CHAPITRE V
nel : Maître de l'univers, ce que lu m'as ordonné de dire en ton nom, savoir : trVaet dis à Israël en mon nom,?» je le leur ai dit en ton nom; mais maintenant que dois-je faire? N'ett-ce pa$ dans k pouvoir de P Etemel (Nombres, xiv, 16)? Sa puissance serait-elle limitée? En d'autres termes, selon R. Élëazar Moïse dit à TEtemel : Maitre de l'univers, laisseras-tu dire aux nations qu'il a faibli comme une femme et qu'il ne peut plus sauver Israël ? — L'Éternel répondit à Moïse : N'ont-elles pas vu les miracles et les merveilles que j'ai ac^ complis pour Israël sur la mer Rouge? — Maître, répondit-il, on pourrait encore dire qu'il a su résister à un roi, et non à trerrteetun. Comment sait-on, demanda R. Yochanan, que l'Éternel a admis comme vrai ce que Moïse avait dit? C'est qu'il est écrit {ibid. 20) : U Etemel dit : f ai pardonné selon ta parole. De ce terme, dit R. Ismaêl, on peut conclure que les nations du monde diront un jour : Heureux le disciple dont le maitre admet l'avis. Ne suis-je pas vivant {ibid, ) ? est-il dit ; cela signiGe , dit Raba , au nom de R. Isaac , que l'Éternel dit pour ainsi dire à Moïse : Tu m'as fait revivre par tes paroles. R. Samlaï enseigna ceci : On doit toujours exposer les louanges du Très-Saint, avant de se mettre à prier, d'après la conduite de Moïse qui dit (Deutéronome, ni, 23): Tinvoquai TEtemel en ce temps-là^ et il dit aussitôt : Etemel, mon Dieu, tu as commencé à montrer à Um serviteur ta grandeur et ta main puissante; U n^ est pas de Dieu au ciel ni sur terre qui puisse égalei' tes œuvres et tes merveilles. Puis seulement il est dit : Laisse-mm donc passer, que je voie ce bon pays, etc.
Sommaires * : Œuvres , bienfaisance , sacrifice, sacerdote , jeûne , verrou , fer 2. 1** R. Éléazar dit : La prière est supérieure aux bonnes œuvres, car personne F. 3*i\ n'en a accompli de plus grandes que notre maitre Moïse, et pourtant ses vœux n'ont été exaucés que par la prière, comme il est dit : Ne continue plus à intercéder auprès de mot (Deutéronome, in , 26 ). Puis : Monte au haut de la col- Une (ibid). 2'' Le même rabbin dit : Le jeûne est plus important que la bienfaisance, car l'un est une privation pour le corps et l'autre seulement pour la bourse. S"* Il dit aussi : La prière est supérieure aux sacrifices, comme il est dit: A quoi bon vos nombreux sacrifices (Isaïe, i, 11). Puis: £n étendant vos wnains^ {ibid. i5). &** Tout sacerdote, dit R. Yochanan, qui a tué une àme ne devra pas lever les mains (pour bénir le peuple), comme il est dit : Vos mains sent pleines de sang {ibid.). 5^ R. Eléazar dit encore ^ : Le jour où le temple de Jérusalem a été détruit, les portes de la prière (au ciel) ont été closes, comme il est
' Littéralement: signe, c'est-à-dire former un sujet d'explication; ils sont
mémorial ou signe mnémonique ; un ou réunis dans un but de mnëmotechnie. plusieurs mots composés renfermaient les ' S'il est question encore de la prière,
initiales de plusieurs sentences, qu'il fallait après les sacrifices, c*est qu'elle a plus
retenir par cœur, puis développer. d'importance.
* Chacun de ces termes va maintenant * Tr. Bnha Mcisia , fol. SgV
35G TRAITE DES BERAKHOTH.
dit : Tai beau crier et rimplorer, il reste sourd à maprière (Lameu talions, iu,8) ; mais quoiqu'elles aient été closes , celles des larmes ne Tout pas été, puisqu'il est dit : Ecoute ma prière, ô Etemel, prête Foreitte à ma plainte, ne reste pas sourd âmes larmes (Psaume xxxix, i3). Raba n imposait pas de jeâne uu jour de nuages, parce qu'il craignait la réalisation de ces mots : Tu t'es enveloppé dans tes nuages pour laisser passer la prière (Lamentations, m, &&). G"" 11 dit enCn : Le jour de la destruction du temple de Jérusalem, une muraille de fera sépare Israël de leur père aux cieux, comme il est dit (Ézéchiel, iv, 3) : Prends une porte de fer et place-la comme un mur de fer entre toi et la ville.
R. Hanin dit, au nom de R. Hanina^ :Si Ton prolonge sa prière, elle ne restera pas sans effet. On le voit d'après Moïse, qui dit : Tiiwoquai FEternel (Deutéronome, ix, s6); puis il est dit : L'Eternel m'exauça encore cette fois. Mais R. Hiya bar-Aba n'a-t-il pas dit, au nom de R. Yochanan. que par suite de la prolongation de la prière et des méditations, on peut se rendre malade, comme il est dit : L espérance trop prolongée rend le cœur malade (Proverbes, xiii, 12)? Qu y faire? faut-il s'occuper de la Loi dont il est dit : Larbre de la vie est V espoir qui se réalise , et cet arbre de la vie n'est autre que la Loi , comme il est dit : Cest un arbre de vie pour ceux qui la maintiennent {ibid. m, 18)? (N'y a-t-il pas contradiction entre ces deux avis divers?) Non, il n'en résulte de malaise que si la prolongation est accompagnée de la méditation (qui absorbe l'esprit). R. Hama bar-Hanina dit : Si l'on voit que la prière n'a pas été exaucée, il faut la recommencer, comme il est dit (Psaume xxvii, lU) : Espère en Dieu, prends courage et fortifie ton coeur et espère encore en Dieu. Les rabbins ont enseigné que, pour quatre sujets, il faut se fortifier, savoir: pour la Loi, les bonnes œuvres, la prière et l'usage. Pour les deux premiers, on le voit par ce verset (Josué, i, 7) : Prends seulement courage et fortifie-toi bien dans V observance de cette Ijn, c'està-dire encourage-toi par l'étude et fortifie-toi par les bonnes œuvres. On le sait pour la prière par le verset précité : Espère en Dieu, etc. et pour les bons usages, par celui-ci (Il Samuel , x, 12): Sois vaillant et combattons vaUlamment pour notre peuple , etc.
Sion dit : U Etemel m'a abandonnée, il m'a oubliée (Isaïe, xlix, tk); ces deux expressions ne sont-elles pas identiques? L'assemblée d'Israël , selon Resch Lakisch, a dit devant le Très-Saint : Maitre de l'univers, lorsqu'on épouse une femme en secondes noces, on se souvient des actions de la première; mais toi lu nous abandonnes et (en outre) tu nous oublies. — Ma fille, répondit-il, j'ai créé au ciel douze planètes, j'ai pourvu chacune d'elles de trente armées, composées chacune de trente légions; chaque légion est régie par trente chefs, chacun d'eux a au-dessous de lui trente commandants, et chacun de ceux-ci a
* Plus loin, fol. 55'.