CHAPITRE PREMIER
On lit ensuite, est-il dit, le Décalogue, les trois sections du 9chetna\ la formule qui le suit, commençant par les mots t7 est véritable et stable, la formule du culte, et la bénédiction des sacerdotes. R. Juda dit, au nom de Samuel, qu aux frontières de la Palestine on a voulu suivre le même programme dans les prières; mais on a dd le modifier à cause des objections que les hérétiques ont prétendu en tirer contre la révélation ^ On a enseigné de même que R. Nathan émettait cet avis par les mêmes raisons. Raba bar-Hana a voulu rétablir à Soura ; R. Hisda lui répondit que cela avait déjà été aboU; de même, Amémar voulut l'établir à Nehardea, où R. Asche lui répondit également que la suppression avait déjà été faite.
Le samedi, est-il dit encore, on ajoutait une bénédiction en faveur de la garde hebdomadaire qui quittait le service sacré. Quelle était cette bénédiction? La section des gardes qui sortait disait, selon R. Helbo, à celle qui entrait : trQue celui dont le nom réside en cette maison fasse régner parmi vous Tamour, la fraternité, la paix et la concorde. <»
(T Lorsqu'on a dit de prolonger, il n'est pas permis de faire l'inverse. 7)
Il est certain que si Ton prend un verre de vin en main et que, s'imaginant avoir un verre de liqueur, on commence par vouloir réciter la formule qui s'y rapporte et quon termine parcelle du vin, le devoir est accompli; car, même en disant la première {tout a été créé par sa parole), cela eût au besoin suffi, puisqu'elle peut s'appliquer à toutes espèces de boissons. Mais comment faire au cas ojk, ayant en main un verre de liqueur et^croyant avoir du vin, on commence avec l'intention de bénir le vin et on finit par la formule des liqueurs? Se rapporte-t*on, en ce cas, au principe de la bénédiction (qui serait fausse), ou à la fin qui est juste? La réponse se déduit de l'exemple suivant : Si, le matin, on commence par la formule de la première prière du matin, et que, par erreur, on termine par la formule finale du soir, cela ne suffit pas et il faut recommencer; au cas inverse, si l'on a commencé par la formule du soir, et terminé exactement par la formule finale du matin, cela suffit. Le soir, si Ton commence par la formule du soir et qu'on termine par la formule finale du matin, le devoir n'est pas accompli; mais si l'on a commencé par la formule du matin et qu'on termine exactement par celle du soir, cela suffit. Donc, en thèse générale, tout dépend de la fin.
Toutefois, dans la présente énumération , il peut y avoir une cause autre
* Ils croient devoir conclure de ce pro- vêlé sur le Sinoï et non le reste des lois gramme, que le Décalogue seul a éi^ ré- mosaïques, puisqu'on les récite à part.
que celle de la formule fiuale; cest quou est dispense de recommencer au cas où Ton a terminé par les mots fthéni soit celui qui forme les lumières i» (ce qui constitue une prière suffisante, tandis quii n'en est pas de même pour les petites formules relatives aux boissons). On comprend cette distinction ^ d'après Rdb, qui dit que toute bénédiction , pour être valable, doit contenir la mention du nom divin; mais comme, d'après R. Yochanan, il faut aussi pour cela mentionner la royauté céleste, comment attribuer l'accomplissement du devoir à la formule finale seule , si elle ne contient pas la mention de la royauté? On peut y répondre par l'avis de Raba bar-Oula : Comme il s^agit de rappeler les qualités du jour peudant la nuit et celles de la nuit au jour, en bénissant, dès le principe, le nom divin et sa royauté, cela se rapporte aux deux formules. On peut déduire ce qui nous préoccupe de la fin dudit enseignement oij il est dit qu'en thèse générale on se règle d'après la fin; or, que signifie ce terme de thèse générale? N'est-ce pas pour comprendre ce que nous avions dit (relativement à l'erreur entre le vin et les liqueurs)? Non, c'est pour y comprendre la bénédiction pour le pain et les dattes. Que faut-il entendre par là? Est-ce qu'il s'agit du cas où , a^^nt mangé du pain et croyant avoir pris des dattes, il commence la bénédiction pour celles-ci et finit par la formule du pain? Il va sans dire alors que c'est d'après la fin qu'on se règle. La mention est seulement nécessaire pour le cas où Ton a pris des dattes, et que, pensant manger du pain, on a récité la formule du pain qu'on a terminée exactement par celle des dattes; en ce cas, il est inutile de recommencer, car, au besoin, la formule du pain en eût aussi dispensé, parce que les dattes sont également nourrissantes.
Raba bar-Hinena le Vieux dit, au nom de Rab, qu'on n'a pas acrx)mpli son devoir si l'on ne dit pas, soir et matin, la formule de bénédiction qui suit le schéma', comme il est dit (Psaume xcii, 3) : Pour raconter k matin tes faveurs et la nuit tes vérités. Il dit aussi : Lorsqu'on prie, on courbe le genou au mot banmkhde Y'amida et l'on se redresse en prononçant le nom divin; Rab se fonde, dit Samuel, sur le verset (Psaume cxlvi, 8) : U Étemel redresse ceux qui sont courbés. Mais n'est-il pas dit (Malakhi, ii, 5) : Devant mon nom U se prosterne? c'est qu'il n'est pas dit par mon nom (en le prononçant), mais devant lui (c'est-àdire auparavant, on se courbe). Samuel dit à Hiya bar-Rab : Bar-Ourian^ viens, et je l'exposerai un sujet utile enseigné par ton père: On se courbe, F. la'. disait-il, pour le mot baroukh, et Ton se redresse pour le nom divin. R. Schescheth se courbait d'une pièce, mais il se redressait comme le serpent (c'està-dire en levant d'abord la .tête). Ce Rabba disait encore : Toute l'année ,
' Voir sur ce terme, qui signifie peut-être savant, Ir. Guitlin, fol. 6îî\ et tr. Menahoih, fol. 53\