‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 161 sur 266 · CHAPITRE IV. 3M · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. 3M

dans la quinzième? Car R. Tanhoum a dit, au nom de R. Assé : Si Ton a oublié de mentionner la force des pluies dans la deuxième section, il faut recommencer; si Ton a oublié l'invocation analogue dans la section des saisons (neuvième), il est inutile de recommencer, parce qu'on peut l'ajouter à la quinzième, de même que Ton ne reprend pas pour Toubli de la séparation dans la quatrième, parce qu'on peut la dire sur un verre de vin (pourquoi ne pas agir ici de même?). Là, comme il y a eu erreur, c'est différent. En opposition avec ce que vient de dire R. Tanhoum, au nom de R. Assé, on peut objecter ce qu'on dit ailleurs ^ qu'en cas d'oubli de l'invocation pour les pluies dans la neuvième, il ne faut pas recommencer (comment concilier cela?). C'est que, isolément, il faut recommencer, mais non en public. Pourquoi ne le faut-il pas dans ce dernier cas? Est-ce parce qu'on l'entend répéter du ministre officiant? Mais alors pourquoi ne pas appliquer la même raison à l'omission de la formule d'invocation des pluies dans la neuvième, au lieu dédire qu'on l'ajoutera dans lu quinzième? C'est vrai; aussi, dans ces deux enseignements est-il question de l'individu isolé, et l'on établit seulement cette distinction : il ne faut pas recommencer si l'on s'en souvient avant d'arriver à la quinzième (afin de l'y intercaler) ; mais, comme plus tard cela ne se peut plus, il faut reprendre.

R. Tanhoum dit encore, au nom de R. Assa et de R. Josué ben-Lévi : Si l'on F. 3g\ a oublié de mentionner la néoménie dans la seizième , et que Ton s'en souvienne dans la suivante, il faut reprendre à celle du culte (seizième), et de niême, si l'on s'en souvient, dans la dernière section; mais si l'on a achevé le tout, on reprend au commencement. Cette dernière condition, toutefois, dit R. Papa, fils de R. Acha bar-Ada, n'a lieu que si l'on s'est reculé (en signe d'achèvement); mais au cas contraire, il suffit de reprendre ladite section (seizième). Comment le sais-tu? lui demanda-t-on. — Je l'ai entendu, dit-il, d'Aba Mare. — Et lui-même, par qui le savait-il? — Par Rab. Toutefois, dit R. Nahman bar^Isaac, cette condition de reprendre au commencement si l'on a achevé ne s'applique qu'à celui qui ne dit pas de supplications spéciales à la fin de cette prière; mais comme, pour celui qui en a l'habitude, la prière n'est pas encore terminée , il peut reprendre en ce cas à la section des cultes. Selon d'autres, il faut retourner cette proposition et s'exprimer ainsi, au nom de R. Nahman bar-Isaac : l'avis de reprendre à la section des cultes, aussi longtemps que l'on n'a pas achevé, se rapporte à celui qui a l'habitude de réciter des prières spéciales; mais celui qui n'y est pas habitué doit reprendre le tout, depuis le commencement.

' Voir plus haut, fol. 96", plus loin, fol. 33', et Irailc Taanith, fol. 3^

:W2 TRAITE DES BERAKHOTH.

ff R. Eliézer dit : Si i'on étabiit la prière d'une manière fixe.^

Qu*enteDd-K)n par là ? R. Jacob bar-Idi rëpoud, au nom de R. Oschia, qu'on appelle ainsi la prière qui ressemble à une charge, ou selon les rabbins, celle qu on ne dit pas avec conviction; enfin, selon Raba et R. Joseph , celle où Ton n a rien à renouveler. Moi , dit R. Zeira , je pouvais y ajouter de nouvelles formules; mais je m'en passais de crainte de me tromper (en reprenant après Taddition). Abayé bar-Abin et R. Hanina bar-Abin disent tous deux qu'on nomme ainsi la prière non faite selon la marche du soleil (le matin, quand il se lève; le soir, quand il se couche) ; car c'est d'après elle, dit R. Hiya bar-Aba au nom de R. Yochanan , qu'on doit conformer sa conduite ^ R. Zeira y applique ce verset (Psaume lxxu ^b) ills te craignent avec k lever du soleil et devant la lune pendant des générations^^. Dans l'Occident on désapprouve celui qui attend ces deux moments pour prier, de crainte que l'heure ne se passe.

rr R. Josué dit : Si l'on passe dans un endroit dangereux on abrège la prière ; -na^rn ncris ^d3. -n

Que signifientces derniers mots?R. Hisda , au nom de Mar Oukba , l'explique ainsi : Lors même que tu es plein de colère contre eux comme une femme enceinte, ne néglige pas leurs besoins; ou selon d'autres, le même l'explique ainsi : Ne les oublie pas , même lorsqu'ils transgressent la Loi. Les rabbins ont enseigné que lorsqu'on passe près des repaires de bétes fauves ou de brigands, on dit la prière abrégée, d'après la première opinion. R. Eliézer dit : ^ Accomplis ta volonté au ciel en haut et donne satisfaction à ceux qui te craignent en bas , et fais ce qu'il te plait ; sois loué , Éternel , qui exauces la prière. i) R. Josué disait : Écoute l'invocation de ton peuple d'Israël, et remplis bientôt leurs vœux. R. Eliézer bar-R. Zadok dit : Exauce les cris de ton peuple Israël et remplis bientôt leurs vœux; sois loué. Étemel, qui exauces la prière. Selon d'autres, la formule est celle-ci : trLes besoins de ton peuple Israël sont nombreux, leurs pensées courtes; qu'il te plaise, Éternel notre Dieu, de donner à chacun ce qu'il lui faut pour se nourrir, et à chaque créature ce qui lui manque ; sois loué, Eternel, qui exauces la prière.?) R. Houna dit que ce dernier avis sert de règle. Eliahou dit à R. Juda , frère de R. Sala le pieux : Pour ne pas pécher, ne t'irrite pas, ne t'enivre pas, et lorsque tu te mets en voyage, prends congé de ton Créateur avant de partir. Qu'entend-on par ces derniers mots ? C'est ,

' Tr. Schabbathy fol. i iS**. prëtation. La traduction réelle est : Ils te

^ IjB verset est ici détourné de son craindront, tant que le soleil et fa lune du^ sens primitif pour les besoins de Tinter- reront, dans tous les âges.

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