CHAPITRE III
ffSi, étant descendu au bain, H a le temps de remonter, elcn
Est-ce à dire que cet avis anonyme est celui de R. Éliëzer, qui dit qu on cesse le schéma' au moment de la projection des rayons solaires (et qu'il sert de règle)? Non; cet avis peut même être de R. Josué (qui donne pour limite la troisième heure du jour), et en indiquant une limite antérieure, il donne Tusage des gens pieux qui, selon R. Yochanan, cessent à la projection des rayons solaires.
cr Au cas contraire, on le récite en se couvrant par Tenu. ^
Mais alors le corps ne voit-il pas la nuditë ? R. Eléazar, ou bien R. Aba bar- Acha répond au nom de notre maître quil s'agit deaux troubles, de sorte qu elles ne laissent plus rien à découvert. Les rabbins ont enseigné que , dans Teau claire, on s'assoit jusqu'au cou pour réciter le schéma'; selon d'autres, on agite l'eau avec le pied pour qu'elle ne soit pas limpide. On ne considère pas comme étant en vue de la nudité, ni le ventre, ni le talon. Selon Abayé, il est interdit que le talon y touche ; selon Raba, cela ne fait rien ; c'est ainsi que R. Zebid enseignait cette discussion. R. Hinena, fils de R. Ika, la rapportait en ces termes : S'il y touche, c'est défendu d'après tout le monde; si c'est seulement en regard, c'est défendu selon Abayé , et permis selon Raba; car, dit-il , la Loi n'a pas été donnée aux anges ^ (mais aux hommes, malgré l'imperfection de leur corps). Enfin, il est établi comme règle que l'attouchement est interdit, mais que la disposition en vue ne fait rien.
Raba dit : En face d'une immondice placée dans un vase transparent, il est permis de réciter le schéma', mais non en face de la nudité couverte seulement d'un objet transparent. Pour l'immondice cela suffit , parce qu'il importe seulement qu'elle soit couverte; tandis que de la nudité la vue est interdite, en vertu de ce verset : Que Von ne voie sur toi nul objet honteux (Deiitéronome, xxui, i5). Si c'est seulement une parcelle, il suffit, dit Abayé, de cracher dessus, à condition, dit Raba, qu'elle soit couverte par cela. Si elle est dans une cavité, on met le soulier dessus, selon Raba, puis on récite le «cA^ma'. Mais, dit Mar,fils de Ravina, si elle s'attache au soulier, que faire? On l'ignore. — En vue d'un étranger nu, dit R. Juda, il est défendu de réciter le schéma'. N'en est-il pas comme à l'égard de l'Israélite? Non, car pour ce dernier cela va sans dire, tandis que pour l'étranger, dont il est dit : Leur chair ressemble à celle des ânes (Ézéchiel, xxui, ao), on eût pu croire que leur nudité n'est pas plus considérée que celle d'une béte; c'est pourquoi on nous dit que cette vue est égaie-
* Tr. Yomâ, fol. 3o'; Ir. Kidouschin, fol. 54'.
324 TRAITE DES BEHAKHOTH.
ment interdite, comme ii est dit (de leurs ancêtres, les fils de Noé) : lU nonî pa$ vu la nudité de leur père ( Genèse , ix , 9 3 ) .
trOn ne doit se servir ni d'eau sale, ni d'eau de lessive, à moins d^y avoir ajouté de l'eau pure, v
Combien faut-il en ajouter (et est-ce à dire que cela suffit)? Non, on veut dire qu on ne doit pas se couvrir du tout d'eau sale , ni de lessive , et s'il y avait de Turine , on ajouterait de Teau propre pour l'annuler avant de réciter. Les rabbins ont enseigné : Combien d'eau faut-il ajouter? Aussi peu que ce soit; selon R. Zacaî, un quart de mesure. Cette discussion, dit R. Nahman, ne se rapporte qu'à la fin; mais en principe, il sufiit d'aussi peu que ce soit. Selon R. Joseph, la discussion porte sur le conmiencement, mais pour la fin il faut, selon tout le monde, un quart. R. Joseph dit pourtant à son domestique : Apporte un quart d'eau, selon l'avis de R. Zaccaï.
Les rabbins ont enseigné qu'en face d'un vase destiné a l'immondice ou à l'urine, il est interdit de lire le schema\ n'y eût-il rien dedans; s'il y a de l'urine, il faut y jeter de l'eau, aussi peu que ce soit; selon R. Zaccaï, un quart, et il importe peu que le vase soit placé devant ou derrière le lit. R. Simon ben- Gamaliel permet seulement la lecture lorsque c'est placé derrière le lit; mais si c'est devant, il faut s'écarter de quatre coudées. R. Simon ben-Eléazar dit : La chambre eût>-elle cent coudées, ii n'est pas permis d'y prier avant d'avoir retiré le vase ou de l'avoir placé sous le lit. Que faut-il entendre par là? Est-ce que, si c'est derrière le lit, on peut y prier de suite, et si c'est devant il faut s'écarter d'abord de quatre coudées ; ou bien veut-on dire que si c'est derrière le lit ou peut y prier après s'être reculé de quatre coudées, mais jamais si c'est devant le lit? On peut le conclure de ceci : R. Simon ben-Eléazar permet de suite la lecture lorsque c'est derrière le lit; lorsque c'est devant, il faut se retirer à quatre coudées. Selon R. Simon ben-Gamaliel, la chambre eût-elle cent coudées, on ne peut prier avant d'avoir enlevé le vase ou de l'avoir mis sous le lit. Voilà qui répond à notre question au sujet de l'emplacement. Mais comment se fait-il que ces deux enseignements se contredisent ? Il faut renverser la fin. Pourquoi ne pas intervertir le commencement? C'est que R. Simon ben- Éléazar admet seul que toute la maison équivaut à quatre coudées '. R. Joseph dit avoir demandé à R. Houna, qui lui dit : Si le lit n'a pas trois palmes de hauteur, il est évident qu'il se confond avec la terre; mais de trois à neuf palmes, comment est-il considéré? Il va sans dire que, s'il a dix palmes, il est distinct. En effet, dit Abayé, ceci ne forme pas l'objet d'un doute, car tout
' Tr. Schabbath, fol. lo'.