‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 155 sur 266 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

reutendre à la porte de ia salle des conférences, puis je partirai. Il y alla et entendit qu'on enseignait devant R. Juda : Si pendant la prière on éternue du bas {venti crepitu)^ on attend jusqu'à la dispersion de l'odeur, puis on continue la prière. Selon d'autres, si pendant la prière on éprouve ce besoin, on se recule de quatre coudées pour le satisfaire, on attend que i'odeur soit dispersée et l'on continue à prier, en disant : ff Maître de l'univers, tu as créé en nous des trous et des cavités; il est notoire et manifeste que tu connais notre honte, pendant la vie et après la mort nous ne sommes que ver et pourriture;^ puis on reprend à l'endroit où l'on s'est arrêté. Aussi, dit R. Aba, je suis très-content d'être venu entendre cela.

Les rabbins ont enseigné : Si l'on dort enveloppé de son talith et que le froid vous empêche de sortir la tête, on fait avec ce vêtement un pli de séparation sur le cou, ou, selon d'autres, sur le ventre, et l'on récite le schema\ car s'il est vrai que, selon le premier, le ventre voit pour ainsi dire la nudité, cela ne fait rien. R. Houna dit au nom de R. Yochanan : Si Ton parcourt des ruelles sales, on récite le schéma' en mettant la main devant la bouche. Par Dieu, ditR. Hisda, si R. Yochanan lui-même ne l'eût dit, je ne l'aurais pas cru ! Selon d'autres, Rabba bar bar-Hana aurait dit la même chose , et R. Hisda aurait fait à ce sujet ladite observation. Mais R. Houna s'est-il bien exprimé ainsi ? N'a-t-il pas dit qu'il est interdit à un savant de se tenir dans un endroit malpropre, parce qu'il ne doit pas rester sans songer à l'étude de la Loi (ce qui est impossible en cet endroit)? Il n'y a pas de contradiction; car dans ce dernier cas, il est question de celui qui s'arrête, et dans le premier, de celui qui passe (pour traverser). Mais R. Yochanan lui-même a-t-il pu dire cela? Rabba bar bar-Hana n'a-t-il pas dit, au contraire, en son nom^ qu'il est permis de songer partout à l'explication delà Loi, sauf dans le bain et les cabinets? £t il n'y a pas à établir également la distinction entre Tarrêt et le passage, puisque R. Abahou ayant suivi R. Yochanan, pendant qu*il récitait le $chema\ il s'interrompit en passant par une ruelle sale; puis il demanda à R. Yochanan où il devait recommencer. Si, répondit celui-ci, il s'est écoulé le temps nécessaire pour dire le tout, il faut reprendre au commencement. (Cela ne prouvet-il pas que c'est interdit, même en passant?) Or, voici ce que lui disait R. Yochanan : Moi , je ne suis pas de cet avis ; mais puisque toi tu professes cette opinion, tu dois reprendre au commencement. — R. Houna et R. Hisda sont tous deux appuyés par des opinions diverses; d'une part, on dit qu'en passant par des ruelles sales on peut réciter le schéma' en mettant la main sur la bouche, et d'autre part, si Ton passe dans ces ruelles, on doit ne pas réciter le schéma', et même s'interrompre si Ton est en train. Quel mal a fait celui qui

' Tr. Kidouschim , fol. 33"; Ir. 'Almda Zara , fol. f\h^\ tr. Zehahim, fol. 109^'.

320 TKAITE DES BEHAKHOTH.

ne sest pas inleirompu? A lui, dit K. Miascha, pelit-fils de H. Josué ben- Lévi, s applique ce verset (Ezéchiei, \x, qS) : Je leur donnai aussi des lois qui ne sont pas bonnes et des jugetnents avec lesquels ils ne vivront pas ; ou encore cet autre verset, selon R. Assé : Malheur à ceux qui attirent le péché par les liens du mensonge (Isaïe, v, 18) ; ou enfin le verset suivant, selon R. Ada bar-Ahaba : lia méprisé la parole de VEtemel (Nombres, xv, 3i)^ Quelle est, par contre, la récompense de celui qui s'interrompt en un tel endroit)? On lui applique, dit R. Abahou, ce verset : A cause de cela , vos jours seront prolongés (Deutéronome, xxxii, 47).

Si Ton a les i^eins entoures de son vêtement, il est permis, selon R. Houna,

de réciter le schéma' (on est suffisamment couvert). On a de même enseigné :

N'importe que ce vêtement soit d'une étoffe tissée ou de peau, ou n eût-on

F. a5\ qu un sac sur les reins, i4 est permis de lire le schéma'; mais pour dire la prière

'anUda, il faut avoir tout le corps couvert.

R. Houna dit : Si par erreur on entre avec les phylactères dans les cabineU, on les couvre de la main jusqu'à ce qu'on ait fini; bien entendu, dit R. Nahman bar-Isaac, jusqu'à ce qu'on ait achevé la première station. Mais poui*quoi n'eston pas tenu de s'interrompre de suite et de se lever? C'est que R. Simon ben- Gamaliel dit^ que l'homme qui se retient d'effectuer ses besoins' peut être atteint d'une hydropisie, et une rétention d'urine peut produire la jaunisse.

Si l'on a quelque impureté sur le corps y ou que la main ( en dépassant le mur) se trouve dans les cabinets, il est permis de réciter leschehut'y selon R. Houna , et c'est défendu , selon R. Hisda. Quel est , demanda Raba , le motif de R. Houna? C'est qu'il est dit ( Psaume cl, 6) : Toute âme louera Dieu (et non des membres tels que les mains) , et selon R. Hisda, c'est interdit, en vertu de ces mots : Tous mes os diront: Étemel, Un est que toi (ibid. xxxv, 10). — On enseigne encore ceci : Si une mauvaise odeur est fondée sur quelque chose, il faut, selon R. Houna, s'éloigner de quatre coudées avant de réciter le schéma'; selon R. Hisda, il faut s'éloigner encore de quatre coudées à partir de l'endroit oii la mauvaise odeur cesse d'être sentie. On a enseigné, selon Tavis d« R. Hisda, qu'il ne faut réciter le schéma' ni en vue de l'ordure des honunes, ni de celle des chiens, ni de celle des porcs, ni des coqs, ni en face du fumier qui sent mauvais; mais si c'est un emplacement plus élevé ou plus bas de dix palmes, on peut s'asseoir à côté pour réciter le schéma': sinon on s'en écarte jusqu'à ce qu'on ne sente plus l'odeur. H en est de même pour la prière ^amida, Rabba dit que tous les avis énoncés dans cet enseignement ne servent pas de

* Tous ces versets confirment ropinion lance de toute malpropreté. — * Voir qu'il faut être respectueux , loi-squ'on s oc- pins loin , fol. 6 a** ; tr. Bckhoroth , fol. ttft^; cupe (les sujets i*eligieux, cl se tenir h dis- tr. Tamidy fol. 97''.

Page 1