CHAPITRE PREMIER
3. Non-seulement pour ce sujet, mais pour tout ce que les sages ont limité par l'heure de minuit, il est permis légalement de l'accomplir jusqu'à l'aurore.
4. La combustion des graisses ^ ou de membres de certains sacrifices, ainsi que la consommation de tout ce qui a la journée pour limite^, peut également être accomplie jusqu'à l'aurore. Pourquoi alors dit-on jusqu'à minuit, pour éloigner l'homme du péché (par une limite anticipée) ?
Nous avons appris qu'il faut ajouter à celte ënumëration la consommation de Tagneau pascal; selon d'autres, il ne le faut pas. Quels sont ceux qui l'ajoutent? les rabbins. Quel est Tavis contraire? celui de K. Éliézer. Quel est le motif de ce dernier? Le mot nuit^ dit-il, qui est dit au sujet de la mort des premiers nés (Exode, xn, 19), et celui qui s'applique à l'agneau pascal indiquent, par analogie, l'heure de minuit. R. Houna dit: Même, d'après les rabbins, on ne saurait, pour la Pâque, fixer une limite plus longue que minuit , car ce sacrifice , est-il dit, rend les mains impures après minuit (comme étant tardif; à plus forte raison est-il interdit, dès ce moment, d'en manger).
«rLa consommation de tout ce qui a la journée pour limite, etc. i) Ce sont des saintetés d'un degré secondaire (elles suivent là même règle).
(T Pour éloigner l'homme du péché, n
Si on étend la limite jusqu'au lever de l'aurore , on peut supposer parfois qu^elle n^est pas arrivée et consommer ces objets sacrés lorsqu'il est trop tard (ce qui est interdit); tandis qu'en posant pour limite minuit, on ne commettra pas de péché en dépassant un peu l'heure.
5 (2). A partir de quel moment lit-on le schéma du matin? Lorsqu'on peut distinguer le bleu d'avec le blanc, ou, selon R. Eliézer,. le bleu du vert (ce qui est plus difficile). On termine cette prière, lorsque le soleil rayonne, ou jusqu'à la troisième heure (9 heures) selon R. Josué ^, car c'est l'usage des princes de se lever à cotte
* Lévitique, vi, a; vir, 3. * Voir, pour la division des heures,
' Ibid. vu, i5. p. 1, n. 3.
heure. La lecture faite après cette heure n est cependant pas sans valeur; elle équivaut à une lecture ordinaire d'un passage de la Tôra.
C'est avec raison qu on a enseigné qu'il faut pouvoir distinguer les fils bleus des fils blancs des tsttsiîh (franges). Quel est le motif des rabbins? II est dit : wmg LR verrez (Nombres, xt, 3 9) ; vous le reconnaîtrez seul entre les fils voisins (blancs). Quel est le motif de R. Éliëzer? Il faut, dit-il, pouvoir le distinguer au milieu d'autres couleurs (c'est donc le fil bleu). On a enseigné au nom de R. Meir ; il n est pas écrit : vousLkverrez, mais vmu le verrez; cela indique que celui qui accomplit le devoir des têiitith (franges) regarde pour ainsi dire le Tout-puissant. Or, le bleu-ciel ressemble à la mer, celle-ci aux herbes, ces dernières au ciel , lequel a la ressemblance du trône de la gloire , que Ton compare enfin au Saphir. En effet, il est écrit (Ézéchiel, 1, 96) : Voici qu'au cieldamme la tête du chérubin, il y a comme la pierre du Saphir^ une apparence de la forme du Trône. D'autres expliquent ainsi les mots vous le verrez : il faut qu'on puisse reconnaitre son prochain è la distance de U coudées. Selon R. Hisda, ce dernier avis prédomine. Quelle en est la conséquence? Car, si l'on voit une personne connue, on la distingue même de loin; si elle ne l'est pas, on ne la distingue même pas de près? A quel cas s'applique donc cette observation? A la vue d'une personne peu connue, par exemple à un hâte qui vient de temps en temps; selon d'autres, à la distinction entre le loup et le chien, l'âne et l'onagre; selon d'autres encore , on doit pouvoir reconnaitre son ami à la distance de U coudées. La comparaison entre loup et chien, entre âne et onagre, représente l'avis de celui qui demande la distinction entre le bleu-ciel et le vert ( c'est plus difficile). L'opinion de celui qui met pour condition qu'on reconnaisse un ami à U coudées est conforme à l'avis de celui qui désire qu'on distingue entre le bleu-ciel et le blanc (c'est plus facile et cela exige moins de clarté).
Si l'on a prescrit de réciter le schéma* du matin au moment de la projection des rayons, c'est afin de faire suivre la formule de délivrance par la prière {*amida)y qu'on dit, en ce cas, au jour. R.Zeira dit: j'en vois le motif (indiqué par ces mots : Psaume lxxii, 5) : Us t'adoreront avec le lever du soleil. Mar Oukba raconte que les gens zélés se levaient à la première heure et disaient le schéma* , puis récitaient les autres prières , de façon à les terminer à l'arrivée des rayons du soleil. R. Juda racontait qu'il suivait en route R. Éliézer ben-Azaria et R. Akiba, qui s'occupaient de divers sujets religieux. Lorsque, dit-il, l'instant du *cA«na' arriva et que je le récitai, je crus qu'ils l'oubliaient par préoccupation. Je me mis à le réciter de nouveau. Ils ne le commencèrent que lorsque le soleil darda ses rayons au sommet dos montagnes.