‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 172 sur 266 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

inspirant la crainte, courageux, vaillant, sincère et honore! R. Hauina attendit quil eût achève cette ënumëration, puis lui dit: As4u cessé d'exprimer toutes les louanges de ton maître? A quoi bon toutes ces qualifications? Nous ne nous permettrions pas même les trois premières si , après avoir été dites par Moïse notre maitre, dans la Loi, les membres de la grande synagogue ne les eussent introduites dans la prière . Cela ne ressemble-t-ii pas à celui qui vanterait l'argent d'un roi qui posséderait des milliers de pièces d'or? Ne serait-ce pas une dérision ?

R. Hanina dit encore^ : Tout dépend du ciel, sauf la crainte de Dieu, comme il est dit : Maintenant Israël , que te demande F Etemel ton Dieu? de le craindre seulement (Deutéronome, x, is). Mais la crainte de Dieu est-elle peu de chose? R. Hanina n'a-t-il pas dit, au nom de R. Simon ben-Yochaï, que Dieu réserve seulement parmi ses trésors celui de la crainte divine , selon ce verset (Isaîe, xxxiii,fi) : La crainte de Dieu est son trésor? C'est vrai, et pour Moïse seul c'était peu de chose; c'est que, dit R. Hanina, cela ressemble à un homme auquel on demanderait un grand vase, et s'il le possède, ce vase lui semble petit; mais si on lui demande un vase qu'il n'a pas, fût-il petit, il lui semblera grand.

ff On fait taire celui qui dit deux fois le mot gi^dce.-n

Selon R. Zeira, il en est de même de celui qui dit deux fois le mot schéma^ (écoute). Mais,objecte-t-on, celui qui, après avoir lu le schéma', le répète une seconde fois, commet un acte de dérision; pourquoi ne pas l'interrompre? Ces deux points, répondii-on, ne se ressemblent pas : la répétition des mots ne peut contenir que des moqueries non dangereuses, tandis que la répétition des versets semblerait s'adresser à deux divinités (on le fait donc taire). Mais, demanda R. Papa à Abayé, ne se peut-il pas qu'il répète le verset parce qu'il n'y a pas appliqué son attention la première fois (sans qu'il soit répréhensible)? On F. w. ne saurait, répondit-il, se conduire vis-à-vis de Dieu comme vis-à-vis des hommes; celui qui ne s'y est pas appliqué dès le principe, en disant le schema\ mérite d'être battu sur l'enclume jusqu'à ce qu'il s'y applique mieux.

à (3). Si rofficiant se trompe, un autre le remplace, sans cérémonie. Où le remplaçant doit-il recommencer roffice? Au commencement de la section où Tofficiant s'est trompé.

5 (4). L'oOiciant ne doit pas répondre amen après la bénédiction

' Tr. AiWf/fl. fol. i6';lr. Meghilid, fol. qS'.

des sacerdotes, pour qu'il ne soit pas induit en erreur. S'il n'y a pas d'autre cohen qlie lui, il ne doit pas prononcer la formule de bénédiction. S'il est certain de pouvoir la prononcer sans se troubler et de continuer aussi la prière, il lui est loisible de le faire.

Les rnbbins ont enseigné : Lorsqu'on passe devant l\.rche sainte, on doit commencer par décliner Thonneur» sans quoi l'office ressemble à un mets sans sel; si Ton résiste trop, ce serait un mets trop salé; comment faire alors? A la première invitation, on refuse; à la seconde, on hésite; à la troisième, on se lève et Ton y va. Les rabbins ont enseigné * : Il est trois choses dont Texcès est nuisible, s'il y en a trop ou trop peu; ce sont : la levure, le sel et le refus (d'accepter une offre ou un honneur).

K. Houna dit : Si l'on s'est trompé dans les trois premières sections, on recommence tout; si c'est au milieu, on reprend à la quatriènic; si c'est aux trois dernières, on reprend à la section du culte (seizième); selon R. Assé, il n'y a pas d'ordre pour celle du milieu^. Mais alors, demanda R. Schescheth, où reprend-on? Il ny a qu'à reprendre la section qui a été mal dite. C'est contraire à l'avis de R. Houna, selon lequel toutes celles du milieu ne forment qu'une seule section. R. Juda dit : On ne doit jamais solliciter ses besoins personnels, ni dans les trois premières, ni dans les trois dernières sections, mais dans celles du milieu; car, dit R. Hanina, dans les premières on expose les louanges du maître, dans celles du milieu on lui demande la récompense, et dans les dernières on l'en remeitie et l'on prend congé de lui. Il arriva à un disciple, disent les rabbins, ques'étant rendu devant l'arche sainte en présence de R. Éliézer, il allongeait beaucoup l'oflice'. Mailre, lui dirent ses disciples, comme il est long! Il ne le prolonge pas plus, répondît-il, que notre maître Moïse, duquel il est dit (Deutcronome, ix, a 5) : Quarante jours et quarante nuiit il pria j etc. On raconte encore d'un autre disciple qu'ayant officié en présence de R. Eliézer, il abrégea par trop. Comme il est bref! dirent de lui ses condisciples. Il n'est pas plus bref, répondit R. Eliézer, que Moïse dans celte courte prière (Nombres, xu, i3) : Dieu guéris-la donc. R. Jacob dit, au nom de R. Hisda : Si l'on implore la miséricorde divine pour son prochain, il n'est pas nécessaire de mentionner son nom , puisque dans la prière précitée de Moïse ne se trouve pas le nom de Miriam (en faveur de laquelle cette prière avait été dite).

Les rabbins ont enseigné quelles sont les prières pour lesquelles il convient de

* Tr. Gmttin, fol. 70'. seulement la section où l'erreur a eu lieu.

^ C'est-à-dire : l'ordre des seclions * Commentaire MekilUi sur TExode,

n'est pas absolu ; il suflil donc de rt^péler 8ection Heschaiah.

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