CHAPITRE PREMIER
<r Au moment de la projection desrayons solaires, d
R. Zabdi fils de R. Jacob bar-Zabdi, au nom de R. Yona, dit qu'il faut attendre que le soleil scintille au sommet des montagnes.
pf Selon R. Juda, jusqu'à la troisième heure (9 heures).-»)
Cet avis, selon R. Idi, R. Hamnona et R. Ada bar-Aha, au nom de Rab, s'applique à celui qui a oublié la récitation du 8chema\ R. Houna dit: Cela fait Tobjei de la discussion de deux amoram, dont Tun applique cet avis à celui qui a oublié le schema\ Son interlocuteur lui objecte ceci : Peut-on établir une règle pour celui qui oublie de faire la prière? Si Tavis de R. Josué sert de règle, il doit être tel pour tous? Oui, mais si Ton a toutefois parlé de celui qui oublie, c*est pour que chacun ait soin de dire le schéma^ en son temps.
On a enseigné ceci : on s'interrompt (de Tétude de la loi) pour \\Te\Qschema\ mais non pour V^amida. R. Aha dit : C est que le ^cA^ma^ est prescrit par le Peutateuque , tandis que l'autre prière ne l'est pas. R. Ra dit : c'est qu'il y a un temps déterminé pour le schéma^ non pour la prière, R. Yossé dit : C'est que le schéma' ne demande pas une attention soutenue comme ï'amida. Rabbi fit une objection à R. Yossé : En admettant, dit-il, que le schetna' n'exige pas une attention soutenue, les trois premiers versets du moins ne l'exigent-ils pas? Oui, lut répondit-il; mais, comme ils sont fort courts, on s'y applique ^ R. Yohanan, au nom de R. Simon ben-Yohaï, dit ^ : Lorsque nous sommes à l'étude de In Loi, nous ne l'interrompons même pas pour lire le schéma^; mais il ajoute en son propre nom : nous qui ne sommes pas aussi assidus à l'étude, nous nous interrompons même pour dire Y^amida. Chacun de ces avis est conforme aux opinions de chacun de ces rabbins; car R. Yohanan disait : plût au ciel que l'homme priât toute la journée, attendu qu'une prière n'est jamais perdue. D'autre part, R. Simon ben-Yohaï dit : Si j'avais été sur le mont Sinaï au moment où la Loi fut donnée à Israël, j'eusse demandé à Dieu de donner h l'homme deux bouches , l'une pour lire la Loi , l'autre pour causer de ses affaires ordinaires. Il dit ensuite : si avec cette seule bouche le monde se soutient h peine contre les calomniateurs, qu'arriverait-il si les hommes en avaient deux?
R. Yossé dit devant R. Jérémie : l'avis dé R. Yochanan est conforme à celui de R. Hanina ben-Akabia, car il est dit : les écrivains des rouleaux de Penlateuque, de phylactères et de mezouzoth (écriteaux des portes) doivent s'interrompre pour lire le schéma y et non pour Y'amida. R. Hanina ben Akabia dit : comme ils s'interrompent pour l'un, ils doivent agir de même pour les autres commandements
' El leur contenu commande Tatlention. — * Hfihli, {vai\é Schabhath , fol; 1 T.
de la Loi; mais il n^admet pas quon s'interrompe pour faire la Mucca ou le loulab (9 cérémonies de la fête des tentes). Mais R. Simon n est-il pas d*avis qu*il ne faut pas apprendre si Ton ne vent pas exécuter? (c'e$t-à-dire, à quoi bon étudier la Loi et apprendre les pratiques du culte, si on ne les exerce pas?) Car, en ce cas, il vaudrait mieux ne pas avoir été créé? Et R. Yochanan ne ditil pas aussi de celui qui apprend la Loi sans agir en conséquence » qu il vaudi*ait mieux que la matrice de sa mère se fât refermée sur lui et qu il ne fût jamais né? (réponse) R. Simon ben-Yohal a pour motif que tous les deux préceptes sont prescrits, et un ordre ne saurait détruire Tautre. Mais n'a-t-on pas appris que celui qui lit trop tard ne fait qu'une simple lecture (sans valeur liturgique)? Gelanedémontre-tr-ilpas qu'en temps opportun la prière doit précéder Tétude? C'est bien vrai ; cependant , dit R. Juda , comme R. Simon ben-Yochaî s'adonnait sans cesse à l'étude, elle était préférée. R. Aba Mare dit : la lecture tardive n'a que la valeur d'une étude biblique, mais en temps opportun elle équivaut à la Mischnâ. R. Simon ben-Yochaï est conséquent envers lui-même : Si on lit' la Bible, dit-il, c'est un mérite secondaire. Selon les rabbins, elle équivaut à la Miscbnâ ^
6 (3). L'école de Schammaî dit : Le soir, chacun doit se coucher pour faire cette lecture, et le matin se tenir pour cela debout, car il est écrit (Deutéron. vu, 7) : ^Ente couchant et en le levant, -n L'école d'Hiliel dit: Chacun lit à volonté quelle que soit sa position, puisqu'il est dit [ibid.) : t^En parcourant ta rmUe^.y) Pourquoi est-il dit alors: ^En te couchant et en te levant?!) Gela signifie: Au moment où les hommes se couchent et lorsqu'ils se lèvent.
On voit que Hiilel explique les deux versets. A quoi Schammaî applique-t>il le verset qui sert d'appui à son adversaire? Selon lui, il sert à exclure celui qui s'occupe des sujets religieux et le fiancé'. Un jour R. Eliézer ben-Azariah et R. Ismaël s'arrêtèrent à un endroit, le premier était couché, le second debout. Lorsque l'instant du schéma' du matin arriva , l'un se leva (selon Schammaî) et l'autre se pencha.
Le premier dit au second: Nous agissons comme celui que Ton complimenterait de sa longue barbe et qui irait la faire raser; de même, moi qui étais couché je me lève, et toi debout tu te penches? — Toi , répondit-il, tu t'es levé,
' Par crainte d'oublier la Mischnâ, ' Or la marche ne permet pas de rester
qu'on étudiait par cœur, on la faisait pré- debout, et encore moins d'être couché, valoir. ^ Tous deux en sont dispensés.