‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 177 sur 266 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

cause de celte faute); comme il esl dit (Proverbes, xxviii, s A) : Celui qui vole 9(m vire et $a mère^ en disant ce n^ est pas un péché, est un associé des brigands; or ici le moi père signifie l'Eternel, dont il est dit (Deutéronome, xxxii, 7) : N^est-ee pas ton pire, qui fa formé? Et la mère n'est autre que rassemblée d'Israël, dont il est dit (Proverbes, I1 8): Ecoute, manfk, la morale de ton père, et ne dédaigne pas les recommandations de ta mire. Que signifient ces mots : Il est le compagnon des brigands? C'est que, dit R. Hanina bar-Papa, il est digne d*étre le compagnon de Jéroboam, fils de Nebat, qui a détourné les Israélites de leur père qui est aux cieux (celui qui mange sans bénir entrafne les autres au mal).

R. Hanina bar-Papa présenta l'objection suivante : N'y a-t-il pas de contradiction entre ce verset (Osée, 11, g) : Je prendrai mon^ blé en son temps ^ et celui-€i (Deutéronome, xi , i&) : Tu rentreras ton blé? Noii, lorsque Israël accomplit les volontés du Seigneur, sa moisson est productive; au cas contraire, elle ne réussit pas. Les rabbins ont enseigné : Pourquoi est-il dit : Tu rentreras ton blé (cela ne va-t-il pas sans dire) ? C'est qu'il est écrit : Le livre de cette^ Loi ne quittera pas tes livres (Josué, 1, 8); or, pour qu*on ne prenne pas ces mots à la lettre, il est écrit : Tu rentreras ton blé, c'estnà-dire que tu ne dois pas négliger poilr cela tes affaires^. Telle est l'interprétation de R. Ismaël. R. Simon ben-Yochaï dit : Si l'homme laboure au temps de la culture, s'il sëme aux semailles, s'il récolte au moment de la moisson, si ensuite il bat les gerbes et qu'il les vanne dans un moment propice, qu'adviendra-t-il de la Loi' (quel temps lui consacrera-t-il)? Il faut donc expliquer cela en disant que, si Israël accomplit la volonté de Dieu, le travail des champs se fera par d'autres, comme il est dit (Isaïe, lxi, à) : Les étrangers seront là etforontpattre tes trotkpeaux, etc. Mais si Israël est rebelle, il devra lui-même se livrer à tous ces rudes travaux, comme il est dit: Tu retareras ton blé, et, de plus, il devra accomplir le travail d'autrui, selon ces mots : Tu serviras tes ennemis, etc. (Deutéronome, xxviii, &8). Abayé dit: Un grand nombre de gens ont agi selon l'avis de R. Ismaël et s'en sont bien trouvés; ceux qui ont fait comme R. Simon ben-Yochaï n'ont pas réussi. Raba dit aux rabbins : Je vous prie de ne pas paraître devant moi aux mois de nissan et de tissri (moment des moissons), afin que pendant le reste de l'année vous ne soyez pas préoccupés des moyens de vivre.

' C'est-à-dire, comment le premier dier la Loi, il est bon de travailler el de

verset appelle -t- il Dieu possesseur des s^adonner à l'agriculture. produits de la terre, et le second verset ' Le même auteur s'exprime en ce

indique-t-il le contraire? sens, exclusivement favorable à l'étude de

' Rascfai remarque à ce propos: Comme la Loi, dans le Talmud de Jérusalem,

la misère empêche le plus souvent dVln- Voir pluç haut, i'' partie, p. i5.

37'i TRAITE DES BERAKHOTH.

Rabbah bar bar-Hana ou R. Yochanan dit, au nom de R. Juda bar-EIaï^ : On voit bien que les dernières générations ne ressemblent pas aux premières ; celles-ci faisaient de la Loi l'essentiel, et de leurs travaux Taccessoire; aussi ont-elles pu maintenir Tun et Tautre; tandis que les dernières [généra tiens, qui ont fait de leurs travaux l'essentiel et de la Loi laccessoire, n ont réussi ni dans Tunni dans Tautre. La même comparaison, dit-il, est encore applicable à ceci^: Les premières générations entraient leur récolte par la grande porte, afin qu'il y eût bien Tobligalion de prélever la dime; les générations nouvelles les rentrent par les toits, par les cours ou par les haies, pour se dispenser ainsi de donner cette part; car on sait ce que dit R. Yanaî, qu'on est obligé seulement de donner la dime sur les produits lorsqu'ils ont vu la face de la maison, comme il est dit : Tai enlevé k$ saintetés de la maison (Deutéronome, xxvi, i3, il faut donc qu elles y aient pénétré); selon R. Yocbanan, il suffit de Faccès dans la cour pour constituer Tobligation, comme il est dit {ibid. lù) : Ils mangermt dans tes portes (il suffit donc que les produits aient passé par là) et se rossafieront,

ff Excepté le vin , etc. ^

Pourquoi <3ette exception a-t-elle lieu pour le vin? Est-ce que par suite de son changement avantageux^ on doit aussi changer la bénédiction? Mais cependant on ne change pas la bénédiction de Thuile si même elle est améliorée, et R. Juda ne dit-il pas au nom de Samuel, ainsi que R. Isaac au nom de R. Yochanan, qu'on récite pourl'huile d'olive la formule: «rBénisoit le Créateur des fruits de l'arbre? d Là c'est différent, on ne saurait s'exprimer autrement; on ne peut pas la bénir par la formule : (r Béni soit le Créateur du fruit de l'olivier, ^ puisque le fruit lui-même se nomme ainsi ^; maïs que l'on dise : trLe Créateur du fruit de l'olivier)) (de l'arbre). Aussi Mar Zoutra dit-il: La différence a pour cause que le vin nourrit, et non l'huile. Mais l'huile n'est-elle pas aussi un réconfortant? N'a-t-on pas enseigné ^ que si l'on fait vœu de s'abstenir de toute nourriture, on peut prendre du sel et de l'eau? car, dit-on, ces deux objets ne constituent pas la nourriture, comme toute autre consommation en boisson^; et il n'y a pas à supposer que c'est une objection contre Bah et Samuel, selon lesquels il faut seulement réciter la formule : tr Créateur des espèces de nourriture , Jt pour les cinq espèces de blé ( le froment, l'orge , le riz , l'épeautre et le seigle); car, dit R. Houna, cet enseignement s'applique à celui qui s'interdit

' Tr. Gtdttin, fol. 8i\ * En hébreu, f olivier et Tolive portent

* Comp. tr. Guitlin, fol. 87'. un seul et même nom : n^T*

' Comme le fruit ou raisin est devenu ' Tr. frcitiim^ fol. 96^ et 3o\

du vin. ^ Donc, l'huile y est comprise et dic

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