‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 180 sur 266 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

défend (à cette époque) Tusage du veijus (raisin non encore mûr), que Ton considère comme iruit, contrairement à l'avis des rabbins ^ Mais, demanda R. Simi de Nehecdea, les rabbins contestent-ils son avis pour d'autres arbres? N'a-tr-on pas enseigné^ que dans la septième année de repos agraire on ne taille pins les arbres, selon Scbammaï, à partir du moment où ils produisent des fruits? selon Hillel, on cesse pour les caroubiers, lorsque leurs branches chargées s'enchainent; pour les ceps de vigne, lorsque les grains sont mûrs; pour les oliviers, lorsqu'ils fleurissent, et pour les autres arbres, lorsqu'ils commencent à produire leurs fruits; R. Assi ajoute qu'an terme bossar répondent le grain et le flageolet blanc. Cette dernière hypothèse est-elle possible (lors^ qu'on parle de raisin)? On veut seulement dire que c'est là la grandeur du grain non mûr. Or l'avis qu'on admet seulement le bossar comme fruit et non le samadoTy est cdui des rabbins (en contestation plus haut -avec R. Yossé), et pourtant on enseigne que l'on considère les arbres comme fruitiers , dès qu'ils produisent (donc le samadav n'est-il pas aussi un fruit?). Aussi Raba réponditil : On appelle gardien du fruit l'objet qui lui est tellement nécessaire que si on l'enlevait le fruit se fanerait; tandis qu'ici ce n'est pas le cas. On fit une expérience pour démontrer cette règle : on enleva la fleur d'une grenade et elle se dessécha; mats lorsqu'on enleva la fleur du cAprier, ce fruit se maintint. [On adopte comme règle à suivre l'avis de Mar bar-R. Asche, selon lequel on jette les grains et l'on peut manger l'écorce; et de même, si on ne les considère pas conmie fruits au point de vue de TOrhy ils ne le sont pas non plus pour la bénédiction à réciter, et au lieu de dire la formule : ir Créateur des fruits de Târbre, V on dit : tr Créateur des produits de la terre^.n ]

Pour le poivre on dit, selon R. Schescheth, la formule : erTout est dû à sa parole. ?> Selon Raba on ne dit rien. Il se conforme en cela à ce qu'il dit ailleurs^ : Si l'on mâche dn poivre ou du gingembre au jour du grand pardon , cela ne constitue pas une interruption de jeûne. Ne peut-on objecter cet enseignement : Il doit y avoir une déduction à tirer du verset : vous ne toucherez pas à la primeur des fruits; et comme il va sans dire que les produits de l'arbre fruitier sont destinés à être mangés, à quoi bon le redire? Pour y comprendre l'arbre dont le bois et le produit ont le même goût, savoir le poivre, afin de démontrer que le plant de poivre (malgré sa petite taille) est considéré comme plantation interdite les trois premiers ans, et pour montrer qu'il ne manque rien à la Terre-

' Dans ce cas, on adopte comme règle mis entre crochets, ne se trouvait pas

leur avis, parce que c'est celui de la plu- dans les premières éditions du Talmud;

Fîdité. il a ëté ajoute plus tard, à titre de con-

* Mischnâ, tr. Sckebûth, cb. iv. Su; clnsion.

Tahnud, tr. Pesahhn, Und. * Tr. Yoma, fol. 8l^

' Tout ce passage, que nous avons

378 TRAITE DES BBBAKHOTH.

Sainle, dont il est dit (Deutëronome, vin, 9): Cest un payi ou tu mangerai le pain tans crainte ^ tu n^en manquerai pas y Untt y est (comment se fait-il quici on ie considère comme fruit)? Il n'y a pas de contradiction ; on considère le poivre comme plantation tant qu'il est vert (et Ton dit alors : «r Créateur des fruits de la terre 77), mais non s'il est sec. Les rabbins demandèrent à Marimar : Comment se fait-il que Ion ne considère pas comme une interruption du jeûne de Kippaur de mâcher du gingembre? Raba ne dit-il pas qu'il est permis de manger (quoique de provenance étrangère) des électuaires de l'Inde^ (ou de TÉthiopie) et que l'on dit alors la formule : trBéni soit le Créateur des produits de la terrev (comment se fait-il qu'on le considère comme une nourriture) ?. C'est que l'on parle du cas où c'est vert (alors c'est mangeable et cela constitue un fruit) ; mais s'il est sec, il est sans valeur. Pour le ikabitz (mélange de farine, miel et buile) du pot, ainsi que pour le froment pilé, on dit, selon R. Juda, la formule : ((Tout est dû à sa parole ;» selon R. Cahana, on dit :(r Créateur des espèces de nourriture.?) Pour le froment pilé seul, ils admettent unanimement la formule (f Créateur des espèces de nourriture ;« ils ne sont en désaccord que pour le cas où il ressemble au mets précédent; on dit alors, selon R. Juda : ff Tout lui est dû,7> parce que le miel (dont c'est la formule ordinaire de bénédiction) y forme la partie essentielle; selon R. Cahana, la farine y joue le principal rôle, et l'on dit en conséquence la formule qui s'adapte à ce produit. Il faut croire, dit R. Joseph, que la raison penche en faveur de ce dernier avis, puisque Rab et Samuel disent tous deux que si une nourriture contient l'une des cinq espèces de blé (citées plus haut), on dit, en la mangeant, la formule : tr Créateur des espèces de nourriture.»

Outre cet avis , ces deux rabbins répètent la même rhf^e pour les cinq espèces de blé elles-mêmes. Et quoique cette répétition semble inutile, chaque avis a sa portée; si la seconde règle avait été seule énoncée , on aurait cru que l'on récite seulement cette formule pour l'espèce pure, mais non lorsqu'il y a F. 37*. mélange; on apprend donc le contraire par la première règfe. Et si cette règle seule avait été énoncée, on aurait cru que la même formule s'applique aussi au riz et au millet lorsqu'ils sont purs, l'exclusion s'appliquant au mélai^; on nous apprend donc qu'elle se dit seulement pour les cinq espèces, mais non pour le riz et le millet , fussent-ils sans mélange. Mais estril vrai qu'on ne récite pas cette formule lorsqu'on en mange? N'est-il pas dit : Si l'on apporte à quelqu'un du pain de riz ou de millet, on dit les bénédictions antérieure et postérieure comme pour un mets cuit; or, pour ce dernier, on dit auparavant la formule : «r Créateur des espèces de nourriture,?) et à la fin une qui résume

' Bien qu'il arrive d un pays habité par des idolâtrée et des païens, on ne le considère pas comme impur.

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