‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 156 sur 266 · CHAPITRE HI · texte numérisé non relu

CHAPITRE HI

règle, mais qu'il en est comme on Ta enseigne : Il ne faut réciter le schéma' devant aucune de ces malpropretés lorsqu'elles contiennent des peaux (à tanner). On demanda à R. Schescheth : Est-ce qu'une mauvaise odeur qui n'est basée sur rien a de l'importance ? Non , dit-il, vous n'avez qu'à voir dans l'antichambre les uns dormir ( et, par suite , ventum expellentes) , et les autres étudier à cdté d'eux. Toutefois cela ne s'applique qu'à l'étude et non à la récitation du 8chema\; et encore, pour l'étude, excuse-t-on la mauvaise odeur, mais non pour soi-même.

En présence d'une immondice qu'on transporte, il est permis, selon Abayé, de réciter le schema\ et c'est interdit selon Raba. Comment le sait-on? dit Abayé. C'est qu'il est dit ^ : Si en étant pur on passe près d'un arbre sous lequel se tient un impur (par la lèpre), on devient aussi impur; si l'on s'arrête sous un arbre et qu'un impur passe , on reste pur, à moins qu'il ne s'arrête aussi) il en est de même pour une pierre atteinte de la lèpre (et ici également le passage seul ne constitue pas l'impureté). Selon Rabba, ces deux faits ne sont pas semblables pour le lépreux; l'important est la fixité du séjour, comme il est dit : // restera seul, son séjour sera hors du camp (Lévitique, xiii, /i6), tandis qu'ici (pour l'office) il est dit (Deutéronome , xxiii, i5) : Ton camp sera saint, ce qui n'a pas lieu. R. Papa dit : Le groin d'un porc est comme une immondice qui passe. Cela ne va-t-il pas sans dire ? Non , il faut en parler pour dire qu'il en est ainsi, si même il sortait de la rivière (et qu'il fût fraichement lavé).

En présence d'un objet dont on doute que ce soit de l'immondice, il est interdit, selon R. Juda, de dire le schéma'; mais c'est permis, si l'on doute que ce soit de l'urine. Selon d'autres, R. Juda dit que si l'on doute de |a présence de l'immondice dans la maison, on n'y a pas égard; pour le fumier, c'est interdit; mais si l'on doute de la présence de l'urine même sur le fumier, on n'y fait pas attention. C'est l'avis de R. Hamnona, qui dit : La Loi n'en a interdit la lecture qu'en présence de la colonne (destinée à ce but). C'est conforme à R. Jonathan qui confronte ces deux versets : Il est dit, d'une part : Tu auras un endroit spécial en dehors du camp , pour t'y rendre (ibid. 1 3 ) , et d'autre part : Tu auras un pieu auprès de tes armes, pour te creuser au dehors un trou, où tu t'assoiras, et tu le comniras (ibid. ik). Ces deux versets ne se contredisent pas, car dans le second il est question des grands besoins, et dans le premier, des petits. Donc, pour ces derniers, la Loi ne fait d'interdiction qu'en présence de la colonne; mais si elle est tombée à terre, les rabbins seuls, et non la Loi, maintiennent la défense. Toutefois ils ne défendent que les eaux qui sont certaines comme telles, mais non si elles sont douteuses, et encore, si elles sont certaines, la défense ne subsiste, dit R. Juda au nom de Samuel, qu'aussi long-

^ Tr. Kidonschin, fol. 33**; Mischna, 6' section, Ir. Negnim,^,\\\\^ S 7.

temps qu'elles humectent la terre. C'est aussi la limite de temps fixée par Rabba bar bar-Hana, au nom de R. Yochanan, et par Oula. Gueniba dit, au nom de Rab : C est interdit aussi longtemps qu'on en voit la trace. R. Joseph dit : Il faut excuser Gueniba (d'avoir mal interprété Rab); puisque, pour i'im- . mondice même , R. Juda dit, au nom de Rab , qu'on ne la considère plus comme telle si elle a changé de face, à plus forte raison en est-il de même pour l'eau sale (si elle n'humecte plus). A quoi bon, dit Abayé, se référer à cet enseignement? on peut aussi bien lui appliquer celui de Rabba bar bar-Houna qui dit, au nom de Rab, que la présence de l'immondice est interdite, fût-elle semblable à de l'argile. Comment la reconnaf t-on comme telle? C'est que , dit Rabba bar bar-Hana, au nom de R. Yochanan, si on la rejette elle ne se brise pas; * ou, selon d'autres, si elle ne se brise pas en la roulant. Rebina dit : Je me trouvais devant R. Juda de Daphti, qui, ayant vu une immondice, me dit d'exa- ' miner si elle avait changé de face (car tout en dépend), ou, selon d'autres, il lui dit de voir s'il y avait des rides. En somme, quelle est la règle? On vient de dire que celle qui ressemble à de l'argile est interdite, selon Amémar, et permise, selon Mar Zoutra. Selon la règle, dit Rabba, elle est interdite, de

^ même que l'urine, aussi longtemps qu'elle humecte la terre. On a objecté cet

enseignement : Aussi longtemps qu'elle humecte, elle est interdite, mais non dès qu'elle est imbibée dans la terre ou séchée sur place ; cela ne veutnl pas dire que ces deux suppositions sont analogues, parce que dans l'un et l'autre cas on n'en voit plus la trace? Donc cela ne dépend-il pas de la vue de cette trace? Il n'y arien à conclure de là, sans quoi on pourrait, d'après le commencement, rjiisonner à l'inverse et dire que c'est seulement interdit aussi longtemps qu'elle humecte, mais que, ensuite, on n'y fait plus attention, y en eAt'il encore des traces. Il parait que cette question fait l'objet d'une discussion; en face d'un vase, est-il dit, dont on a rejeté l'urine, il n'est pas permis de réciter le schéma'. Devant l'urine même, c'est interdit jusqu'à ce qu'elle soit imbibée dans la terre; selon R. Yossé, il s'agit de savoir si elle humecte * encore la terre ^. Dans quel sens le préopinant dit-il que cela dépend de l'absorption par la terre? Cela veut-il dire qu elle correspond à l'action d'humecter ou non, et R. Yossé vient-il dire que cela dépend de ce fait, tandis que la reconnaissance de la trace ne compte pas? Mais alors n'exprime-t-il pas le même avis que le préopinant? Il faut donc dire que, selon celui-ci, la question dépend de la reconnaissance de la ti*ace, et R. Yossé vient-il dire que cette dernière condition ne compte pas , mais que l'important est de savoir si elle humecte ?

F. a5^ Non certes , car cet avis est admis unanimement. Ils ne diffèrent que sur ce point , de savoir si l'humidité doit être telle qu'elle puisse humecter autre chose.

* Ënce cas, sa consistance est palpable.

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