CHAPITRE H
IjC principe de ta sagesse est la crainte de Dieu; ils sont bien sages totis ceux qui s'y adonnent, c est-à-dire qui s'adonnent à la religion d une manière désint^rcssëe: car pour ceux qui agiraient avec quelque arrière-pensée, il vaudrait bien mieux qu'ils n eussent pas été créés. — Rab disait : Le monde futur ne ressemble pas à celui-ci; là il n'y aura ni manger, ni boire, ni cohabitation, ni commerce, ni jalousie, ni haine, ni discussion; mais les sages, revêtus de leur couronne, jouiront de la vue des rayons éclatants de la Providence, comme il est dit : La vue de Dieu équivalait au manger et au boire (Exode, xxiv, 1 1).
L'Eternel a fait plus de promesses aux femmes qu'aux hommes, puisqu'il est dit d'elles (Isaïe, xxxn, 9) : Femmes qui êtes à Taise, levez-vous, écoutez ma vùix; filles qui vous tenez assurées^, prêtez V oreille h ma parole. En vertu de quoi, demanda Rab à R. Hiya, les femmes méritent-elles la faveur spéciale de Dieu? En conduisant leurs enfants aux écoles, en engageant leurs maris à suivre les cours des rabbins et en gardant pour eux la maison jusqu'à leur retour^. — Lorsque les rabbins quittèrent R. Amé, ou, selon d'autres, R. Hiya, ils lui dirent : Tu vois ce monde en ta vie, l'avenir en la vie future, et ton espoir se réalisera dans loutes les générations; ton cœur méditera la sagesse, ta bouche proférera la science et ta langue murmurera des louanges; ton regard sera droit, tes yeux s'éclaireront à la lumière de la Loi, ta face resplendira comme l'éclat du firmament, les lèvres répéteront la science, tes reins se fortifieront par la droiture, tes pas seront empressés pour entendre les paroles divines. — Lorsque les rabbins quittaient R. Ilisda ou R. Samuel bar-Nahmeni, ils lui appliquaient ces mots du psalmiste : Que nos bœufs soient chargés de graisse, eic, (cxLiv, 16), qui étaient diversement interprétés par Rab et Samuel, ouR. Yochanan et R. Eliézer; d'après l'un, il s'agit des princes de la Loi chargés de préceptes ; d'après l'autre, des princes de la Loi et des commandements chargés de douleur; quilny ait pas de brèche [ibid.), c'est-à-dire que nous n'ayons F. 17 pas de progéniture comme une branche de la famille de David qui donna naissance à AhitofeP; qu'il ny ait pas d'issue, comme pour Saûl, qui donna naissance à Doeg l'Edomite*: quil ny ait pas de plainte, comme pour Elisée, qui donna naissance à Guehazi^; dans nos rues, c'est-à-dire que nous n'ayons pas d'élève ou de fils qui méprise publiquement ce qu'il a appris.
Ecoutez-moi, 0 cosurs durs, qui vous écartez de la justice (Isaïe, xlvi, 12). Ce verset a été diversement interprété par Rab et Samuel, ou, selon d'autres, par R. Yochanan et R. Eliézer. D'après l'un, tout le monde est nourri par la grâce de Dieu, et les justes en vertu de leur mérite; d'après l'autre, tout le monde est
* Confiantes dans les promesses divines. 4 iSamuel, xxu, 9, 18 et 19. Cf. tr.
* Tr. Sota, fol. a 1 '. Synhédnn , fol. 1 o6^
' n Samuel, xv, 12; xvii, 1 et -j. » n Rois, v, 90-97.
292 TBAITÉ DES BERAKHOTH.
nourri en faveur des justes, tandis qu'eux manquent du nécessaire. C'est ce que dit R. Juda, au nom de Rab ^ chaque jour une voix céleste part du mont Horeb et s'écrie : Tout l'univers est nourri en faveur de mon fils Hanina, tandis qu'il lui suffit d'une mesure de caroubes pour toute la semaine. Ceci est contraire à R. Juda, selon lequel le moi puissance indique les orgueilleux (ou des Gobiens) et des sots; et la preuve de cette déduction, dit R. Joseph, c'est qu'aucun d'eux ne s'est converti au judaïsme. Selon R. Ascbé, ce sont les gens de Mata-Mehasia , puisque deux fois par an ils voyaient les princes de la Loi (lors des grandes assemblées d'Adar et d'Éloul), et ils ne se convertissaient pas.
(f Si un fiancé veut lire le schéma y etc. 75
Est-ce à dire que R. Simon ben-Gamaliel craint que ce ne soit un acte prétentieux ^ et que les rabbins n'éprouvent pas cette crainte? n'a-t-on pas appris l'inverse? car on enseigne que le jour du jeûne d'Ab on travaille ou non, selon l'usage de la localité, tandis qu'il n'en est pas ainsi des étudiants, qui doivent chômer partout, et selon R. Simon ben-Gamaliel, on doit toujours agir ainsi. N'y a-t-il pas là une contradiction ? En effet, dit R. Yochanan, il faut renverser la proposition' pour mettre les opinions d'accord. Selon R. Schischa, il n'est pas besoin de supposer une inversion , et il n'y a cependant pas de contradiction, car si chacun prie, il n'est pas prétentieux de sa part d'en faire autant, tandis qu'il passerait pour tel s'il ne travaillait pas lorsque tout le monde s'occupe; il n'y a pas non plus de contradiction entre les deux opinions de R. Simon ben-Gamaliel , car pour le schéma', il s'agit d'y appliquer l'attention complète, ce dont il est manifestement incapable, tandis qu'au jour de jeâne, s'il ne fait rien , celui qui le voit dit de lui qu'il manque d'ouvrage et qu'il ne manque pas de gens inactifs sur la place publique.
' Traité Taanith, fol. q/i"; tr. Hullin, * Traité Pw^tw, fol. 55".
fol. 87'. ' Tr. Beua, fol. 3'.