‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 139 sur 266 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

di8{)enser celui qui accomplit un devoir religieux , et les mois suivants quand lu parcourras la route en dispensent le fiancée On en conclut que la dispense s'applique à celui qui épouse une jeune fille (ce qui est un devoir religieux), F. 16^ mais non à celui qui épouse une veuve. Qu est-ce qui le prouve? L'expression tr quand tu marcheras^ pour tes affaires, tu le liras, et tu n'en seras dispensé qu en présence d'un acte religieux. Mais ne considère-t-on pas comme tel le mariage avec une veuve? C'est, qu'en ce cas, on n'est pas préoccupé {virginitate). S'il en est ainsi, si la préoccupation constitue un motif d'abstention , l'exception s'applique-t-elle aussi à celui dont le navire aurait fait naufrage? Or, n'a-t-on pas dit, au contraire, que les gens en deuil sont tenus de remplir tous les devoirs, à l'exception de celui de s'orner des phylactères, dont il est dit (pour Ezéchiel seul, xxiv, 17): Mets ton ornement (bonnet) Mir la tête? C'est qu'en ce cas, répondit-on, la préoccupation a une cause religieuse.

8 (7). Lorsque mourut son serviteur Tobie, il agréa des condoléances : îf Ne nous as-tu pas appris, lui dirent-ils encore, qu'on ne reçoit pas de consolations pour la mort des esclaves ? — Mon serviteur Tobie , répondit-il, ne ressemblait pas aux autres esclaves, car il était honnête et pieux, v

Quel est le motif de R. Simon ben-Gamaliel ? C'est que, selon lui, le deuil de cette nuit-là est secondaire^, étant fondé seulement sur ce verset (A mos, viii, 10): sa fin sera comme un jour amer, et, par conséquent, il ne s'applique pas à celui qui est d'une santé délicate.

ff Lorsque mourut son serviteur Tobie, etc. t

On a enseigné que, pour les esclaves et les servantes, on ne se met pas au milieu du cercle (des condoléances), et pour eux on ne dit pas non plus la prière des gens en deuil, ni les formules de consolation. Lorsque la servante de R. Éliézer mourut, ses disciples vinrent le consoler'; à leur arrivée, il se rendit au premier étage; comme ils le suivirent, il se retira d'abord dans l'antichambre, puis dans la salle à manger. Et comme ils le suivaient toujours : Quoi, leur dit-il, vous ne vous brûlez même pas à l'eau chaude (c'està-dire, ne me comprenez-vous pas à demi-mot?)! Ne vous ai-je pas dit qu'en ce cas toutes les formules de condoléances n'ont pas lieu? On dit simplement,

* Voir tr. Soucca, fol. 95'; Ketouboth, fol. 6^— ' Tr. Pesahtm, fol. 92'; tr. Zebahim, fol. 98'' h 100'. — ' Tr. des joies, ch. i, S 10.

comme pour la mort des animaux domestiques : Puisse Dieu te restituer cette perte. On a enseigné, de même, qu*on ne déplore pas en public le décès des esclaves. S'il avait été honnête, on disait de lui, selon R. Yossé : Hélas! c était un homme honnête et vertueux, qui travaillait fidèlement. Cela équivaut presque, ajoutèrent les disciples, à ce que Ton pourrait dire des honnêtes gens ordinaires.

Les rabbins ont enseigné : On ne nomme patriarches que les trois (Abraham, Isaac et Jacob) et mères les quatre (Sarah, Rébecca, Rachel et Léa). Pourquoi ne donne-t-on pas aussi ce nom aux douze fils d'Israël? Est-ce parce que nous ne savons si nous descendons de Ruben ou de Simon, ou d*un autre (pour pouvoir les appeler nos ancêtres)? Mais nous ne savons pas davantage si nous sommes les fils de Rachel ou de Léa, ou d*une autre. C'est que ceuxlà seuls sont dignes de ce nom ^ On a enseigné encore qu'on ne dit pas des esclaves : Père un tel et mère une telle, à Texception de ceux de R. Gamaliel. Pourquoi? Parce qu'ils s'en montrèrent dignes.

R. Éléazar dit : A quoi applique-t-on ces mots (Psaume lxiii, 5) : Je veux te bénir toute ma vie et lever les mains far ton saint nom ? La première partie de ce verset s'applique au schéma* et la seconde à ï'amida. C'est au sujet de celui qui agit ainsi que la Bible dit [ihid. 6) : Tu rassasies mon âme de graisse et de moelle, et il jouira de deux mondes, de la vie présente et de la vie à venir, comme il est dit ( ihid. ) : Ma bouche exprimera des chants i allégresse ( au pluriel).

R. Éléazar, après avoir achevé sa prière, disait ceci : r Qu'il le plaise. Éternel notre Dieu, de faire résider au milieu de nous l'amitié, la fraternité, la paix, la concorde, d'agrandir le cercle de nos condisciples, de nous faire prospérer, de nous donner une fin heureuse , de nous faire participer à la vie future des bienheureux, de nous acquérir un bon compagnon et de bons sentiments , qu'en nous levant nous ayons le cœur disposé à craindre ton nom , et agrée pour le bien les vœux de notre âme. r»

R. Yochanan, après avoir achevé sa prière, disait: tt Qu'il te plaise, Eternel notre Dieu, de jeter un regard de pitié sur nos maux et notre honte, de nous envelopper de ta miséricorde, de nous revêtir de ta force, de nous couvrir de ta générosité, de nous entourer de tes faveurs, et accueille, en notre faveur, les qualités de ta bonté et de ta clémence.?' R. Zeira disait : ffFais en sorte, Éternel notre Dieu, que nous ne commettions pas de péchés, afin que nous n'ayons pas à rougir ni à être honteux devant nos ancêtres.» R. Hiya disait : ttÔ Éternel notre Dieu, puisse ta loi devenir notre occupation exclusive, que notre cœur ne faiblisse pas et que nos yeux ne s'obscurcissent pas. ^

' Les (ils (le Jacob ne furent pas Ions irn*[)roclial>los comme les trois patriarches.

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