‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 153 sur 266 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

(dont il est ditquon permet tantôt ce quon défend parfois). S'il en est ainsi, comment se fait-il qu'il soit dit comme seconde proposition de cet enseignement: c'est une déduction par a fortiori\ contre laquelle il n'y a rien à répliquer? Quelle déduction y a-t-il à en tirer, s'il s'agit de la distinction d'un ou de deux palmes? N'est-ce pas l'usage des femmes (de ne pas se découvrir devant) ? Il s'agit donc là des phylactères, et l'objection faite par Raba, au nom de R. Schescheth , subsiste. Il reste cependant une contradiction (selon Hillel) : s'il permet l'entrée dans des cabinets déterminés dans ce but, pourquoi la défend-il dans un endroit provisoire (c'est-à-dire pour lâcher de l'eau)? C'est qu'en ce dernier cas on est mouillé par les gouttes. S'il en est ainsi, comment dire qu'il n'y a pas d'objection à présenter, puisqu'on vient d'en poser une? C'est qu'il s'agit d'une raison spéciale et non d'un raisonnement a fortiori; car selon ce mode de déduction , il n'y aurait rien à répliquer.

Les rabbins ont enseigné^ : Avant de se mettre à table d'un grand festin, on doit (pour ne pas se déranger pendant le repas) marcher dix fois quatre coudées ou quatre fois dix coudées, afin d'effectuer ses besoins, puis entrer. R. Isaac ajoute qu'on doit aussi , avant d'entrer, retirer les phylactères ( pour ne pas les profaner si l'on devenait ivre). Cet avis est contraire à celui de R. Hiya, qui dit qu'on les met sur la table; car il est plus commode de les avoir sous la main. Jusqu'à quel moment les laisse-t-on là ? Jusqu'à la bénédiction, dit R. Nahman bar-Isaac. Il est dit, d'une part, qu'on les enveloppe avec son argent dans son turban, et, d'autre part, qu'on ne les enveloppe pas. Comment accorder ces avis ? La distinction dépend de la destination qu'on avait donnée à cette poche, car R. Hisda dit^ : Si Ton a disposé un sac de iephilin à les recevoir et qu'on les y ait mis, on ne peut pas y serrer de l'argent; ce n'est permis que si la destination n'a pas été suivie du fait de la pose, ou si la pose a eu lieu sans destination antérieure. D'après Abayé, comme la destination est un fait essentiel , c'est d'elle que dépend la défense ou la permission d'y serrer de l'argent. ^

R. Joseph, fils de R. Nechonia, demanda à R. Juda si l'on peut (dans le lit) placer les phylactères sous la tête; il va sans dire que ce serait un acte de mépris de les mettre au pied du lit ; mais est-ce permis à la tête ? Oui , répondit-il au nom de Samuel, et y eût-il sa femme près de lui. Mais n'a-t-on pas enseigné ailleurs que si la femme est présente c'est interdit, et qu'il est seulement permis de les placer sur un endroit plus élevé ou plus bas de trois palmes? Cette objection subsiste. Malgré cette objection, dit Raba, l'avis de Samuel sert de règle. Pourquoi? C'est qu'il importe avant tout de bien les garder. Oh F. aA".

• Tr. Baba Metsia. fol. qB'. ^ Tr. SytJiédnn, fol. /i8'.

• Tt. Schnbhnth . fol. 8'î".

les place-l-on? Entre Toreiller et la pièce de literie, dit R. Jëréniie, pouna que ce ne soit pas immédiatement sous la tête. Mais R. Hiya n^a-t-il pas enseigné qu'on les met dans leur sac spécial sous la tête? Oui, si Ton a soin de tirer au dehors cette partie du sac. Bar-Kappara les enveloppait dans le rideau du lit et tournait cette partie vers Textérieur. R. Schischi, fils de R. Idi, les plaçait sur un fauteuil et étendait une toile par-dessus. R. Hamnona, fils de R. Joseph , dit : Je me suis trouvé un jour en présence de Raba, qui m'a dit de lui apporter les phylactères; je les ai trouvés entre l'oreiller et la literie, non audessous de la tête, et j'ai su ainsi que c'était le jour du bain de sa femme; il n'a fait cela que pour me montrer, par cet exemple, la règle à suivre eu ce cas.

R. Joseph, fils de R. Nechonia, demanda à R. Juda : Si deux personnes couchent dans le même lit, ne doivent-elles pas se tourner chacune de leur côté pour lire le schéma' ? Oui, dit Samuel, il faut agir ainsi, y eût-il l'homme et la femme ensemble (car étant vis-à-vis, il pourrait être préoccupé). Mais, demanda R. Joseph, s'il suifit d'agir ainsi à l'égard de sa femme, n'est-ce pas à plus forte raison pour tout autre? Au contraire, répondit-on, la présence de sa femme (qui est habituelle) ne préoccupe pas^ On objecta alors ceci : d'une part on vient d'enseigner que si deux hommes sont couchés dans le même lit, il leur suffit de se retourner chacun d'un côté , et d'autre part on dit que si , en étant couché, on a à côté de soi ses enfants et sa famille, on ne doit pas lire le schéma^ k moins qu'un drap ne les sépare de soi , ou que ce ne soient seulement de petits enfants. Or, d'après R. Joseph (qui le permet plutôt devant la fmnme) , il n'y a pas contradiction , car dans le premier cas il s'agit de la présence de sa femme , et dans le second, d'un étranger; mais comment l'expliquer selon Samuel ? Toi aussi, répliqua Samuel à R. Joseph, tu exprimes cet avis, comme il est dit : En étant couché dans le même lit que sa famille et ses enfants, l'homme ne peut lire le sch€ma\ à moins qu'un drap ne les sépare de lui. 11 faut donc dire que, même selon R. Joseph, la question de la présence de la femme est on discussion; elle Test aussi selon moi.

On vient de dire que chacun se retourne d'un côté pour lire le schema% quoiqu'il y ait à craindre l'attouchement des fémurs. Ceci confirme l'avis de R. Houna, qui dit ailleurs qu'ils ne constituent pas une nudité. On peut encore citer ceci à l'appui de cet enseignement*-^: Une femme, quoique nue, peul, en étant assise, prélever la Haïla (des sacerdotes), parce qu'elle peut (dans cette position) couvrir ses parties honteuses à terre; mais l'homme no le peut

* Littéralement: Elle ost comme lui- ' M isclina. i" section. Ir. //«//«, cli. ii,

même. Voir tr. Kethouboth, fol. 66*; tr. S :\. Menahoth, fol. 93'; tr. Bpkhorofh. f. 3.V'.

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