‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 140 sur 266 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Rab disait ceci: ^ Qu'il [e plaise, Éternel notre Dieu, de nous accorder une vie longue, paisible, heureuse, bénie, prospère, une vie pleine de santé et de force, une vie exempte de péché, de honte et d'humiliation , une vie honorable et estimée, une vie pleine d'amour pour ta loi et de soumission à tes commandements, et puissent tous nos désirs s'accomplir pour le bien.^ Après sa prière, Rabbi disait ceci ^ : crQu il te plaise. Eternel notre Dieu et Dieu de nos ancêtres, de nous préserver de Tinsolence et de relironterie, d'un méchant, d'un accident fâcheux, d'un mauvais penchant, d'un mauvais compagnon, d'un mauvais voisin, d'un corrupteur, d'un jugement inique, d'un plaideur irréconciliable, qu'il soit Israélite ou non.^ Telle était la prière de Rabbi, tout en ayant près de lui des fonctionnaires romains (chargés par l'empereur de le protéger). R. Saphra disait après la prière : r Qu'il te plaise, Eternel notre F. 17*. Dieu , de faire régner la paix au milieu des puissants souverains et au milieu des sages ou de leurs disciples, qu'ils s'occupent de la Loi d'une manière désintéressée ou non, et puissent-ils tous n'avoir d'autre mobile que l'amour de ta loi.'n

R. Alexandre disait ceci après la prière : «r Qu'il te plaise, Eternel notre Dieu, de nous placer dans un espace lumineux, et non dans les ténèbres, que notre cœur ne fonde pas et que nos yeux ne s'obscurcissent pas. ?) Selon d'autres, c'est Rab Hamnouna qui disait cette formule, etR. Alexandre disait après la prière : trMailre de l'univers, il est manifeste devant toi que nous désirons accomplir tes volontés, et ce sont nos mauvaises passions^ ou le joug étranger qui nous en empêchent; qu'il te plaise de nous arracher à leur étreinte, et nous reviendrons accomplir sincèrement tes prescriptions. 71

Raba disait ceci après la prière': (tMon Dieu, avant d'être créé, je n'étais rien, et maintenant que je suis créé, je suis comme si je ne l'avais jamais été. Vivant, je ne suis que poussière; que serai-je donc après ma mort? Considère, ô Seigneur, que je ne suis qu'un être plein de honte et d'indignité , et que ce soit un effet de ta volonté, ô mon Dieu et Dieu de mes pères, que je ne pèche plus et que les péchés que j'ai commis soient atténués par ta grande miséri* corde, mais non rachetés par la douleur et les maladies mortelles. ?) C'était la confession de Rab Hamnouna Zouta au jour de Kippour\ Lorsque Mar, fils de Rebina, avait achevé sa prière, il disait : «cMon Dieu, préserve ma langue de calomnies et mes lèvres de duplicité ; fais que mon âme reste calme en présence des malveillants, et qu'en toute occasion elle soit humble comme la poussière. Que mon cœur aime ta loi et que mon âme ait soif de tes corn-

' Comp. tr. Schabbath, fol. 3o\ * Tr. Yâma, fol. 87'.

* Comp. tr. Kcthoubolhy fol. m"; tr. * On la dit encore maintenant à la fin

Kedomchim, fol. 71'. do la prière Nei'lAy de ce jour solennel.

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mandements. Sauve-moi de Taccident, du mauvais penchant et d'une mauvaise femme et de tous les maux qui surviennent d'ordinaire en ce monde. Anéantis les projets de cqu\, qui me veulent du mal et détruis leurs desseins. Que les paroles dB ma bouche et les pensées de mon cœur te soient agréables, ô mon protecteur et mon libérateur !w

Lorsque R. Schescheth jeûnait, il disait après la prière : ^ Maître de Tuiiivers, il est manifeste pour toi que, pendant l'existence du temple, Thommo qui avait commis un péché apportait un sacrifice, dont on ne prélevait que la graisse et le sang, puis le pardon était accordé; puisse la diminution de graisse et de sang provenant du jeûne de ce jour être agn'ée par toi comme une offrande apportée sur ton autel, tj

R. Jochanan, après avoir achevé le livre de Job, disait : L'homme est destiné h mourir, l'animal à être égorgé, et tous finissent par la mort. Heureux donc celui qui a grandi dans l'étude de la Loi, qui s'en est occupé, qui plaità son Créateur, qui s'acquiert une bonne renommée et quitte le monde dans celle situation. C'est de lui que Salomon dit : Une bonne renommée est préférable à r huile parfumée, et le jour de la mort à celui de la naissance (Ecclésiaste, vu, i). C'était comme une perle dans la bouche de R. Méir, lorsqu'il disait : Apprends de tout ton .cœur et de toute ton âme à connaître mes voies, à fréquenter les portes de ma Loi ; qu'elle soit dans ton cœur et que la crainte divine soit toujours présente à tes yeux; garde ta bouche de tout péché, purifie-toi, pour te sanctifier, de toute faute et de toute iniquité, et partout je t'accompagnerai. — Les rabbins de Yabné disaient : Moi je suis une créature comme mon voisin (qui sait aussi ce qui est bien ou mal): il travaille aux champs et moi dans la ville; nous nous levons tous deux de bonne heure pour nous mettre à l'œuvre, sans empiéter l'un sur l'autre , et il n'est pas à dire que l'un fait plus etl'autre moins; car, à ce qu'on a enseigné, on a autant de mérite à faire peu qu'à faire beaucoup, pourvu que l'intention soit bonnet — Abayé disait : On doit toujours s'évertuer à exprimer la crainte de Dieu , répondre avec douceur, être ionganime, augmenter la paix avec ses frères , avec ses parents et avec chacun, même avec l'étranger de la place publique, afin qu'on soit autant aimé au ciel qu'agréable ici-bas , et bien accueilli par les hommes. C'est de R. Yochanan ben-Zaccaï qu'on disait : Personne ne l'a jamais devancé à donner le salut, même l'étranger de la place publique.

Raba disait : La sagesse divine a pour base le repentir de nos fautes et les bonnes actions; ainsi, on ne doit pas étudier la Loi ou la Mischnâ, puis se révolter contre son père, ou sa mère , ou son maître, ou contre celui qui est supérieur par sa science ou le nombre des années , comme il est dit ( Psaume cxi , i o ) :

* Ti*. Menalioth , fol. 1 1 o'.

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