CHAPITRE PREMIER
est certain d*échapper a Satan pendant le repas ' ; et celui qui récite Y'amida de suite après la formule de délivrance n'a rien à craindre de Satan toute la journée, R. Zeira raconte (un exemple qui serait contraire à cette assertion) : S^étant arrêté pour réciter Y'amida aussitôt après la délivrance, il a été pris au service du roi et chargé de transporter des myrtes au palais. Rabbi, lui réponditon , c'est une faveur ; bien des gens paient pour voir le palais à Tintérieur. R. Âme dit : A qui ressemble celui qui ne fait pas suivre la tr délivrance?) par la prière? A un favori du roi qui vient et frappe à sa porte ; le roi ouvre pour savoir ce qu il désire, et si alors le solliciteur s'en va , il lui retirera son amitié.
(f R. Gamaliel dit : jusqu'au lever de l'aurore, etc.ii
Cet avis est conforme à celui de R. Simon qui a enseigné ceci : Parfois on i*écite le schéma' (deux fois de suite), une fois avant Faurore et une fois après, et il se trouve que le devoir du jour et celui de la nuit sont accomplis. Si R. Gamaliel est de Tavis de R. Simon pour le soir, en est- il de même pour le matin? Ou est-il de l'avis de R. Zeira , frère de R. Hiya bar-Aschia et deR. Abba bar-Hanna, selon lesquels, si Ton récite le schéma avec les sacerdotes de garde au Temple , on n'a pas accompli son devoir parce que c'est trop tôt? (La question reste en suspens.)
2. Voici un fait (à l'appui de cet avis) : Ses fils, revenant une fois d'un festin (potatio) après minuit, lui dirent : Nous n'avons pas encore récité le schéma. Il leur répondit : si l'aurore n'est pas encore levée, vous êtes obligé de faire ladite prière.
R. Gamaliel, qui conteste l'avis des rabbins, agissait comme eux. Mais n'at-il pas contesté l'avis des rabbins tout en agissantcomme eux? R. Akiba n'a-t-il pas agi de même? Et R. Simon ben-Yohaï n'est-il pas dans le même cas? Quand R. Meir a-t-il contesté l'avis des rabbins, tout en agissant comme eux (où a-tr-il été inconséquent)? Au cas suivant : On peut, pour un malade, est-il dit^, faire une compresse de vieux vin, d'huile parfumée et mêlée d'eau, lorsque le mélange de l'huile et du vin a été préparé la veille ; -mais non , si ce n'est pas prêt d'avance. R. Simon ben-Éliézer enseigne que R. Meir permettait de mêler lliuile et le vin le jour du sabbat pour en enduire ensuite le malade. Lorsqu'il tomba malade lui-même et qu'on voulut agir ainsi pour lui , il ne le permit pas : ^Maître, lui dirent ses élèves, tu contredis tes propres paroles, aux dépens de
' H ne rourra pas de daagei* par le * Ce» sortes de travaux sont interdits le
re|)as. samedi ; Babli , traité Schabbath, fol. 1 3/1".
ta santé! 7) — Quoique, répondît-ii, je ne sois pas sëvèrc envers les autres, je le suis envers moi-même, puisque d'autres (plusieurs) contestent mon avis.<n Quand R. Akiba a-t-il discuté Tavis des rabbins tout en s'y conformant ? Au cas suivant ^ : L'épine dorsale et le crâne de deux morts, un quart de mesure de sang de deux morls, une même quantité d'os, ou un membre de deux morts ^, ou de la chair de deux personnes vivantes rendent une maison impure^, selon R. Akiba, mais non selon les sages. Un jour, on a apporté un panier plein d'os du village Tebi , et on les a exposés dans la cour du Temple à Loiidl Le médecin Todros est entré suivi de tous ses collègues, et ce docteur dit : trli n'y a là ni épine dorsale, ni crâne dun seul mort (ce qui constituerait l'impureté). Mais comme les uns sont d'avis qu'on suppose les membres tie deux morts réunis pour rendre le tout impur, nous allons voter, v On commença le vote par R. Akiba qui déclara que c'était pur (selon Tavis des sages) : «r Si lu l'avais déclaré impur, nous eussions été de ton avis; mais comme tu le déclares pur, nous l'admettons d'autant mieux. t) Quand R. Simon discute-t-il l'avis des rabbins, tout en l'adoptant? Au cas suivant ^ : R. Simon dit qu'il est permis de cueillir toutes les pousses (au commencement de l'année de repos, ou septième), excepté celles du caroubier, car elles n'ont pas leur semblable parmi les verdures et on ne peut distinguer celles qui ont poussé à la fin de la sixième année de celles de la septième); les sages l'interdisent. R. Simon traversait une fois les champs pendant l'année consacrée (schemita, septième); il vit que quelqu'un cueillait des pousses de cette année : trMais, lui dit-il, n'est-ce pas interdit? Ne sont-ce pas des pousses??) — «rAu contraire, lui répondit-on, ne l'as-tu pas permis? ^ ffOui , répondit le rabbi; mais, comme mes condisciples contestent mon avis, il faut appliquer k ce cas le verset suivant (Ecclésiaste, x, 8) : celui qui détruit la haie sera mordu par un serpent^, v Enfin, R. Gamaliel discute l'avis des sages tout en l'adoptant (pour la durée de la lecture du schéma'). Cette contradiction (entre la théorie et la pratique) peut s'expliquer ainsi : la récitation faite trop tard n'a lieu qu'à titre d'étude. Mais on pourrait la faire même après le lever de l'aurore. (Cette réponse est donc réfutée). On peut encore répondre que d'ordinaire on pouvait suivre l'avis des sages (de ne pas dépasser l'heure de minuit); mais dans le fait précité (du festin), comme minuit était passé et qu^il était impossible de suivre ledit avis , R. (iamaliel leur dit : Faites selon mon avis.
' Mischnâ, i" partie, Iraiié Schebiith , quelle quantité de fragments la rend im-
rh. IX, S i; TosepluAt traité Oheloih, pure.
scclioii h, (Voir les notes suivantes.) * V^oir traité Schebiith, îbid. et Babli,
• C.-à-d. 9 fragments valant un entier. traité Pesahtm, fol. 5l^
^ On sait que la présence d'un mort * C est-à-dire, en théorie il est de lavis
rendaitjadis la maison juive impure. (Voir contraire, mais en pratique il Tinterdit
ÎNonibres, wxt, i 9.) Il s'agit de savoir iri coninip les sages.