‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 176 sur 266 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

sur le vin seul, on entonne uji cantique. €'est juste d'après celui qui dit qu'il s'agit dans ce verset d'une plantation de quatrième année de n'importe quel arbre fruitier; mais il ne saurait être question de la quatrième année de la vigne (sans quoi, on en déduirait que tout ce gui doit être racheté peut donner lieu au chant). Or, on a appris que R. Hiya etR. Simon bar-Abbi sont en désaccx)rd sur la question de savoir s'il s'agit de plantations ordinaires à la quatrième année, ou de la vigne, et encore, d'après celui qui traite de la vigne de quatrième année, c'est juste si l'on tire parti de la comparaison; car, selon l'enseignement de Rabbi, il est dit d'une part (Lévi tique, xix, 35) d'augmenter votrejnvduit^ et d'autre part (Deutéronome, xxii, 9) : Le produit de la vigne; or, de l'analogie des deux mots on peut conclure qu'il s'agit chaque fois de la v^fnej et que la première moitié du mot hmangee^ s'applique à la bénédiction. Mais si l'on ne tire pas parti de la comparaison , d'où sait^on qu'il faut dire la bénédiction? Et si même de la comparaison de§ termes on conclut à l'obligation de la prière postérieure^, comment sait-on qu'il en faut une auparavant? Cette dernière objection n'est pas sérieuse, car on peut déduire ce point par afcrtiori et dire : si l'on bénit Dieu étant rassasié, à plus forte raison le doit-on quand on a encore faim.

'Cela s'explique donc pour la vigne; mais comment le savait-on pour les autres espèces? Par comparaison avec la vigne : de même qu'en jouissant de cette dernière il faut prononcer une bénédiction, il en est de même des autres jouissances; et il n'y a pas à dire que pour la vigne c'est une exception, en raison de ce qu'on est obligé d'y laisser aux pauvres les petites grappes^ (Lévitique, xix, 10), puisque pour le blé cette obligation n'existe pas (et cependant on le bénit en le mangeant) : et il n'y a pas à dire que le blé est une exception, en raison de ce qu'on prélève sur la pâte une part sacerdotale (hallâ), puisqu'il y a à lui opposer l'exemple de la vigne. La même conclusion revient donc en tous sens, et la particularité de l'un n'est pas celle de l'autre. II n'y a qu'un point commun entre eux, c'est que pour tous deux, si l'on en jouit, il faut réciter la bénédiction, et cela s'applique à tout ce qui est dans le même cas. Il n'y a pas à dire que le point commun entre eux soit qu'ils servent tous deux aux sacrifices et libations de l'autel^ (à l'exclusion de ce qui n'entre

' Comme ce mot est au pluriel, il est, ' On ne pourrait donc pas en tirer

pour ainsi dire, exprimé deux fois ou en l'obligation de faire une bénédiction pour

deux parts , dont Tune sert d'appui aux les autres fruits qui ne sont pas sujets à

déductions syllogistiques. la loi du grapillage.

' La bénédiction qui suit la consom- * Il faut entendre ce passage ainsi,

mation d'un mets est la seule que la Bible d'après Raschi : Faut- il les bénir parce

prescrive textuellement, Deutéronome , qu'elles servent pour les libations et pour

VIII ,10. les offrandes , tandis qu'il serait inutile de

pas dans celte catëgorie), puisqu'on pourrait aussi invoquer ce titre pour Tolive (dont on répand Thuile sur i autel, et que cependant on bénit). A quoi bon dire que i'olive lui est comparable parce qu on en offire aussi sur Tautel ? Ne la comprend-on pas explicitement sous le terme générique de kertm (vigne) dans ce verset (Juges, xv, 5) : Il brûla tout ^depuis les gerbes et les Uès^jusqtCoMx plantations dolioe (kerem)? Là, dit R. Papa\ on Tappelle herem d^oUoe^ mais non kerem tout court (vigne). Mais en tout cas l'objection ne subsiste-t-elie pas qu'il y a entre elles un point commun, à savoir qu'on les offre sur Tautel (est-ce une exclusion pour le reste)? Non, on les compare aux sept espèces de produits supérkurs de la Palestine^ : De même que si l'on en mange il faut les bénir, de même cette récitation est exigible pour tout ce dont on jouit. Mais ne peut-on objecter que pour ces sept espèces c'est différent, parce qu'on est tenu d'en prélever des prémisses (qu'elles ont cette supériorité sur tous les produits)? De plus, s'il est vrai qu'on en déduit la bénédiction d'après, comment sait-on qu'il en faut une au préalable ? Ceci n'est pas une objection sérieuse ; car si l'on bénit Dieu en étant rassasié, à plus forte raison le fait-on en étant affamé. Mais comme il est question (dans le verset pariant de louanges à Dieu) de plantations de quatrième année, cela ne peut s'appliquer qu'à ce qui pousse sur lerre; d'où sait-on qu'il faut bénir la consommation de viande, d'œufs et de poissons? C'est notre raison qui nous indique de ne jouir de rien ici-bas sans remercier Dieu.

Les rabbins ont enseigné qu'il est défendu de goûter à un objet sans dire une bénédiction, sous peine de commettre une prévarication. Que faire en cas d'omission? Aller consulter un sage. Mais que peut y faire ce dernier ei comment réparera-t-il la faute? Cela veut dire, répond Raba, on va d'avanco chez un savant, qui vous apprend les formules de bénédiction, afin que l'on n'arrive pas à commettre ce péché. R. Juda dit, au nom de Samuel , que l'action de goûter à quelque chose sans bénédiction équivaut au détournement do saintetés du ciel, puisqu'il est dit : A Dieu appartient la terre aoeeee qu'elle renferme (Psaume xxiv, i). R. Lévi demanda: Ce verset n'est-il pas contredit par cet autre (tUI. cxv, ±6): Les deux sont à Tbtemelet la terre auxhowunesf 11 n'y a pas de contradiction; le premier verset parle du cas oîï la bénédiction n'est pas encore dite (cela appartiendra encore, en ce cas, à Dieu), mais après F. 35\ que la bénédiction aura été dite, c est aux hommes. R. Hanina bar-Papa dit : La jouissance d'un objet pris ici-bas sans bénédiction équivaut à un vol fait au Très-Saint et à l'ensemble d'Israël (qui sera puni de la disette de fruits à

bénir d'autres fruits ne servant ps h * Voir Deutéronome, vni, 8, i**piir-

Taulel. tie, p. Ji i.

» Tr. BabaMetuaJol S-j'.

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