CHAPITRE V
trente campemeuts où se trouvent disposées 365, ooo myriades d'étoiles correspondant au nombre de jours de l'année solaire; tout cela n'a été créé que pour toi, et lu prétends que je t'oublie et que je t'abandonne. Une femme oublie-t-^lle «on nottrriMon (Isaïc, xLix, i5). Or (en traduisant diiïéremment ce dernier mol, nhv:) l'Éternel dit: Puis-je oublier les holocaustes^ des béliers et des premiersnés que tu m'as offerts dans le désert? — S'il en est ainsi, répondit Israël, puisque rien ne s'oublie devant le trône de la gloire, n'oublieras-tu pas l'affaire du veau d'or? — Celles-ci aussi seront oubliées {ibid.), répondit Dieu. — Maître de l'univers, répliqua Israël, s'il en est ainsi, oublieras -tu la révélation sur le Sinaï ? — Non , répondit-il, mais toi je ne f oublierai pas (ibid,). C'est ainsi, en effet, que R. Éléazar interprétait ce verset au nom de R. Oschia : Les mots elles seront oubliées se rapportent au veau d'or, et l'expression mais je ne t^ oublierai pas est dite au sujet de la révélation sur le mont Sinaï.
ff Les gens pieux d'autrefois attendaient une heure, -n
Comment le sait-on? D'après ce verset, répondit R. Josué ben-Lévi : Heureux ceux qui habitent^ ta mais^M (Psaume lxxxiv, 5). Ce rabbin dit encore qu'il est bon de séjourner aussi au temple une heure après la prière, selon ces mots (Psaume cxl, tk) : Les justes seuls rendent grâce à ton nom; les gens droits restent (séjournent) devant ta face. Les rabbins enseignent : Les premiers hommes pieux s'asseyaient une heure au temple, priaient une heure, puis passaient encore une heure au temple. Mais s'ils passaient (pour les trois prières) neuf heures par jour, comment pouvaient-ils observer la Loi et vaquer à leurs travaux? CoiQme ce sont des gens pieux, leur loi est cependant observée et leur travail béni.
ffSi même le roi s'informe de votive santé, ii ne faut pas lui répondre (au milieu de la prière). ?;
Ce n'est vrai, répondit R. Joseph, que pour les rois d'Israël: mais pour les rois des nations étrangères (qui ignorent cet usage), il convient de s'interrompre (pour ne pas courir de danger). On objecta l'enseignement suivant : Si en priant on voit arriver un âne ou un chariot, on ne doit pas s'interrompre, mais abréger les sections, afin de pouvoir se déplacer. (N'est-ce pas en contradiction avec R. Joseph qui autorise l'interruption?) Non; c'est qu'en ce
* Le mot n'?;y signifie tantôt wour- * Littéralement : qui sont assis, en
risson, tantôt holocauste, selon qu'il est ntlendanl qu'ils se lèvent pour prier, ponctué ^ ou *i.
cas il est possible d'abréger au lieu de s'interrompre ; au cas contraire, on s'interrompt. Les rabbins ont enseigné ceci : Comme un homme pieux priait en roule, il ne rendit pas le salut à un prince qui l'avait salué et qui, ayant attendu la fin de la prière, lui dit : Homme léger, n'esl-il pas écrit dans ta Loi (Deutéronome, iv, 9 ) : Garde-toi et préserve ton âme , et {U>id. 1 5) : Préservez tien votre âme? Pourquoi ne m'as-tu pas rendu le salut que je t'ai donné? Si je t'avais coupé la tête , qui m'aurait réclamé ce sang versé? — Calme-toi» répondit le rabbin par cette comparaison : Si tu te trouvais devant un roi humain, et que ton compagnon vint te saluer, lui répliquerais -tu? — Non, dit-il. F. 33*. — Et si tu y avais égard , que te ferait-on? — On me couperait la tête. — Tu comprends maintenant que si tu agis ainsi pour un roi qui peut mourir demain, à plus forte raison devais-je me conduire de même devant le roi des rois, le Très-Saint béni soit-il qui subsiste éternellement et à tout jamais. Le
prince fut aussitôt calmé, et l'homme pieux se rendit en paix chez lui.
crY eût-il un serpent enroulé autour de son talon, on ne s'interrompt pas. rf
Ce n'est vrai, dit R. Schescheth, que pour le serpent (peu dangereux); mais pour le scorpion on s'interrompt. On objecta cet enseignement^ : Si l'on est tombé dans une fosse aux lions , cela ne suffit pas pour constater la mort^ ; si Ton est tombé dans une fosse pleine de serpents et de scorpions, on passe pour mort (comment se fait-il que là les serpents soient également dangereux)? C'est que, par le contact de la chute les serpents blessent aussi. On s'interrompt, dit R. Isaac, à la vue des taureaux (par crainte des dangers); car, dit R. Osohia? on s'éloigne à cinquante coudées du taureau innocent (qui n'a frappé personne) et à perte de vue de celui qui est reconnu pour dangereux. On ensei- ' gna au nom de R. Mcir que, si la tête du bœuf est plongée dans une corbeille^, le danger est tel qu'il faut monter au grenier et rejeter ensuite l'échelle. Toutefois, dit Samuel, ce n'est applicable qu'au taureau noir et dans le mois de uissan , car alors il a le diable aux cornes. Les rabbins ont enseigné ceci : Comme il y avait dans un endroit une hydre qui blessait les passants, on en fit part à R. Hanina ben-Dosa. Montrez-moi son repaire, dit-il. On le lui fit voir et il y mit le talon. L'hydre s'approcha, le mordit et en creva. Il l'emporta alors à
' Tr. Yebamélh, fol. iqi'. ^ Lorsqu'un bœuf devenait dangereux,
' On sait que les lions sunt dangereux on lui attachait aux cornes une espèce de
seulement lorsqu'ils ont faim ; il est donc corbeille qui servait soit à amortir le choc ,
possible de séjourner parfois auprès d'eux soit à avertir les passants de se tenir snr
sans être dévoré. leurs gardes à son opproche.