CHAPITRE V
conserve dans les grains de raisin depuis la création du monde. Selon Samuel bar-Nahmeni, cela s'applique à TÉden du paradis terrestre, dans lequel nul œil humain n'a pénétre; ce n est pas à dire qu'Adam, ayant été dans le jardin, a vu rÉden; car ces deux choses sont distinctes, comme il résulte de ce verset (Genèse, ii, lo) : Unjleuve sortait de rtden pour arroser k jardin.
Les rabbins ont enseigné ceci : Lorsqu'il arriva au fils de R. Gamaliel de tomber malade , son père envoya deux savants auprès de R. Hanina ben-Dossa pour qu'il implorât la miséricorde divine. A leur arrivée, le rabbi monta en haut de la maison et se mit à prier. En descendant il leur dit: Allez, la fièvre l'a quitté. Es-tu prophète, lui demandèrent-ils, pour que tu le saches? Non, répondit-il ; mais voici la tradition reçue : Si j'énonce facilement ma prière , je sais qu'elle est agréée, mais au cas contraire elle ne l'est pas. Ils se sont alors mis à noter par écrit l'heure exacte; et à leur retour auprès de R. Gamaliel, ils lui en firent pai't. Par Dieu, dit-il, c'est bien exact, pas un instant plus tôt ni plus tard, la fièvre l'a quitté et mon fils a demandé à boire (signe d'amélioration).— On raconte encore de R. Hanina ben-Dossa que, lorsqu'il alla étudier chez R. Yochanan ben-Zaccaï, le fils de ce derniçr tomba malade. Mon ami Hanina, dit le père, invoque Dieu pour qu'il le guérisse. R. Hanina se mit la tête entre les genoux (se prosterna) et se mit à prier, et le malade se rétablit. R. Yochanan ben-Zaccaï dit alors : Si je m'étais agenouillé toute la journée, cela n'eût servi à rien. Mais, lui dit sa femme, Hanina t'est-il supérieur? Non, répondit-il, il est devant Dieu comme l'esclave du maître (et peut toujours entrer chez lui)« tandis que je suis pour lui un prince (plus rare, qui n'a pas d'accès immédiat).
R. Hiya bar-Abba dit, au nom de R. Yochanan : On ne doit prier que dans une maison contenant des fenêtres, comme il est dit (Daniel, vi, 1 1) : Il avait ouvert les fenêtres de sa chambre en face de Jérusalem. R. Cahana dit : Je considère comme impudent celui qui prie dans une plaine ouverte (et non dans la solitude). De même, dit-il, je considère comme impudent celui qui (dans la prière) expose sans pudeur tous ses péchés, comme il est dit (Psaume xxxii, 1 ) : Heureux celui qui cèle la faute, qui cache le péché.
368 TRAITE DES BEHAKHOTH.