‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 171 sur 266 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

inutilement? N'est-ce pas interdit par Rab ou Resch Lakisch, ou encore R. Yochanan et Resch Lakisch ensemble, en vertu du commandement (Exode, xx, 7) : }tt ne prononceras pas en vain le nom de Dieu? Il faut donc dire qu'au contraire on est digne de bénédictions si, après avoir dit une fois la formule, on ne la répète pas. R. Hisda demanda à R. Schescheth : Si Ton a oublié deux fois, que faut-il faire? Il faut reprendre le tout à partir du commencement, F. sa"*, répondit-il. Quelle est la règle, demanda Rebina à Raba? C'est comparable à la sanctification, répondit-il ; de même qu'on la répète sur le vin après Tavoir dite dans la prière, il en est de même pour la séparation.

ff Selon R. Eliézer, on la dit dans l'actipn de grâce. i^

R. Zeira montait un âne et R. Hiya bar-Aba le suivait pour causer d'études. Est-ce vrai, lui demanda-t-il, ceque tuas dit au nom de R. Yochanan, quel'avis de R. Eliézer sert de régie pour un jour de fêle qui suit le samedi? Oui, dit-il, c'est la règle. Il résulte de cette réponse qu'ils diffèrent d'avis (sans quoi il serait inutile de fixer la règle). Mais les avis sont-ils donc unanimes? Les rabbins ne sont-ils pas d'un autre avis? Non ; d'eux l'on peut dire : Que s'ils ont une autre opinion à Tégard des jours ordinaires de la semaine, ils ne diffèrent pas pour la fête qui est au lendemain du samedi. Mais R. Akiba n'exprime-til pas ^ un autre avis (que R. Eliézer)? Or, suivons-nous toute l'année l'avis de R. Akiba (qui prescrit d'en faire une quatrième section spéciale), pour qu'il y ait lieu de l'adopter en ce dernier cas (de la fête au lendemain du samedi)? Si on ne l'admet pas toute l'année, pour ne pas augmenter le nombre des sections de dix-huit en dix-neuf, il n y a pas lieu d'élever de sept à huit le chiffre des sections le soir de la fête. — Aussi , répondit-il , on ne dit pas que l'avis de R. Eliézer serve de règle (puisqu'il y a divergence), mais qu'on penche à le suivre. C'est ce qu'on a enseigné ailleurs. Selon R. Isaac bar-Abdimi, au nom de notre maître, l'avis sert de règle; selon d'autres, on penche à le suivre. Selon R. Yochanan, les rabbins, reconnaissent l'avis deR. Eliézer (pour la fête au lendemain du sam^^di), et selon R. Hiya bar-Aba, on laisse faire en ce cas le fidèle comme il l'entend (sans l'y autoriser en principe). Ce dernier avis, dit R. Zeira, mérite de prédominer; car R. Hiya écoutait attentivement l'avis exprimé par la bouche de nos maîtres, comme Rachaba de Poumbeditha, qui dit au nom de R. Juda ^ : La montagne sainte (du temple) formait deux galeries^, placées l'une dans

' Tr. Eraubin, fol. 66^ Fidée de galerie ou de portique, au lieu

* Tr. Pesahitn, fol. iS'^el 5a^ du terme NUDD^X, plus approprié au lan-

^ Ce rabbin montrait qu il savait fidèle- gage usuel et è lorthographe chaldaïque

ment les expressions de son maître, puis- du Taimnd.

qu'il emploie le mot VIDD pour exprimer

Tautre (c est le ternie inéme employé par R. Juda , ce qui prouve en faveur de sa grande mémoire). R. Joseph dit : Je ne connais aucune de ces distinctions, mais par Rab et Samuel j'ai appris ia formule suivante (pour le cas où il y a une fête au lendemain du samedi) qui a éié établie comme une perle à Babylone^ : (T Tu nous as révélé, Éternel notre Dieu, les lois de ta justice, et tu nous as appris à exécuter tes volontés; tu nous a gratifiés de jours consacrés à la joie, aux sacrifices volontaires ; tu nous a léguc^ la sainteté du samedi, Thonneur des fêtes et la gravité des jours solennels. Tu as distingué la sainteté du sabbat de celle des autres fêtes, le septième jour de la semaine des six autres jours ouvrables; ainsi tu as distingué Ion peuple Israël, et tu Tas sanctifié par ta sainteté. ^^ Puis on disait : « Donne-nous, etcrf

8. Ou fait taire rofficiaut s'il ajoute (dans ramida) ces mois : çr ta miséricorde s'étend aux nids des oiseaux ;n ou : (r que ton nom soit rappelé pour le bien que tu nous fais;^^ ou celui qui dit deux fois le mot grâce (i 8* section de Y'amida).

On comprend que Ton fasse taire celui qui dit deux fois le moi grâce j parce qu il semble s adresser à deux autorités (comme s'il y avait deux dieux), et Ton comprend aussi la défense de dire : «r Que ton nom soit rappelé pour le bieu,^ parce qu'on paraîtrait ne pas vouloir bénir Dieu également pour le mal; or il est dit qu'il faut aussi bien bénir pour le mal que pour le bien : mais pourquoi ne peut-on dire : t^Ta miséricorde s'étend aux nids des oiseaux ?« Deux amoraïm d'Occident expriment à ce sujet des avis différents : l'un, R. Yossébar-Abin, dit qu'on pourrait exciter par là la jalousie entre les créatures (en disant que Dieu a pitié des unes et non des autres); selon l'autre, R. Yossé bar-Zebida, on semblerait rapporter à sa générosité les préceptes de Dieu, tandis que ce sont des ordres non motivés (qu'Israël est tenu d'observer).

Quelqu'un se mit a prier devant Rabba et dit : Comme tu as eu pitié des nids d'oiseaux , aie pitié de nous et protége-nous. Oh I dit Rabba , comme ce rabbin distingué sait plaire à son maître par son langage I Mais, lui dit Abayé, u'est-il pas prescrit, au contraire, de faire taire celui qui s'exprime ainsi? En effet, Rabba (en s'exprimant ainsi) a voulu seulement éprouver Abayé (il voulait savoir si Abayé n'avait pas oublié la Mischnâ). Quelqu'un se mil à prier devant R. Hanina et dit : Dieu grand, fort, redoutable, puissant, majestueux,

^ A ce propos, un de nos amis nous de cette phrase est traduite ainsi : f^Ceux

communique ia traduction de ce passage de Raganitha («te), ville de Babel, nous

par Chiarini ( travail aussi nul qu'inconnu , ont établis , elc. n Cet exemple d'ignorance

écritdansunbutdedénigration,quenous complète du langage lalmudiqne peut

n'avions pas eu occasion de voir) ; la fin donner une idée de tout le n^te.

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