CHAPITRE m
voyer mon peigne et ma boile à couleurs par une telle personne qui viendra demain (pour être enterrée ici). Cela ne prouve-t-il pas que les morts savent tout? Il se peut que doma (Tange de la mort) ait passé près de ces morts pour leur annoncer ce décès. Mais voici un autre fait: Le père de Samuel avait été prié de garder de Targent des orphelins; comme à sa mort Samuel n'était pas là, on appela ce dernier : Fils de celui qui a gaspillé l'argent des orphelins (parce qu'on ne le retrouvait pas). Samuel le suivit donc au champ de repos, et dit aux esprits : Je cherche Aba. — Il y en a ici un grand nombre, fut la réponse. — Je cherche Aba fils d'Aba. — Il y en a aussi beaucoup de ce nom, répondirent-ils. — Je cherche, dit-il, Aba, fils d'Aba, père de Samuel. — Il est monté au ciel, lui répondirent-ils. Sur ce, il vit le lévite (ami de son père) assis au dehors du cercle des morts. Pourquoi , lui demanda-t-il , es-tu assis au dehors? Et comment se fait-il que tu ne sois pas monté au ciel? On m'a dit, répondit-il , que je n'arriverai au ciel qu'après un nombre d'années égal à celles que je n'ai pas passées dans l'école de R. Aphas, qui a été offensé de mon absence^. Sur ce, Samuel vit arriver son père, qui pleurait et riait à la fois. Pourquoi pleures-tu, lui demanda-tril? — De ce que je te verrai bientôt parmi nous.^ — Et pourquoi ris-tu? — De te voir si estimé dans le monde supérieur. S'il en est ainsi, dit-il, si j'ai quelque influence, je demande que Lévi ait la faveur de monter au ciel; et il y fut admis. Il dit enfin à son père : Où se trouve l'argent des orphelins? — Sous la pierre fondamentale du moulin, lui dit-il; retire de là tout l'argent; ce qui est au-dessus et au-dessous nous appartient, et l'argent du milieu est aux orphelins. Je l'ai disposé de telle façon, ajouta le père, pour que, si des voleurs arrivent, ils prennent le dessus qui est à nous, et pour que, si la terre devait l'engloutir, elle ne disperse rien de ce qui est aux orphelins. Ce fait ne prouve-t-il pas la connaissance des morts? Pour Samuel, c'est différent; il se peut qu'on ait d'avance annoncé au ciel qu'il fallait lui préparer une place. R. Jonathan finit par partager l'avis de son interlocuteur; car, dit R. Samuel bar-Nahmeni au nom de R. Jonathan, on sait que les morts causent entre eux, d'après ce verset (Deutéronome, xxxiv, k) : U Etemel lui dit : Voici le pays que f ai promis par serment à Abraham^ Isaac et Jacob, en ces termes. Que signifie cette dernière expression? L'Éternel voulait dire à Moïse : Il le charge de faire part aux patriarches qu'il a accompli envers leurs enfants la promesse faite à eux par serment. Or, si l'on suppose que les morts ne F. 19'. savent rien, pourquoi l'Éternel le leur a-t-il promis? Cela démontre qu'ils eu ont connaissance, et Dieu l'a annojicé aux patriarches par Moïse, afin de faire ressortir sa valeur. R. Isaac dit : Celui qui médit des morts fait comme s'il calomniait une pierre; qu'ils en aient connaissance ou non, cela leur est indiffé-
' Voir traité R rt/i ou bnf h Jol to3'.
rent. Est-ce bien vraifR. Papa nVt-il pas raconté que quelqu'un ayant inédit de Samuel, une gouttière lui tomba sur la tôte du haut du toit et lui brisa le crâne. (N'est-<;c pas une vengeance du défunt?) Non, comme il s'agissait d'un grand savant, rÉtemel lui-même est intervenu en sa faveur.
R. Josué ben-Lévi dit : Celui qui se permet de médire des savants docteurs ira en enfer, comme il est dit (Psaume cxxv, 5) : Ceux qui déUmment leurs fo» tortueux {four médire) , seront conduits far Dieu avec ceux qui commettent Viniquiti. Paix sur Israël^ c'est-à-dire même pendant qu'Israël sera en paix. On a enseigné chez R. Ismaêl : Si l'on voit que la nuit un docteur de la Loi a commis un péché, il ne faut pas le lendemain en dire du mal, car dans Tintervalle il peut s'être repenti, et cela n'offre pas de doute. Cela ne s'applique toutefois qu'à sa personne; quant aux questions d'argent, elles ne sont pardonnées qu'après dédommagement de l'intéressé.
Dans vingt-quatre cas, dit H. Josué ben-Lévi, on met en anathème pour rendre honneur au Rabbin, et tous ont été énumérés par la Mischnâ. Où, demanda R. Eliézer ? — Va , répondit-il , et tu trouveras. Il alla , chercha , et en trouva en effet trois; ce sont : i* pour le mépris de l'ablution des mains (avant le repas); 2" la médisance sur les rabbins décédés; 3' l'orgueil envers Dieu. Le second cas se trouve implicitement dans cet enseignement ^ Akabia ben-Mahalallel disait qu'on ne donne à boire les eaux d'épreuve (pour soupçon d^adultère) ni à une néophyte, nia une affranchie; les autres sages l'accordent, et l'on cite à l'appui un fait survenu à Karkemitli, une affranchie de Jérusalem, qui subit l'épreuve des eaux amères sur l'avis de Schemaya et Abtalion. Akabia répondit aux sages que ceux-ci autorisèrent pour cet acte un de leurs semblables (c'est-à-dire une néophyte , comme ces deux rabbins étaient eux-mêmes d'origine étrangère). En raison de cette médisance sur leur origine, Akabia fut mis en anathème; et comme il mourut dans cet état, le tribunal lapida la pierre qui le contenait. — Le premier cas est indiqué dans ces mots : Il est impossible, dit R. Juda^, qu'Akabia ben-Mahalailel fût mis en anathème, car nul Israélite n'a pénétré dans le saint parvis qui le vaille pour la sagesse, la pureté et la crainte de Dieu. C'est R. Eliézer ben-Hanokh qu'on a mis en anathème, parce qu'il a méprisé l'action de se laver les mains; aussi, après sa mort, le tribunal a fait chercher une grosse pierre pour la mettre sur son cercueil. On voit ainsi que celui qui meurt dans cet état (sans avoir obtenu le pardon) est lapidé ensuite par le tribunal. — Le troisième cas est indiqué par ces mots : Simon b.Schetach fit dire à Honî, l'opérateur de cercles, qu'il niéri-
* Wïschnàji* section, tvaiié Edouijolh, Behaalotekha , S loo; traité Pcsahiin, ch. v,SG. fol. W.
* Coriinient^iire de Sijfri sur la seclioii