CHAPITRE VI
mente de valeur). On comprend cette dernière hypothèse, dune bénédiction supérieure pour les mets cuits, car cela s applique, par exemple, au chou, k la poirée et à la courge; mais dans quel cas rencontre-t-on Tinverse^? Gela se trouve, dit R. Na^man bar-Isaac, pour loignon et Faii (qui perdent leur valeur s'ils sont cuits).
De même R. Nahman exposa, au nom de notre maitre, savoir Samuel, que pour les mets cuits on récite la formule : «r Créateur des produits de la terre ;i» mais nos compagnons arrivant de la Terre-Sainte, tel que Oula, au nom de R. Yochanan, disent au contraire qu'en cette circonstance on récite la formule : crTout est dû à sa parole. t» Je prétends moi, ajoute-t-il, que c'est Tobjet d'une discussion, car on a enseigné^ : Oo est dispensé du devoir de manger des azymes, si Ton consomme du pain sans levain trempé ou cuit, mais non s'il est écrasé' ; tel est Tavis de R. Méir. Selon R. Yossé , on en est dispensé en mangeant du pain azyme trempé, mais non s'il est cuit, ne fût-il même pas écrasé (parce que, dès la cuisson, le pain change de nature). Mais, en réalité, cela n'est pas. D'après tout le monde on dit, pour les mets cuits, la formule : rr Créateur des fruits de la terre, ^ et si dans l'enseignement précité R. Yossé interdit Tusage du pain sans levain lorsqu'il est cuit, c'est qu'il s'agit d'une considération spéciale, le devoir de manger des azymes à Pâques; or ce goût est perdu par la cuisson , tandis qu'ici (au point de vue de la récitation d'une formule) R. Yossé admet le même avis.
R. Hiya bar-Aba dit, au nom de R. Yocbanan, que pour les légumes verts cuits on dit la formule : (r Créateur des produits de la terre.)) Selon R. Benjamin ben^apheth, au nom du même, on dit en ce cas : irTout est dû à sa parole. ?) C'est d'après ce dernier, ditR. Nahman bar-Isaac, qu'Oula a établi son erreur (de dire alors : trTout est dû, etcn). R. Zeira s'en étonne, en disant : Quel rapport y a-t-il entre R. Benjamin bar-Japhet et R. Hiya bar-Aba (pour que l'avis de ce dernier puisse être contre-balancé) ? Ce dernier faisait bien attention aux enseignements de son mattre, et il les répétait avec exactitude , ce que ne faisait pas R. Benjamin bar-Japheth ; en outre , R. Hiya bar-Aba répétait tous les trente jours ce qu'il avait appris de son maitre R. Yochanan, mais non R. fienjamin bar-4aphelh ^ ; de plus, en dehors de ces deux considérations, on peut citer ce fait, qu'on a cuit sept fois dans un pot des lupins, qu'on les a mangés comme dessert, et lorsqu'on vint demander à R. Yochanan quelle bénédiction il fallait
* C'est-à-dire, de réciter la formule fermement à l'avis de Samuel, que la tr Créateur des produits de la terre» pour cuisson ne modifie en rien la nature le mets cru, et la formule «rTout est dû à même d'un produit.
sa parole,» pour le fruit cuit. * Tr. Huttin, fol. 86^; tr. Keritéth,
• Tr. Pesahim, fol. àx\ fol. 37'.
' Cela prouve donc, dit Raschi, con-
prononcer,Jl rëpondil qu'on dit la formule : tr Crëatour des produits de la terre. *» Enfin R. Hiyabar-Raba raconte quil a vu comment Yochanan, en mangeant des olives salëes, disait des bénédictions avant et après; or, si Ton admet que les verdures cuites restent malgré cela dans leur état normal, on conçoit qu*il ait dit auparavant la formule : «rBéni soit le Créateur des fruits de Tarbre,?» et ensuite le résumé de l'action de grâces; mais si Ton n'admet pas que ces mets restent intacts, on connatt encore la formule dite au préalable, savoir: «rTout est dû à sa parole. ^ Mais que disait-on à la fin? Peut-être la formule suivante: ffll crée des âmes nombreuses et il fournit le nécessaire à toutes ses créatures. 7) R. Isaac bar-Samuel objecta renseignement suivant ^ : Pour les verdures que Ion doit manger à Pâques (à titre d'herbes amères, en souvenir de l'esclavage d'Egypte), il suiBt, comme obligation à remplir, d'en manger, au lieu de manger seulement les tiges; mais non si elles sont confites, cuites ou bouillies; or, si on les considère comme inaltérables à la cuisson, pourquoi estrce défendu en ce cas? Là, c'est différent; il faut pour l'accomplissement de ce devoir que Fhcrbe soit amère , et une fois cuite , ce goût est parti . R. Jérémie demanda à R. Zeira : Comment se fait-il que R. Yochanan ait béni l'olive salée , puisque, en enlevant le noyau, elle n'a plus la grandeur voulue (légalement F. 39*. pour la bénédiction)? Il ne faut pas croire, répondit-il, que la mesure soit celle d'une grande olive; il s agit seulement d'une moyenne, ce qui a lieu dans le présent cas; car l'olive qu'on avait apportée à R. Yochanan était grande, de sorte que, en enlevant le noyau, il restait la mesure nécessaire. On a, en effet, enseigné que l'olive prise comme mesure n'est ni petite, ni grande, mais moyenne, c'est-à-dire lorsqu'elle est bien juteuse (agouri). R. Abahou dit : Tel ne doit pas être son nom, mais abrouti, ou selon d'autres iamrauêsi^; seulement on l'a appelée agouti^ pour dire que l'huile y est contenue comme dans une outre {agaur).
On peut dire que la discussion précédente (au sujet des divergences de bénédiction pour la verdure cuite) est conforme à celle de ces tanam : lorsqu^il arriva à deux disciples qui se trouvaient en présence de Bar-Kappara d'avoir à manger des choux, certain légume vert (ou des prunes) et de jeunes perdrix, Bar-Kappara autorisa l'un d'eux à réciter la bénédiction. Il s'empressa de dire la bénédiction pour la dernière espèce de mets (la formule : rTouI est dû, etc.7));«son compagnon se moqua de lui, et Bar-Kappara fut irrité. Ce n'est pas tant contre celui qui vient de réciter cette bénédiction, ditr-il, que je suis irrité, mais contre celui qui se moque de lui en ma présence I Si ton compagnon ressemble à quelqu'un qui n'a pas goûté de viande pendant sa vie
* Tr. Pesahim, fol. Sg'. — * Malgré la divergence des termes cbaldaîques, le sens reste le même.