‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 173 sur 266 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

se courber : A la première et à celle de Taction de grâce (avant-dernière) , au commencement et à la fin; mais à celuiqui se courberait au commencement et à la fin de chacune des sections, il faut apprendre que cela ne se fait pas\ R. Simon ben-Pazi ou R. Josué ben-Lëvi dit, au nom de Rar-Kapara, que c'est la coutume du simple Israélite, mais que le sacerdote s'incline à la fin de chaque section^, f. 3/i' et le roi au commencement ainsi qu'à la fin de chacune d'elles. Je m'explique bien, dit R. Isaac bar-Nahmeni , les distinctions établies par R. Josué ben-Lévi entre l'Israélite, le sacerdote et le roi; ce dernier, une fois courbé, ne doit se redresser qu'à la fin, comme il est dit (I Rois, vni, 5/i) : Lorsque Sahmon eut cessé i adresser à F Etemel toute cette prière et suppltcation , il se leva de devant F autel du Seigneur, où il avait été agenouillé.

Les rabbins ont enseigné que la racine kid signifie se jeter la face à terre ^, comme il est dit : Bethsabée s'étendit (ipn) à terre {ibid. i, 3i); le terme kara indique l'agenouillement, comme il est dit au verset précité; le prosternement indique l'extension des bras et des pieds, selon ce verset (Genèse, xxxvii, lo) : Viendrons-nous, moi, ta mère et tes frères, nous prosterner devant toi à terre {en nous étendant)? R. Hiya, fils de R. Houna, dit : Il n'y a qu'à suivre l'exemple donné par Abayé et Raba pendant la prière (ils ne s'étendaient pas en tombant sur la face). Comment se fait-il que l'un approuve celui qui courbe le genou pour l'action de grâce, et que l'autre ne l'approuve pas? C'est que l'un parie du commencement et l'autre de la fin. Raba s'agenouillait au commencement et à la fin de l'action de grâce. Pourquoi, lui demandèrent les rabbins, agis -tu ainsi? J'ai vu, répondit-il, que R. Nahman et R. Schescheth agissaient de même. Mais n'a-t-on pas dit qu'on est répréhensible en s'agenouillant pour l'action de grâce? Cela ne s'applique qu'à la récitation du jE/o/Ze/ (Psaume cxui). Mais ne dit-on pas qu'on est également répréhensible pour toute autre action de grâce (y compris le fla/W)? Non, il s'agit là de celle du repas.

6 (5). Si l'on se trompe en priant, c'est un mauvais présage; si c'est un ministre officiant, c'est un mauvais signe pour ceux qu'il représente, car l'envoyé d'un homme est comme lui-même. On raconte que lorsque R. Hauina ben-Dosa priait Dieu pour les malades, il disait de suite : Tel mourra, tel vivra. Comment, lui disaiton, sais-tu cela? C'est que, répondait-il, si je dis ma prière couram-

' Celui qui renchérit sur les ordon- de Dieu, ils doivent se courber plus que

nances des rabbins, ainsi qu'il a été dit les autres fidèles, plus haut, passe pour orgueilleux. ^ Tr. MeghiUâ, î.-i^^\ tr. Schebouoth,

' En leur quiilité de serviteurs dirocfs fol. i C'.

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ment, je sais quelle est agréée; au cas contraire, je suis troublé et mon vœu est par conséquent rejeté.

A quelle prière s'applique l'avis de ia Misclmà? A la première section de ï"amida, répond R. Hiya ou R. Saphra, au nom d'un élève de Rabbi. D'autres rapportent ce qu'il a dit à l'enseignement suivant : Celui qui prie , est-il dit, doit s'appliquera toutes les sections; s'il ne le peut pas, il doit s'appliquer au moins pour l'une d'elles, savoirj la première , comme le dit R. Hiya ou R. Sophra, au nom d'un élève de Rabbi.

frOn raconte de R. Hanina, etc.T

Comment le sait-on? C'est que, ditR. Josué ben-Lévi , il est écrit (Isaïe, lvh, 1 9) : Sila parole des lèvres est forte (comme celle du Créateur), il y aura la paix; paix de près et de loin, dit T Etemel , et je le guérirai. R. Hiyabar-Aba dit, au nom de R. Yochanan^ : Tous les prophètes n ont énoncé leurs prédictions (soit en faveur de l'avenir, soit pour consoler du passé) qu'eu égard à celui qui donne sa fille en mariage a un étudiant de la Loi , ou à celui qui se livre au commerce, pour le savant, ou à celui qui nourrit les savants de ses biens; quant aux savants eux-mêmes, il est dit d'eux (Isaîe, lxit, 3) : Nul œil iCa jamais vu ce que Dieu y et nul autre que lui, fait pour celui qui espère en lui^. Le même rabbin dit aussi : Tous les prophètes n'ont fait leurs prédictions qu'en vue du règne messianique, mais non de ia vie à venir, selon ces mêmes mots : Nul ne Fa vu (l'avenir) en dehors de toi, Etemel. Ceci contredit l'avis de Samuel, qui dit': La vie actuelle ne diffère du règne messianique que par la soumission aux rois (désormais supprimée), comme il est dit : Le pauvre ne cessera d^être au milieu delà terre (Deutéronome, xvi, 1 1).

Il dit encore : Les prophètes n'ont énoncé leurs prédictions qu'en "faveur des hommes repentants; quant aux justes parfaits, il est dit d'eux : Nul oeil ne Fa vu en dehors de toi. Eternel. C'est contraire à l'avis de R. Abahou, qui dit: Là où se tiennent les hommes repentants, ce n'est pas ia place des justes, comme il est dit : Paix de loin et de près, d'abord à ceux qui ont été éloignés (et qui maintenant le regrettent), ensuite à ceux qui sont proches. R. Yochanan interprète ce verset différemment : On entend par loin celui qui a toujours été éloigné du mal, et par près celui qui s'en était approché et s'en est écarté plus tard. A quoi s'applique alors le verset précité? Au vin spécial, dit R. Josué ben-Lévi,

' Tr. Sijnhédnn, fol. 99'. ' ' Tr. Schabbath, fol. 63' et i5iN tr.

* C'est un détail qui n'a pas même été Pesahim, fol. 68'. révélé aux prophètes.

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