit R. Iliya bar-Asche, bien souvent il m'est arrivé de me mettre à étudier un chapitre dans les livres de Rab; dans ce cas, il se levait au préalable, se lavait les mains, disait la bénédiction et nous exposait le sujet de l'étude. Quelle est la formule? Voici, dit R. Juda au nom de Samuel : rrRéni soit celui qui nous a sanctifiés par ses commandements et nous a ordonné de nous occu> per de sujets bibliques, t» R. Yochanan la terminait comme suit : ff Rends agréables, Éternel notre Dieu , les paroles de ta Loi dans notre bouche et dans celle de ton peuple (l'Israël. Nous ef noiro postérité et les desrendants de ton
peuple d'Israël , nous reconnaitrons tous ton nom et nous serons occupes de ta Loi. Sois loué. Étemel, qui enseignes la Loi à ton peuple dlsraêl.?) R. HaoH nouna ajoutait encore les mots : f^Qui nous a préférés entre tous les peuples et nous a donné sa Loi; sois loué, Éternel, toi qui donnes la Loi.^i C'est là, ' selon R. Hamnouna, la meilleure des bénédictions; aussi faut-il la dire à chaque reprise.
On a enseigné ailleurs^ : Le préposé au service du temple ordonnait de faire une bénédiction, et on la récitait; puis on lisait les dix commandements, les trois sections du schema\ et le peuple récitait trois bénédictions, celle qui suit le 8chema\ commençant par les mots t7 eêtvéridiqueet stable, la formule du culte ('abôda) et la bénédiction des cohanini; le samedi on ajoutait une prière en faveur de la garde hebdomadaire qui quittait le service sacré. Quelle eêi la bénédiction que le préposé faisait dire avant^tout? — Cette question fut renouvelée plus tard (aux savants de Jérusalem) parR. Aba et R. Yossé bar-Aba lorsqu'ils s'y trouvèrent; mais ils n'eurent pas de solution. Ils s'adressèrent ensuite à R. Matna, qui ne sut quoi leur répondre. Us allèrent demander aussi conseil à R. Juda qui leur dit que, selon Samuel, c'est la bénédiction commençant par les mots un grand amour (deuxième bénédiction avant le schéma* du matin). Selon R. Zerika, au nom de R. Amé ou de R. Simon ben-Lakisch, on disait la bénédiction pour la création de la lumière (première). Lorsque R. Isaac bar-Joseph survint, il dit que l'avis de R. Zerika n'a pas été exprimé explicitement, mais par déduction implicite (tirée du principe général suivant, émis par R. Simon). En effet, dit-il, cette opinion, qu'on disait une bénédiction , prouve que l'omission de Tune de ces formules n'altère en rien la récitation de Tautre; car si l'on avait réellement précisé la bénédiction à dire et qu'on eût désigné la première, ou la création du jour^, il serait juste de dire que les bénédictions n'offrent pas d'obstacle les unes aux autres ^ puisqu'on ne dit pas la seconde, commen- F. 1.9*. çant par les mots avec un grand amour. Mais si l'on admet que la prière ordonnée par -le chef de l'assemblée est la seconde, qu'est-ce qui prouve- que l'ordre des bénédictions n'est pas rigoureux ? Peut-être ne disait-on pas la première parce que le moment de sa récitation n'était pas encore arrivé et qu'on la récitait plus tard; mais quelle doit être la règle générale? Car, en règle générale, on devait dire la seconde, sauf à dire en son temps la première; que signifie donc l'expression : Les bénédictions n'offrent pas d'obstacle l'une à l'autre ? C'est l'ordre de ces formules qui peut être interverti.
* Tr. Pesakim du Talmud de Babylone ; apparu. — ' C'est-à-dire , Tordre auquel
tr. Tamid, ch. v, S i, fol. 39\ il faut avoir égard dans la i*écitatioii des
' On ne peut naturellement réciter cette bénnlictions nVst pas absolu, formule du rituel que lorsque le jour est