‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 162 sur 266 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

répond R.Jacob au nom de R. Hisda, la formule de prière des voyages. H. Jacob dit, au nom de R. Hisda, qu'on est tenu de la réciter lorsqu'on se met en voyage. Quelle en est la formule? tr Qu'il te plaise, Éternel notre Dieu, de me conduire en paix, de me faire marcher en paix, de me soutenir en paix, de me sauver en ronte de toute embûche et de tout ennemi, d'envoyer la bénédiction sur mes affaires, de me rendre un objet de faveur, de grâce et de miséricorde à tes yeux et aux yeux de tous ceux qui me verront; sois loué, Éternel , qui exauces la prière. ?>

On doit toujours, dit Âbayé, comprendre le public dans sa prière (en par- F. 3o'. lantau pluriel) et dire : tr Conduis-nous en paix, etc.?) Quand la récite-t-on? Lorsqu'on a déjà fait un peu de chemin, répond R. Jacob, au nom de R. Hisda. Combien? Une parasange. De quelle façon la récite-t-on? Étant debout, selon R. Hisda, et même en marchant, selon R. Schescheth. Comme R. Hisda et R. Schescheth voyageaient ensemble, le premier s'arrêta pour prier; le second demanda à son serviteur ce que faisait ce rabbin ; il prie , répondit-il. Je vais donc en faire autant ( et m'arréter aussi) , car ce qui est bon ne saurait faire de mal ^

Quelle différence y a-t-il entre la formule Habinenou (fais-nous comprendre) et la prière abrégée ? C'est que la première est précédée et suivie de trois sections complètes; aussi, lorsqu'on est rentré chez soi, on n'a pas besoin de la répéter en entier; tandis que pour hr seconde, qui n'est ni précédée ni suivie de sections de Y^atnida, il faut recommencer la prière complète chez soi. La règle est qu*il faut dire la formule Habinenùu debout et la prière abrégée soit debout, soit en marchant.

trSi Ton est nionté sur un âne, etc.r,

Les rabbins ont enseigné : Si, pendant qu'on est monté sur un âne, l'heure de la prière arrive, on doit, si l'on a quelqu'un sous la main, faire tenir l'âne et descendre pour la prière; si l'on n'a personne, on prie en restant assis en place. Rabbi dit qu'on doit rester assis en place en tous cas, car ainsi, on a l'esprit tranquille. Cet avis sert de règ^e, dit Raba, au nom de R. Josué ben- Lévi. On a enseigné : L'aveugle et celui qui ne sait pas fixer les quatre points cardinaux doiventfixer leur attention vers notre Père quiestaux cieux, comme il est dit : Ih invoqueront Dieu en regardant vers cette viUe (I Rois, vin, Uli). Si l'on se trouve hors de la Palestine, on doit se tourner vers elle, comme il est dit {ibid, U8) :Ils te prieront sur le chemin de leur pays. Si l'on se trouve en Palestine, on doit diriger sa pensée vers Jérusalem : Ils invoqueront Dieu, est-il dit,

* Comme il est permis de prier debout , ce ne saurait être un]màl de marcher. Voir tr. Baba-Kama, fol. 81 ^

Uà TRAITE DES BERAKHOTH.

sur le chemin de la ville qu'ils ont préférée, A Jérusalem même il faut tourner sa pensée vers le temple : Ils t'invoqueront dans cette maison; et dans le temple même il faut se tourner vers le sanctuaire : Ils prieront vers cet endroit; étant là, il faut se diriger vers le tabernacle de Tarclie sainte, et si Ton se trouve derrière le rideau, il faut supposer que Ton est devant. En somme, lorsqu'on est à Test (du Temple), on se tourne vers rouest;à Touest on se tourne vers Test; ao sud on se tourne vers le nord, et au nord, vers le sud, de sorte que tout Israël dirige sa pensée vers le même endroit. A ce propos, R. Abin ou R. Abinâ interprète ainsi le verset : Ton cou est comme la tour de David construite à créneaux nrD*?n (Cantique des cantiques, iv, 4), c'est une colline ^n vers laquelle se tournent toutes les bouches, nVB.

Lorsque le père de Samuel et Lévi devaient faire un voyage, ils se levaient de bonne heure pour prier, et ils récitaient le schéma* lorsque le moment en était arrivé. De qui est-ce Tavis ?De celui qui a enseigné ceci ^ : Lorsqu'on s'est levé tôt pour partir en voyage, on apporte un schophar^ dont on sonne (si c'est le nouvel an), ou le loulab qu'on agite (aux tabernacles), ou (si c'est jour de Pourim) l'histoire d'Esther qu'on se met à lire, et lorsque est arrivé l'instant de lire le sckema\ on le récite. Si l'on s'est levé pour se mettre dans un chariot ou sur un vaisseau, on prie, et lorsque arrive l'heure du schéma^ on le récite (en route). R. Simon ben-EIéazar dit qu'on commence en tous cas par réciter le schéma* auparavant, afin que la formule de délivrance suive la prière. Quelle est, au fond, la cause de cette discussion ? C'est que, selon le premier, la prière faite debout a la priorité; selon le second, l'important est de faire suivre la formule de délivrance par la prière. Marimar et Mar Zoutra se réunissaient au milieu de dix personnes pour prier de bonne heure le samedi précédant les grandes fêtes, puis ils se rendaient à l'explication des chapitres d'actualité (relatifs à la solennité). R. Asche, au milieu du public, priait isolément et assis; en rentrant à la maison il se mettait à prier debout. Mais, dirent les rabbins, pourquoi n'agit-il pas comme Marimar et Mar Zoutra? Cela me fatigue trop, répondit-il; pourquoi ne faisaitr-il pas comme le père de Samuel et Lévi ? Je n'ai pas vu , dit-il , que des rabbins plus anciens que moi agissent ainsi.

8 (7). R. Ëlazar ben-Azaria dit : La prière supplémentaire (des samedis et fêtes) ne se dit que dans les réunions (de dix personnes au moins). Selon les Rabanan, on la dit soit en public, soit en particulier. R. Yehouda, au nom de R. Ëlazar, dit : Partout où il y a une

• Voirtr. Sonccn, fol. .3;' pI, 38".

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