CHAPITRE III
tait fanathèiiie ^ et je t'y condamnerais, dit-il, si tu n*ëtais pas Honi; mais je ne puis rien faire , puisque Dieu accomplit tes désirs malgré les péchés que tu comniets, comme un père accomplit ceux de son fils, malgré son inconduite. C'est de loi que TÉcriture dit (Proverbes, xxin, 95) : Ton pire et tamère se réjouissent par toi; ils sont heureux de ta naissance. N'y a-t-il pas d'autres exemples pour ce troisième cas? En voici un: R. Joseph enseigna que Todos le Romain habituait les Israélites de Rome à manger le soir de Pâques un agneau à la broche^. Simon ben-Schetach lui fit dire : Si tu n'étais pas Teudos, je te mettrais en anathème pour avoir fait manger aux Israélites des saintetés hors de la Palestine. Cet exemple n'est pas tiré de la Mischnâ, mais d'une beraïtha. En voici un pris dans la Mischnâ^ : Si l'on a coupé un four de terre en morceaux et qu'on ait mis du sable entre un morceau et l'autre (pour l'enduire ensuite d'argile), c'est pur, selon R. Eiiézer, et passible d'impureté, selon les sages. C'est là le tour à' Akhnaïy c'est-à-dire , selon R. Juda au nom de Samuel, qu'on l'a entouré de règles pratiques, comme d'un serpent roulé en rond, et on Ta déclaré passible d'impureté. Ce jour, dit-on, on a réuni tout ce que R. Eiiézer avait déclaré pur pour le brâler en sa présence, et l'on a fini parle maudire. Toutefois, il n'est pas question là d'anathème. Mais quels sont les vingt-quatre cas? On peut les retrouver en les déduisant, selon R. Josué ben-Lévi, par analogie avec ces trois cas, mais non selon R. Eiiézer.
fcCeux qui portent le cercueil et leurs reraplaçants. •»
On a enseigné qu on ne transporte pas le mort vers l'heure de la lecture du scliema^; mais si ion s'est mis en route, on ne s'arrête pas pour cela. Toutefois, il arriva qu'on transporta R. Joseph à cette heure-là, parce que c'était un homme très-estimé.
cr Ceux qui précèdent le cercueil ou ceux qui le suivent, n
On a enseigné au sujet de ceux qui s'occupent du deuil : Tant que le mort est présent, ils se retirent successivement pour lire le schéma^; dès qu'il n'y est plus, ils se mettent à le lire ensemble, et celui qui porte le deuil reste assis en silence; pendant que les autres se lèvent pour réciter la prière ^amida, il se lève aussi, fait profession d'humilité en acceptant le jugement divin, par <*es termes : Maitre de l'univers, j'ai souvent péché et tu ne m'as puni qu'une
Tr.Taanith, fol. 19" et 93*. ^ Mischoâ, tt' section, tr. EdouyoUk,
* Traiié Pesahim, fol. 53'; Ir. Belsa^ eh. vu, S7; 6" section, tr. Kelim, ch. \, fol. 33". S 10; Taimud, tr. Baba metsin, fol. 59\
fois; qu'il te plaise , Éternel notre Dieu, de réparer nos brèches et celles de tout ton peuple d'Israël par Teifet de ta miséricorde! Selon Abayé, on ne doit pas s'exprimer ainsi, pour que, selon R. Simon ben-Lakisch, ainsi qu'au nom de R. Yossé ^ Satan n'ait pas de prise sur nous (en se fondant sur cette confession pour nous nuire). Quel est le verset, demanda R. Joseph, qui le prouve ? C'est qu'il est dit : Nous ressemblions presque aux Sodomites (Isaïe, i, 9). Et le prophète réplique {ibid, 1 0) : Ecoutez la parole de Dieu, seigneurs de Sodom (c'està-dire, ne vous découragez pas).
crSi au retour de renterrement, elc.^
Si on a le temps de commencer la lecture du schéma' et de l'achever en entier, il faut le lire , mais non au cas où l'on pourrait seulement en lire un chapitre ou un verset. Mais ne dit-on pas que cette obligation subsiste après le retour mâme pour un chapitre ou un verset? C'est vrai , mais on y met la condition d'achever avant d'arriver au cercle de condoléance.
F. l9^ crCeux qui se tiennent dans le cercle, etc. tî
La première et la seconde rangée en sont dispensées, mais non la suivante. R. Juda n'en dispense que ceux qui viennent en faveur de l'affligé. — R. Juda dit aussi, au nom de Rab, que si l'on trouve sur soi des étoffes hétérogènes (Lévitique, xix, 19), il faut les retirer même dans la rue. Pourquoi ? c'est qu'il est dit : // n'y a ni sagesse , ni intelligence , ni conseil pour résister à Dieu ( Proverbes , xxi , 3o), c'est-à-dire que, pour la glorification de Dieu , on ne rend pas les honneurs même au rabbin 2. 11 y a pourtant une objection à présenter : si au retour d'un enterrement on se trouve à une bifurcation de routes dont l'une est pure et l'autre impure, on suit l'affligé, fût-ce dans la route impure, afin de lui rendre honneur ; ne devrait-on pas aussi lui appliquer la règle précitée? La , dit R. Aba, il s'agit d'un champ cultivé (où la charrue a dispersé, en passant, quelques ossements), ce qui, selon les rabbins, ne communique 4>as l'impureté, ainsi que le dit R. Juda bar-Asche au nom de Rab^. Voici un autre exemple : R. Éliézer bar-Zadok racontait que (quoique sacerdotes) ils sautaient par-dessus les cercueils des morts pour aller au-devant des rois d'Israël , et l'on eût agi de même à l'égard de rois étrangers, en prévision de l'époque
' Voir plus loin, fol. ùo\eiir,Kethou- ' Tr. Eroubin, fol. So**; tr. Pesahim,
/joth, fol. 8'. fol. 99^ tr. Moéd Katon, fol. 5'; tr. Be-
* Traité Synhédrin , fol. 82'; tr. Sche- khoroth, fol. 99'; tr. Nidda, fol. 57'. houolhy fol. 3()*'.