CHAPITRE VI
les trois? Non, on veut dire qu*ii y a analogie mais non identité parfaite; car il eslvrarqueTon dit, comme pour le mets cuit, une auparavant et une après; mais il y a ces deux différences qu'au commencement, au lieu de dire : tr Créateur des produits de la terre, ?) on dit : «rTout est dû à sa parole,^ et à la fin, au lieu de dire le résumé des trois sections de l'action de grâce, on dit cette formule : rrll a créé des âmes nombreuses et pourvu aux besoins de toutes ses créatures. « Mais le riz n'est-il pas un mets cuit? N'a-t-on pas enseigné que Ton compte comme tels (en les comprenant sous la mémo formule) le froment divisé en plusieurs parties, ou le gruau , ou la fine fleur de farine et le riz? Or, quel est Tavis qu'on exprime là? Celui de R. Yochanan ben-Nouri, qui dit^ : « Le riz est considéré comme une espèce de blé, et s'il est trempé à Pâques, il entre dans la catégorie des défenses spéciales à cette solennité; et si l'on en fait des pains azymes , ils su£Ssent pour remplir le devoir de la consommation légale, et non selon les rabbins. Et encore ne sont-ils pas du même avis? On enseigne que celui qui broie du froment (le mâche) est tenu de réciter la bé-. aédiction : fr Créateur des fruits de la terre ;d si on l'a moulu, rôti ou cuit, et que les morceaux soient fermes, on dit avant d'en manger la formule : « Qui produit le pain de la terre,?» et, à la fin, les trois sections de l'action de grâce complète; si les morceaux ne se tiennent pas solides, on commence par dire la formule : ^ Créateur des espèces de nourriture, n et à la fin, le résumé de Faction de grâce; en mâchant du riz, on dit : ((Créateur des produits de la terre ;t) après l'avoir moulu, rôti ou cuit, quoique les morceaux se tiennent fermes, on dit au commencement la formule : (r Créateur des espèces de nourriture,?) et à la fin, le résumé des trois sections. Or, si c'était l'avis de R. Yochanan ben-Nouri, selon lequel le riz est une espèce de blé, ne faudrait-il pas réciter au préalable la formule : «Qui produit le pain de la terre,?) et ensuite les trois sections complètes? Il faut donc admettre que c'est l'opinion des rabbins, et il reste l'objection de Rab et de Samuel^? Elle reste irrésolue.
On a dit plus haut : Celui qui mâche du froment doit réciter la formule : ff Créateur des produits de la terre; ?> mais n'a-t-on pas dit pour ce cas : tr Créateur des espèces de semences??) Il n'y a pourtant pas de contradiction; ce dernier avis est celui de R. Juda, et le premier celui des rabbins, comme il est dit : Pour la verdure on récite la formule : tr Créateur des produits de la terre; 9 selon R. Juda, on dit : tr Créateur des espèces de plantes.?? On a dit aussi : Celui qui mâche du riz récite la formule : «Créateur des produits de la terre; 9 si on l'a moulu, rôti pu cuit, quoique les morceaux se tiennent fermes, on
« Tr. Pesahim, fol. 35' et 1 lA^. riz la formule : trCréateur des espèces de
' N'ont-ib pas, au contraire, dit plus nourriture?') haut qu en aucun cas on ne dit pour le
commence par dire : trCrdateur des espèces de nourriture,*^ et ensuite^ on récite le résumé de Taction de grâce. Gomment »e fait- il qu'on dise ailleurs qu'après en avoir mangé on ne dit rien? Il n'y a pas de contradiction , répond K. Schescheth : le premier avis est celui de R. Ganialiel , le second celui des rabbins; car on a enseigné quelle est la règle à suivre : Si ce que l'on mange est l'une des sept espèces privilégiées de la Palestine, il faut, selon R. Gamaliel, réciter l'action de grâce complète; selon les rabbins, le résumé suflit. II arriva à R. Gamaliel et à des vieillards , comme ils étaient assis dans une chambre à Jéricho, de recevoir des dattes', et ils les mangèrent. R. Gamaliel offrit à R. Akiba l'honneur de réciter la bénédiction (c'est-à-dire complète, selon son avis); mais celui-ci s'empressa de réciter le résumé. Akiba, s'écria R. Gamaliel , jusques à quand viendras-tu provoquer des discussions? — Maitre , lui répondit-il , comme (on avis est contredit par celui de plusieurs autres, la règle est, selon ton propre enseignement , que l'avis de la majorité l'emporte sur une opinion isolée. R. Juda dit, au nom de R. Gamaliel : Si c'est l'une des sept F. 37'. espèces privilégiées et non du blé, ou du blé qu'on n'a pas pétri en pain, il faut, selon R. Gamaliel, réciter les trois sections complètes. Selon les autres sages, une seule bénédiction suffit. Si ce n'est ni l'une des sept espèces, ni du blé, comme, par exemple, du pain de riz ou de millet, on dit, après en avoir mangé, le résumé de l'action de grâce, selon R. Gamaliel, et rien selon les sages. Or, quel est l'avis qu'on exprime là (tandis que plus haut on prescrit de réciter le résumé après le manger)? Si c'est l'avis de R. Gamaliel, on ne comprend pas qu'on dise à la fin de la première partie: Si les morceaux ne se tiennent pas solides, on commence par réciter la formule : tr Créateur des espèces de nourriture;)) à la fin, on dit le résumé de l'action de grâce; d'après qui estrce dit? Ce ne peut éfre d'après R. Gamaliel : puisqu'il prescrit les trois sections complètes pour les dattes et le froment broyé, à plus forte raison les faut-il réciter pour le blé (sorte de pain), si même les morceaux ne tiennent pas; il va donc sans dire que c'est l'avis des rabbins (qui prescrivent le résumé). S'il en est ainsi, ne se contredisent-ils pas (en étant d'avis dans un autre enseignement de ne rien réciter du tout en ce cas)? Non, on peut toujours admettre qu'il s'agit là de l'avis des rabbins; seulement, lorsque dans ladite braïtha on enseigne qu'il n'est pas besoin de réciter quoi que ce soit après eh avoir mangé, c'est du riz qu'il s'agit.
Raba dit: Pour le rihata (mélange de farine, miel et huile) que mangent les campagnards, on dit, s'il y a beaucoup de farine, la formule : «r Créateur des espèces de nourriture, t» Pourquoi? Parce que la farine (dont c'est la formule)
^ Comme le miel découle des dattes et vilégiées de la Palestine, il communique (ju'il constitue imc des sept espèces pri- cette même valeur légale à la datte.