‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 148 sur 266 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

grandeur de mire Dieu. Par raisonnement a fortiori , dit K. Yochauan , on peut déduire la gravité des bénédictions après la lecture de la Loi comparées à Faction de grâce du repas, ainsi que la bénédiction avant le repas d'après celle de la Loi , de la façon suivante: puisque le repas, qui n exige pas (légalement) une bénédiction auparavant, en exige une après, à plus forte raison en faut-il une après la Loi, qui en nécessite une auparavant; de même, puisque la Loi, qui n'en exige pas (légalement) après, en demande une auparavant, à plus forte raison en faut-il une avant le repas qui en nécessite une après. On peut toutefois objecter que la bénédiction du repas a plutôt lieu d'être par suite de la jouissance matérielle, tandis que la Loi s'occupe des intérêts spirituels (de sorte qu'il n'y a pas lieu de comparer ces deux sujets). L'objection subsiste.

R. Juda dit : Si l'on doute d'avoir lu le schema\ on n'a pas besoin de recommencer; mais en cas de doute sur la bénédiction postérieure , il faut la reprendre. Pourquoi? C'est que l'heure de la lecture du schéma' est prescrite par les rabbins ^ tandis que cette bénédiction contient un précepte légal (la menlion de la sortie d'Egypte). Mais, demanda R. Joseph, l'heure même n'est-elle pas prévue légalement par ces mots : En te couchant et en te levant? Ceci, répondit Âbaye,s applique à l'étude de la Loi en général. On a enseigné que l'homme impur se contente de méditer en son cœur, sans prononcer les bénédictions d'avant ni d'après; il dit celle d'après le repas, et non d'auparavant. Or, si la bénédiction après le schéma' est légale, pourquoi ne pas la dire ? A quoi bon la dire , ce n'est même pas pour mentionner la sortie d'Egypte , déjà rappelée dans le schéma^; et cet homme n'est pas tenu de réciter cette bénédiction à la place du schema\ car celui-ci a l'avantage de contenir h la fois deux choses (la sortie d'EgypteTet la suprématie divine). R. Éléazar dit : Si l'on doute d'avoir lu le schema\ il faut le reprendre, mais non si le doute porte sur la prière 'amida. K. Yochanan dit: Plâl à Dieu que l'homme priât toute la journée. R. Juda dit au nom de Samuel : Si pendant la prière on se souvient de l'avoir déjà récitée, il faut l'interrompre, même au milieu de la section. Est-ce bien vrai? R. Nahman n'a-t-il pas dit : Lorsque nous nous trouvions chez Raba bar-Abouha, déjeunes rabbins qui s'étaient trompés et avaient dit le samedi les formules de la semaine, demandèrent ce qu'il fallait faire en ce cas; il leur répondit qu'il faut achever la section où l'on se trouve. Pourquoi n'en est-il pas de même pour le présent cas? Les cas ne sont pas semblables : le samedi, quoique le fidèle soit tenu de réciter la prière, les rabbins n'ont pas voulu lui imposer la peine de recommencer s'il s'est trompé ; tandis qu'ici la prière a déjà été faite.

R. Juda dit aussi au nom de Samuel : Si , après avoir prié , on se rend à la synagogue et qu'on trouve le public en train de réciter V'amidtt, il est bon de recoin-

' Elle ne peut donc avoir lieu plus tnrd.

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inencer si Ton a un point nouveau a y ajouter,, mais non sans cela. Il était nécessaire d'énoncer cette seconde proposition; car s'il eût fallu la déduire de la première (du même auteur), on eût dit qu'il s'agit, dans les deux cas, d'une F. 9l^ prière isolée, ou bien que chaque fois cet individu s'est trouvé en public (et qu'il a oublié d'avoir prié avec la première assemblée), tandis que l'on considérerait comme nulle la prière de l'individu d'abord isolé, se trouvant ensuite en public; c'est pourquoi il a fallu fixer la règle à suivre. De même, la seconde proposition seule n'eût pas sufli; car, aurait-on dit, on y met ici une condition, celle de n'avoir pas commencé, mais une fois qu'on a commencé (même par erreur), il faut achever. Les deux règles sont donc nécessaires. R. Houna dit : Si en entrant dans la synagogue on trouve l'assemblée en train de prier, on ne doit commencer que si l'on a le temps suffisant pour achever la prière avant que le ministre officiant arrive à l'action de grâce ( pour la répéter avec l'assemblée) ou , pour le même motif selon R. Josué ben-Lévi, avant qu'il arrive à la sanctification de Dieu {kedouschâ). Sur quoi se base cette divergence? C'est que, selon le premier seul, le fidèle peut dire ta kèdauscliâ avec le ministre officiant (pendant sa récitation personnelle). L'avis contraire est aussi celui de R. Ada bar-Ahaba\ qui, se fondant sur ce verset (Ijévitique, xxn, 3^): Que je sois sanctifié au milieu d'Israël, dit : Toute sanctification doit se faire par dix personnes au moins. Quel est le mot qui le prouve? C'est, disent les rabbins frères de R. Hiya bar-Aba, le mot fmïteu^, employé dans le verset précité et dans -celui-ci : Retirez-vous du milieu de rassemblée (Nombres, xvii, io),et il s'agit chaque fois d'au moins dix personnes. Mais enfin tous deux s'accordent à dire qu'on ne s'interrompt pas (pour répondre à l'officiant avec l'assemblée). Peut-on s'interrompre pour ne dire que ces mots : «rQue son grand nom soit béni?)} Oui, dit R. Dimi, au nom de R. Juda et de R. Simon, élèves de R. Yochanan, on ne s'interrompt que pour ces mots, fût-on occupé de l'étude du char céleste (angélologie). Cet avis n'a pas été adopté comme règle.

ff Selon R. Juda, on dit même les bénédictions d'auparavant. -p

Est-ce à dire que, selon R. Juda, il est permis à l'homme impur de s'occuper d'étude de la Loi ? R. Josué ben-Lévi ne l'a-t-il pas interdit en raisonnant ainsi : Tu feras connaître ces préceptes , esl-il dit, à tes fils et petits-fils (Deutéronome , iv, 9 ) ; puis il est dit : Le jour où tu te trouvais sur le Horeb , etc. Ne conclut-on pas du rapprochement de ces deux versets qu'il faut, dans l'un et l'autre cas, être bien pur ? Il n'est pas à dire que R. Juda ne tient pas compte

' Tr. Meffkillâ, fol. 9 3*'. — * Voir le Midrasch, Bereschith Rabba , section gi.

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