‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 154 sur 266 · CHAPITRE llf · texte numérisé non relu

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jias. (Or, le fémur ne serait pas couvert; est-ce qu'il ne passe pas pour une nudité?) On peut supposer, dit K. Nahman bar-Isaac, que ses parties étaient entourées de terre de toutes parts (ce qui ne prouverait rien pour le présent cas).

On vient de dire aussi que c'est permis si ce sont de jeunes enfants. Quelle est la limite d'âge? Pour les filles , dit R. Hisda , trois ans et un jour; pour les garçons, neuf ans et un jour, Selon d'autres, pour les filles, onze ans et un jour; pour les garçons, douze ans et un jour; aux uns et aux autres s'applique ce verset : Tes seins se sont arrondis et ton poil a grandi^ (Ezéchiel, xvi, 7). R. Cahana dit à R. Asché : Plus haut, Raba a déclaré que, malgré Tobjection faite contre Samuel, son avis sert dérègle: en est-il de même ici? Non, lui répondit-on, toutes les étoffes ne sont pas tissées sur le même métier (c'est-à-dire ce n'est pas analogue), et si on ne le dit pas, c'est que l'application n'a pas lieu.

R. Mari demanda à R. Papa : Si un poil passe par un trou du vêtement, est-ce que cela constitue une nudité qui interdise la lecture du schéma^? Ce n'est qu'un poil (et cela n'a pas d'importance). R. Isaac dit qu'un palme d'un corps de femme est une nudité. A quel point de vue? Estr-ce pour la défense de la regarder (si elle est mariée à un autre)? Mais R. Scheschetli n'a-t-il pas déjà dit que la Loi (Nombres, xxxi, 5o) a aussi bien fait mention des ornements et bijoux extérieurs que des intérieurs (tel que pudendorum clausum)^ pour indiquer qu'il est autant interdit de regarder le petit doigt d'une femme que sa plus grande nudité? Il s'agit, répondit-on, de sa propre femme, on ne doit pas regarder sa femme pendant le schéma' (pour ne pas être troublé). L'épaule de la femme, dit R. Hisda, est aussi une nudité (dont la vue est interdite), parce que ce verset : Tu découvres F épaule pour traverser les fleuves (Isaïe, %Lvn, 2) est suivi de ces mots: Tu découvres ta nudité, et ta lionte se voit. Il en est de même, dit Samuel, de la voix d'une femme, comme il est dit (Cantique des cantiques, 11, iU) : Ta voix est douce et ton aspect est agréable (on compare donc les deux choses). Enfin, dit R. Schescheth, il en est de même des cheveux de la femme, parce qu'il y est dit {ibid, iv, 1) : Tes cheveux sont comme un troupeau de chèvres (et qu'ils ont fait l'admiration du poëte).

J'ai vu, dit R. Hanina, que Rabbi suspendait ses phylactères. Mais, lui objecta-t-on, n'est-il pas dit que celui qui les suspend verra sa vie suspendue^, en appliquant à cet acte l'interprétation de ces mots (Deutéronome, xxvni, 66) : Ta vie sera suspendue devant 2otf Cette contradiction n'est qu'apparente; il est seulement défendu de les suspendre par la courroie (parce qu'alors la

* C'est à-dire, c'est le signe de l'ado- * Tr. Pesahim, fol. 54'; traité Hullin,

lescence. loi. i3V'.

léte pendrait en bas d'une manière peu convenable); ou bien encore, il se peut qu'il soit interdit de les suspendre n'importe comment; seulement Rabbi les suspendait dans leur sac. S'il en est ainsi, à quoi bon en parler? Pour que Ion sache bien qu'il n'est pas nécessaire de les placer horizontalement, comme les rouleaux de la Loi. J'ai remarqué, dit R. Hanina, qu'il arrivait à Rabbi (en F. a4*. les ayant) de roter, de bailler, d'ëtemuer, de cracher, de se gratter (ou de replacer son vêtement) , mais il ne replaçait pas son vêtement s'il était tombé (pour ne pas s'interrompre), et lorsqu'il .baillait il mettait la main sur la bouche. Cependant on a enseigné : Celui qui prie à haute voix semble diminuer la puissance de Dieu (comme s'il n'entendait pas); celui qui crie en priant ressemble aux faux prophéties (adversaires d'Elisée); celui qui baille ou rote est un impertinent; si l'on éternue pendant la prière, c'est mauvais signe, ou, selon d'autres, on reconnaît qu'il est mal élevé; si l'on crache pendant la prière, c'est comme si l'on agissait ainsi devant son roi. (Tout cela n'est-il pas en contradiction avec la conduite de Rabbi?) Certes, on peut excuser le bâillement et l'action de roter, si c'est involontaire; mais pourquoi l'étemuement est-il parfois mal vu, et d'autres fois non? C'est que, outre celui du nez (qui est involontaire) , il y a venti crepitus. Ce sujet, dit R. Zeira (qui était souvent enrhumé), je l'ai appris chez R. Hamnona, et il m'a autant plu que le reste de mes études, à savoir : si l'on éternue pendant la prière, c'est bon signe, et cela indique que la satisfaction qu'on éprouve ici-bas (à éternuer) aura son pendant au ciel. De même encore, s'il est dit que, malgré la défense de cracher, Rabbi le faisait, c'est possible en se conformant aux mesures prescrites par R. Juda , qui dit : Si pendant la prière on a besoin de cracher, on se sert de son taUth (pour y cracher); si le talith est beau et qu'on ne veuille pas le salir, on se sert des bandelettes du turban. Conmie Ravina, en suivant R. Asche, eut besoin de cracher, il le rejeta derrière lui. Ne connais-tu pas, lui dit-il, l'avis de R. Juda, selon lequel ou se sert des bandelettes du turban ? Je l'ignorais, dit-il. — Celui qui prie à haute voix (est-il dit) semble diminuer le pouvoir divin. Cela ne se rapporte, dit R. Houna, qu'à celui qui peut appliquer son attention tout en priant à voix basse; mais, au cas contraire, c^est permis, et encore cela ne se peut-il qu'en particulier, mais en public cela dérangerait l'assemblée.

R. Aba avait échappé à R, Juda (et n'assistait pas à ses conférences) , parce qu'il voulait se rendre en Palestine, malgré l'avis de ce rabbin qui dit: On transgresse un précepte aflirmatif (grave) en se rendant de Rabylone en Palestine ^ comme il est dit : Ils viendront à Babel et ils y resteront jusque ce que je les rappelle, dit FEtemel (Jérémie, xxvii, 52). Pourtant, disait-il, je veux encore

* Traitt^ Schabbath, fol. 'n* ; tr. Kethouboth, fol. 1 10*'.

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