CHAPITRE V
de ces conditions, mais après i'ëtude. C'est que les premiers prophètes avaient eu également soin de terminer leurs sentences par des louanges à Dieu et des paroles consolantes. Aussi Mard, petit-fils de R. Houna, fils de R. Jérémie bar- Aba, enseigna qu'on ne doit quitter son prochain qu'après une règle d'étude; car en se communiquant une règle légale, on ne s'oublie pas, comme lors du fait suivant^ : R. Cahana accompagna R. Simi bar-Asché depuis l'embouchure du fleuve (sans doute l'Euphrate), jusqu'à KD^^S ^3 (palmiers de Rabylone). En arrivant là, il dit à son compagnon : Est-ce vrai ce qu'on dit, que ces palmiers datent du temps d'Adam? Je me souviens seulement, lui répondit-il, de ce qu'a dit R. Yossé bar-Hanina : S'il est écrit (Jérémie, ii, 6): Dans un pays où nul homme n'a passé et que personne n'a habité, ce n'est pas un pléonasme; la fin du verset veut dire que la terre habitable a été déterminée comme telle par Adam le premier homme ^. R. Mardochée accompagna R. Simi bar-Asché depuis Hagronia (Agranum^) jusqu'à Re-Kiphi, ou, s^lon d'autres, jusqu'à Re-Doura. Les rabbins ont enseigné qu'en priant on doit avoir l'attention fixée sur Dieu. On en trouve l'application , dit Aba-Schaoul, en ces mots (Psaume x , 17): Lorsque ton cœur sera préparé, tu leur prêteras V oreille, R. Juda a enseigné quel était l'usage de R. Akiba : Lorsqu'il priait en public, il se hâtait d'achever, pour ne pas faire attendre l'assemblée; mais lorsqu'il était seul, il allongeait l'office, au point que, lorsqu'on l'avait quitté dans un coin on le retrouvait dans un autre, par les mouvements qu'il se donnait dans les génuflexions. On doit toujours prier, dit R. Hiya bar-Aba, dans une pièce où il y a des fenêtres, comme il est dit (Daniel, vi, 11):// avait ouvert les fenêtres, etc. Pour que Ton sache bien qu'il est inutile de prier toute la journée, Daniel a dit explicite^ nïeni{ibid.) : Trois fois par jour, etc. Pour que l'on ne croie pas qu'il commença seulement dans la captivité, il dit : Comme il V avait déjà fait auparavant. Pour que l'on sache qu'il faut se tourner vers un seul côté, il est dit : Vers Jérusalem, Il est indiqué que les trois prières peuvent être résumées en une fois, par ces mots de David (Psaume lv, 18) : Soir, matin et midi. On sait, par la conduite de Hana, qu'il ne faut pas élever la voix pendant la prière : On n'entendait pas sa voix (I Samuel, 1, 1 3). On ne doit pas commencer par demander ses besoins avant de prier, comme l'apprend Salomon (I Rois, viii, 38) : Écouter les cantiques et les invocations; or, le premier terme correspond à la louange, le second à la prière^ ou à l'expression des vœux de l'homme. On ne doit pas les intercaler après la bénédiction postérieure du schéma*; mais on peut les dire après les trois premières sections de la prière ^amida^ fût-ce le rituel de con-
' Tr. Eroubin, fol. 6li^;Sota, foi.&6\ avait prédit quun jour on planterait des ' C'est-à-dire, selon Raschi , ce pro- palmes dans cet endroit. — ' Nenbauer, verbe signifie seiilemont qu'Adam <léjà Géographie du Talmud, p. 3/17.
fessioii du jour du grand pardon. On a enseigne de même que R. Hiya baiv Aschë dit, au nom de Rab ^ que malgré Thabitude d'exprimer ses vœux dans la quinzième section, on peut encore les ajouter à la fin, fût-ce même à la suite de l'office du jour de Kippour (grand pardon). R. Hamnona dit : On peut déduire de la conduite deHanna plusieurs règles importantes :£fanna|Hiriat^ en son ccBiuTy c'est-à-dire qu il faut y appliquer l'attention ; ses lèvres seules s'agitaient ^ c'est qu'il faut prononcer nettement ce qu'on dit; on n'entendait pas sa voix y c'est qu'on ne doit pas crier; Eli la crut ivre, c'est qu'il est interdit de prier en état d'ivresse^.
F. 3i\ De ces mots : Jusqu'à quand agiras-tu comme une ivre {ibid.)^ R. Eléazar conclut qu'on doit réprimander un compagnon blâmable^. Hanna répondit et dit :Non mon maître y c'est-à-dire, selon Oula ou selon R. José bar-R. Hanina, elle lui dit ': Tu n'es pas le maître en ce sujet, et l'esprit saint ne repose pas sur toi; sans quoi tu ne m'eusses pas soupçonnée à tort. Selon d'autres : Tu n'es pas un maître près duquel réside la Providence ou l'esprit saint, car tu m'as jugée en mal et non en bien. Ne sais-tu pas que je suis une femme à Tâme oppressée^ et que je n'ai bu ni vin ^ ni boisson forte f Cela prouve, dit R. Éléazar, que si Ton est soupçonné à tort on doit le faire savoir. Ne prends pas ta servante pour lafMe £un impie; donc, dit R. Éliézer, celui qui serait ivre en priant ressemblerait à l'idolâtre, par analogie de ce verset avec cet autre : Des gens impies sont sortis de ton sein (Deutéronome, xin, i/i), où il s'agit de part et d'autre d'idolâtrie. EU répondit : Va en paix; cela prouve, dit R. Eiiézer, que si l'on a soupçonné son prochain à tort, on doit s'excuser auprès de lui, et, de plus, le bénir, comme il est dit : Le Dieu d^Israel exaucera ta prière. Puis : EUe forma un vœu et dit : Dieu Sebaoth. Depuis le jour, dit R. Éléazar, où Dieu eut créé le monde, personne ne l'avait invoqué par ce nom, jusqu'à ce que Hanna vint et l'appela Se-baoth (désarmées)^. Maître de l'univers, dit-elle, comme tu as créé dans cet univers des myriades d'armées , peut-il être difficile pour toi de me donner un seul fils? Cela ressemble à ce fait survenu à un roi humain, qui donnait un festin à ses serviteurs : un pauvre arrive, se place à la porte et demande un morceau de pain; on ne fait pas( attention à lui: il presse et pénètre jusqu'au roi, en disant : Si tu donnes un grand dîner, te sera-t-il difficile de m'en donner un morceau? Lorsque tu verras^ etc. disait-elle. Voici, selon R. Éliézer, ce
^ Tr. Aboda Zara , fol. 8\ à la douce mère de Samuel une pensée
* Tr. Eroubin, fol. 64'. guerrière; le ^Dieu des armées d est pris
' Tr. Erackin, fol. 16''. ici, dtins le sens de roi de la Création,
^ Il est bien entendu que, par cette ainsi que partout dans la Bible, et il se-
expression niN3S 'n , Hanna invoquait le rait puéril de lui rattacher quelque autre
Dieu des armées célestes, le maître de idée soldatesque, comme on Ta prétenda
Tunivers, et qu il ne faudrait pas attribuer parfois h tort dans les temps modernes.