CHAPITRE m
du Messie, où la distinction sera établie. Pourquoi ne lui applique-t-on pas ladite règle ? C'est qu'ici on adopte l'avis de Raba qui donne cette interprétation sur la tente formée par le cercueil : s'il y a un palme d'espace entre l'impureté et ses parois, cela suffit pour constituer une séparation; or, la plupart d'entre eux ont cet espace libre, et quoique en thèse générale on n'en tienne pas compte en cas de doute, on n'applique pas la défense en cas d'honneur à rendre au roi. Voici donc un autre exemple: le respect dû aux hommes est, dit-on ^, de telle gravité, que pour lui on transgresse au besoin un précepte négatif de la Loi; pourquoi ne pas lui appliquer ladite règle? Rab bar-Saba expliqua devant R. Cahana qu'il s'agit seulement en ce cas du précepte : Tu ne (écarteras pas (Deutéronome, xvii, 1 1). A cette explication, on se moqua de lui en disant que c'est impossible, puisque c'est une prescription légale (que nul n'a le droit d'enfreindre). R. Cahana dit aux assistants: Lorsqu'un homme considéré vous expose un sujet, vous ne devez pas en rire; or, voilà ce qu'il a voulu dire : comme toutes les prescriptions des rabbins se fondent sur ledit précepte, ils ont permis qu'on n'en iienne pas compte pour rendre honneur. Voici un autre exemple: on dit de ces mot-s (ibid. xxii, i) et que tu en détournes lesyeux^^ que parfois c'est permis, d'autres fois non. Comment le savoir? Dans ces cas : si le sacerdote doit pour cela entrer dans un cimetière, ou si c'est un vieillard dont la dignité ne permet pas de rendre ce service, ou si l'on a une charge supérieure à celle de son prochain, il est permis d^ détourner ^les yeux (et de ne pas aider son prochain). Pourquoi, malgré ces mots, ne pas appliquer ladite règle ? C'est que les termes sont positifs. On n'applique pas non plus ce mode de déduction au premier cas (des mélanges hétérogènes), parce qu'on ne déduit pas cette sorte de défense d'une question d'intérêt (comme celle du dernier cas). Citons un autre exemple : il est dit que le sacerdote peut se rendre impure l'enterrement de sa sœur (Nombres , vi , 7 ) [ à quoi bon le dire ? pour enseigner ceci ^ : Si quelqu'un est allé égorger l'agneau pascal ou circoncire son fils, et qu'il reçoive la nouvelle du décès d'un parent, il ne renonce pas au premier devoir et ne se rend impur qu'au cas où nul autre ne s'occuperait d'un tel mort. Mais pourquoi ne pas lui appliquer la règle précitée? C'est que cette exprès- F. ao". sien et p&ur sa sceur sous-entend l'exception, et il n'y a pas lieu d'appliquer ce mode de déduction , car une abstention ne ressemble pas à un précepte négatif.
Comment se fait-iK demanda R. Papa à Abayé, que Dieu n'accomplivsse pas
* Tr. AfenaWA, fol. Sy**. quailirmative. Il s'agit, dans le verset,
' Comiue la négation n*est pas répé- d'aider son prochain h retrouver une bêle
tée pour ces mots, feipression est équi- perdue.
voqne, et elle peut être aussi bien négative ^ Tr. ]fpfrhilld , fol. 'V'; Ir. \a:ir,
de miracles pour nous comme pour nos ancêtres? Est-ce à cause de Timperfection des études^? Mais pendant toute la vie de R. Juda, on n'a fait qu*ëtudier le traité des dommages, tandis que nous étudions six traités. I^orsque R. Juda arriva dans le traité ôi'Ouktsin (des queues de fruits) à cette Mischnâ tt si une femme a fait cuire des choux dans un pot, etc.7) ou selon d'autres, à celle-ci tr des olives cuites avec leurs feuilles entières restent pures ^,t) il dit: Là nous voyons les difficultés qu'avaient éprouvées Rab et Samuel, puisque nous étudions ce traité dans treize écoles diverses. Et cependant, dès que ce R. Juda retirait seulement une seule de ses sandales, la pluie arrivait (c'est-àdire toutes ses prières à Dieu étaient exaucées), tandis que nous nous donnons du mal, nous supplions sans être exaucés. — C'est que, lui répondit-on, les anciens avaient sacrifié leur vie pour glorifier Dieu , ce que nous ne faisons plus. C'est ainsi que R. Ada bar-Ahaba ayant vu au marché une Couthéenne habillée en rouge, il crut que c'était une Juive. 11 se leva et lui déchira cette élofie. Lorsqu'on sut qu'il en avait agi ainsi avec une étrangère, il fut condamné à lui payer quatre cents zouz. Quel est ton nom? lui demanda-t-il. — Maton, répondit-elle. — Maton, ajouta-t-il, signifie deux cents pièces, soit quatre cents zouz.
R. Guidai avait l'habitude d'aller s'asseoir aux portes des bains, pour dire aux femmes qui arrivaient comme elles devaient s'y prendre. Ne crains-tu pas, lui dirent les rabbins, qu'il ne s'y mêle des idées de iuxure?Non, répondit-il. ce ne sont que des oies blanches.
R. Yochanan avait la même habitude^. Lorsque les filles d'Israël sortent du bain, dit-il, elles me voient et conçoivent de beaux enfants comme moi. Ne crains-tu pas, lui dirent les rabbins, de prêter lieu aux mauvais yeux ou maléfices? Non, dit-il, je suis descendant de Joseph, dont il est dit : Joseph est une branche féconde y sise près de la source (Genèse, xlix, si ), et je n'y suis pas accessible; car, dit R. Abahou, au lieu de traduire ces mois près de la source ^ on peut les interpréter ainsi (en changeant les points-voyelles) qui surmontent (que l'œil ne peut pas dominer). On peut aussi le déduire, dit R. Yossé bar-Hanina, de ce verset : Qu^ils se multiplient comme les poissons, sur la surface de la terre (Genèse, xlviii, i6). Or, comme les poissons ne peuvent être dominés par le mauvais œil, parce que l'eau les recouvre, il en est de même de la race de Joseph; ou bien encore, on peut Tinterpréter ainsi : l'œil qui n'a pas voulu prendre le bien d'autrui (histoire de Putiphar) ne saurait être dominé par un œil étranger.
fol. AS**; traité Synhédrin, fol. 35*; tr. ' Mischnâ, 6* section, tr. Taharoth,
Zebakim, fol. loo*. ch.ii, S i; tr. Otdctsin, ch. n,$ i.
* Tr. Taanith, fol. ai'; tr. SynhMnny ^ Tr. Baba meisia, fol. 8 A',
foi. lofi".