CHAPITRE IV
out enseigné que Simon, Touvrier cotonnier^ a établi f ordre des dix-huit bénédictions à Y abné, en présence de K. Gamaiiel. Y a-t-il quelqu'un, demanda R. Gamaiiel aux sages, qui sache rétablir le texte exact de la bénédiction des Sadducéens? Samuel le Petit se leva et le fit. L'année suivante, il Tavait oubliée; et bien qu'il eût réfléchi deux ou trois heures (pour se rappeler cette formule) , on ne le fit pas retirer de la tribune d'office. Pourquoi? R. Juda na-t-il pas dit qu'une erreur commise dans une bénédiction quelconque n'a pas de gravité, excepté pour celle des hérétiques, craignant que l'officiant ne professe lui-même une hérésie? (réponse) Pour Samuel le Petit, c'est différent, puisque c'est lui qui a rétabli le texte. N'y a-t-il pas à craindre qu'il n'ait changé d'idée? On sait, répond Âbayé, que l'homme vertueux n'est pas un impie. Comment cela ? N'est-il pas dit : Lorsque le juste renonce à féquité et qu^U commet des iniquités^ (Ézéchiel, xviii, s/i)? Il ne s'agit là que de celui qui était impie en principe (et qui est devenu vertueux un moment pour retomber ensuite dans l'impiété); mais cela n'arrive pas au véritable juste. Est-ce bien vrai? N'a-t-on pas dit qu'il ne faut pas avoir bonne opinioa de soi jusqu'à la mort', car Yochanan (Jean) finit par devenir hérétique*, après avoir exercé quatre-vingts ans les fonctions de grand prêtre? Ce n'est autre, répondit Abayé, que Jannée (qui avait commencé son règne par un massacre de savants^, c'était donc un impie, en principe). Raba dit que ce sont deux hommes différents, et Jannée était impie en principe, mais Yochanan fut un juste. Or, si d'après Abayé on s'explique ce fait, comment l'expliquer d'après Raba (qui admet qu'il fut toujours juste)? Aussi Raba dit-il que, même pour le juste invariable, il y a à craindre qu'il ne modifie ses opinions (comme Yochanan). S'il en est ainsi, pourquoi n'a-t-on pas fait retirer Samuel le Petit? Pour lui, c'est différent; il avait commencé à bien dire; car, dit R. Juda, au nom de Rab ou de R. Josué ben-Lévi, cette prescription de se retirer ne s'applique qu'à celui qui n'a pas commencé la récitation; mais au cas contraire, on Tachève.
A quoi correspondent les sept sections du samedi ? Aux sept mentions du mot voix dans ledit psaume, d'après R. Haiaphta ben-Saûl. A quoi correspondent les neuf sections (de la prière addi(ionnelle) du nouvel an ? Aux neuf mentions divines, dit R. Isaac de Carthage, faites dans la prière de Hana (I Samuel, n); car c'est en ce jour, dit-on ^ que Dieu a exaucé les vœux de Sara , de Rachel et de Hana. A quoi correspondent les vingt-quatre sections des jours déjeune? Aux vingt-quatre louanges, dit R. Heibo, prononcées par
' Tr. MegMlla, fol. if.
* Il en commet donc parfois.
' Mischnâ, tr. Abâtk, ch. ii, SA.
* ïr. Kiddouêchin, fol. 66".
* Talmud,tr. Yôma, fol. ^*. Voir Essai sur la Palestine, de M: Derenbourg, p. 8o.
* Tr. Tiosch-Haschana » fol. 1 1'; tr. Yebamâlh, fol. 04*.
3/iO THAITK DES BEUAKHOTH.
Salomon lors du transport de l*arche sainte au temple, dans le saint des sainte. Pourquoi ne pas les dire tous les jours? II n*y a lieu de les dire comme lui qu'aux jours de miséricorde (ou de jeûne).
ffR. Josué dit qu'on résume les dix-huit bénédictions, i^
En quoi consiste ce résume? En une mention sommaire de chaque bénédiction. Voici la formule, dit Samuel : ^r Donne-nous Tintelligence, Etemel notre Dieu, pour connaître tes voies; dispose nos cœurs pour ta crainte, pardonne-nous pour que nous soyons délivrés , écarte de nous iessoufirances, favorise-nous des beautés terrestres , réunis ceux qui sont dispersés aux quatre coins du globe, juge ceux qui méconnaissent tes principes, étends ta main sur les impies; que les justes se réjouissent en toi de la construction de ta ville, delà restauration de *ton temple, du rétablissement de la race de David, ton sénateur, et de la réparation du flambeau du iils dlsaie, ton oint; bref, exaucenous avant que nous ^invoquions. Sois béni, Eternel, écoute la prière. ?> Abayé désapprouvait celui qui disait ce résumé. R. Nahman dit, au nom de Samuel, qu'on peut réciter ce résumé toute Tannée , excepté le samedi soir et les soirs de fête, à cause de la formule de la séparation qu'il faut intercaler dans la quatrième section. Mais, dit Rabba bar-Samuel , pourquoi ne pas en faire alors une quatrième section spéciale? N'est-ce pas aussi l'avis de R. Akiba^ d'en faire une section à part, tandis que R. Éliézer dit de l'ajouter à la dix-septième? (r.) Puisque nous n'agissons pas toute l'année comme. R. Akiba (en n'en faisant pas une quatrième), il n'y a pas lieu non plus de le suivre lorsque nous résumons la prière. On ne suit pas son avis , parce qu'il y a seulement dix-huit bénédictions établies , et non dix-neuf; de même, il y a ici sept prières (les trois premières, le résumé et les trois dernières), et non pas huit. Mais, demanda Mar Zoutra, pourquoi ne pas la comprendre sommairement dans le résumé, eh ces mots : rrDonne-nous l'intelligence, Éternel notre Dieu, qui distingues le sacré du profane?^ L'objection subsiste. Toute l'année, dit R. Ribi bar-Abayé, on peut dire le résumé, excepté en hiver, à cause de l'intercalation à faire pour demander la pluie, dans la -section des saisons (neuvième). Mais, demanda Mar Zoutra, pourquoi ne pas la comprendre dans le résumé . en ajoutant ces mots : tr Donne-nous. la rosée et la pluie?^ Il est à craindre que cette addition n'induise en erreur. Pourquoi n'éprouve-t-on pas cette crainte lors de l'introduction de la formule de séparation dans la quatrième section ? C'est que là on est au commencement de la prière et non au milieu {oii Ton pourrait n'y plus songer). Mais, demanda R. Asché, pourquoi ne pas la dire
' Plus loin, fol. 33'; tr. Nidda, fol. 8'.