‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 185 sur 266 · CHAPITRE VL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VL

(de sorte qu'il dit la bénédiclion pour ia perdrix, Tobjet le moins important), il n'est pas convenable que tu te moques de lui; en outre, ajouta-t-îl ensuite, je suis aussi fâché contre celui qui a prononcé la bénédiction i car si Ton n'a pas de respect pour le savoir (si Ton ne me consulte pas en cas d'ignorance), ne devrait-on pas au moins respecter ma vieillesse? On raconte que tous deux moururent avant la fin de l'année (maudits par lui). Or, n'y avait-il pas là le sujet d'une discussion? Celui qui a prononcé la bénédiction pensait que pour le mets cuit et la perdrix on récite la formule : «rTout est dû à sa parole; n alors il a donné la préférence h ce qu'il trouvait le meilleur; celui qui s'est moqué de lui était d'un autre avis et pensait que, pour le premier mets, on devait dire la formule : ^r Créateur des produits de la terre, t> tandis que pour les jeunes perdrix on dit : frTout est dâ à sa parole?) (formule reconnue inférieure); donc, selon lui, il eût mieux valu dire l'autre bénédiction (est-ce cela)? Non, ils sont d'accord sur ce point que, pour Tun et l'autre mets, on dit seulement la formule : «r Tout est dû, etc» Ils ne sont en contestation que sur ceci : selon l'un, on donne la préférence à ce qu'on aime; selon l'autre, au chou qui nourrit.

R. Zeira raconte : Lorsque nous nous trouvions* chez R. Houna, il nous dit que pour des morceaux de raves coupées par grands morceaux , on dit la formule : fr Créateur des produits de la terre ;^ pour de petits morceaux, on dit les mots: rr Tout est dû à sa parole, -n En arrivant chez R. Juda , il nous dit que, dans les deux cas, on dit la formule : «r Créateur des produits de la terre; t) et si les morceaux sont plus petits , c'est pour qu'on les goûte d'autant mieux. R. Âsché dit : En nous trouvant chez R. Cahana, il nous dit que, pour un mets de poirée où il n'y a pas beaucoup de farine, on dit la formule: «r Créateur des fruits de la terre;?) pour des raves oii il y a beaucoup de farine, on dit : (r Créateur des espèces de nourriture;?) puis il se reprit et dit qu'en tous cas on récite la première formule, y eût-il beaucoup de farine, car c'est pour lui donner de la consistance.

R. Hisda dit : Un plat de poirée est bon pour le cœur et pour les yeux, et à plus forte raison pour les intestins'; à condition, ajoute Abayé, qu'en étant sur le feu, on l'ait entendu bouillir (et répandre le bon goût). Je m'explique bien, dit R. Papa, que l'eau où ce mets a bouilli lui ressemble par le goût, de même que l'eau ayant servi à cuire des raves ou toute autre verdure. Mais, demanda-t-il, comment considère-t-on l'eau du bois d'anet? Est-ce pour donner un goût aux mets que l'on y place (et alors l'eau a de la valeur), ou est-ce seulement pour en enlevei* la graisse? On peut le conclure de l'enseignement suivant^ : Dès que l'anet a répandu son goût dans un pot (ce n'est plus qu'un

* Tr.Erouhin, fol. 29'. ' — Tr. /<^t^//i,fol. 5i'';Mi8chnâ, 5*partie,tr. OiiArttt»,ch.in,

simple morceau de bois), on ne Itti applique plus ni la défense du prélèvement sacerdotal {terouma)^ ni la loi sur Timpureté relative aux mets; il est donc bien prouvé que cet objet a pour but de donner du goût (par conséquent, il faut dire la formule «r Créateur des produits tj).

R. Hiya bar-Asché dit : Pour un morceau de pain sec, destiné à être trempé dans la marmite, on récite la formule : ff Celui qui produit, etc.« Cest contraire à Topinion de R. Hiya, qui dit : On doit achever la récitation de la bénédiction au moment de la rupture du pain (et non, comme en ce cas, lorsqu'il est déjà rompu). Mais, demanda Raba, pourquoi pas pour le pain mis à tremper dans la marmite? Parce que Ton ne doit terminer la bénédiction qu'avec la rupture du pain. N en est-il pas de même pour le pain, qu'on finit de bénir F. 39\ lorsqu'on le brise (quel est alors l'avantage)? Aussi Raba ditr41 : On le bénit d abord, puis on le rompt. Neherdaï agissait comme R. Hiya, et les rabbins comme Raba. Rebina dit : Ma mère me racontait que mon père agissait selon R. Hiya, qui prescrit de terminer la bénédiction avec la rupture du pain; les rabbins agissaient comme Raba, dont l'avis sert de règfe, lorsqu'il dit qu'on récite d'abord la bénédiction, puis on le rompt.

On rapporte ceci : Si l'on présente à table des morceaux de pain (aussi gros que l'entier) et des pains entiers, on bénit les morceaux, dit R. Houna,ce qui dispense de le faire è nouveau pour l'entier. Selon R. Yochanan, il vaut mieux accomplir le précepte sur l'entier. Mais ils s'accordent à dire que, si l'on a devant soi un morceau de pain de froment et uu autre composé d'oi^, il faut dire la bénédiction pour le morceau de froment, et cela dispense pour le pain d'orge. C'est conforme, ditR. Jérémie bar-Aba, à la discussion suivante : Il vaut mieux prâever pour le sacerdote un petit oignon entier que la moiiië d'un grand; selon R. Juda, il n'en est pas ainsi, et il préfère la moitié d'un grand ^ Or, n'est-ce pas là le fond de la discussion, savoir que, selon le dernier, la meilleure part est préférable, et, selon le premier, l'entier a la priorité? Non, car ils sont d'accord qu'en présence du sacerdote on lui laisse prélever la meilleure part (ne fût-ce pas un entier); ils ne difièrent d'avis que lorsque le sacerdote n'est pas présent; car on a enseigné^ : Cbaque fois qu^il est présent, il prélève le plus beau fruit; mais lorsqu'il n'y est pas, il faut prélever ce qui se conserve le mieux (l'entier); selon R. Juda, on ne prélè\re, même en ce cas, que ce qu'il y a de beau. Celui qui craint Dieu (qui observe strictement la loi), ditR. Nahman bar-Isaac, doit s'arranger de façon à satisfaire aux deux prescriptions^, c'est-à-dire comme faisait Mar, fils de Kebina, qui, en récitant la bénédiction, plaçait le morceau sous l'entier (qu^il

' Mischnâ, i" partie, Ir. Teroumotli, * Talmud. tr. Menahotk, fol 55'.

cl). II, S 5. * Tr. Scliabbath, fol. 6i'.

Page 1