‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 186 sur 266 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

réunissait dans sa pensée) et qu'il rompait ensuite. Quelqu'un a enseigné cette même règle devant R. Nahman bar-Isaac, qui lui demanda son nom. — Salman, répondit-il. — Tu es parfait {êchalàm), répliqua R. Nahman (pour le féliciter de ce moyen de conciliation), et ton enseignement est parfait, car tu as mis la paix (schalom) entre les savants. Tout le monde reconnaît, dit R. Papa, qu'à la soirée de Pâques on joint le morceau de Fazyme rompu (dont on réserve une part pour VofUcoman, dessert) à celui qui est entier, puis on le rompt, pour donner une image du pain de misère (ordinairement brisé).

Le samedi, dit R. Aba, on doit rompre deux pains ^ parce qu'il est écrit (au sujet de la manne): Le pain double{Exodey xvi, âs). J'ai vu, dit R. Asché, que R. Cahana en prenait deux et en brisait un. R. Zeira en rompait un morceau pour tout le repas. Mais, dit Rebina à R. Asché, n'est-ce pas une apparence de gourmandise^? Non, répondit-il, puisqu'il n'agit pas ainsi tous les jours, et seulement en cette solennité. Lorsqu'à R. Amé et R. Assé on présentait le pain du mélange des distances ^ ils récitaient la formule de bénédiction : tr Celui qui produit le pain de la terre ;n puisque, disaient-ils, il a déjà servi à l'accomplissement du précepte de VEroub , nous allons accomplir pour lui un autre précepte (celui de la bénédiction). .

Rab dit: Si quelqu'un vous engage à prendre quelque chose à manger, en F. ko'. vous disant que c'est déjà béni, l'on n'a pas besoin de dire la bénédiction, mais il faut la dire si l'on demande du sel ou quelque autre mets qui se mange avec le pain^; selon R. Yochanan, ce n'est même pas nécessaire en ce dernier c^s (car ce n'est qu'accessoire et pour donner du goût au mets). Mais si dans l'intervalle on a donné l'ordre de préparer le mélange du fourrage pour les bestiaux, il faut redire la bénédiction (à cause de l'interruption). Selon R. Schescheth, on n'a même pas besoin, en ce cas, de la répéter, car R. Juda dit à Rab^ : Il est défendu à l'homme de se mettre à table avant d'avoir servi le fourrage aux animaux, comme il est dit (Deutéronome , xi, i5) : Je mettrai de Therbe dans ton champ pour ton bétail, puis seulement : Tu mangeras et tu te rassasieras (cet ordre n'est donc pas une interruption et il fait partie intégrante du repas).

' Tr, Sehabbath, fol nf.

* Tr. iiTetoiiWrt, fol. 96\

^ Pour rapprocher symboliquement les grandes distances qu'il est interdit de parcourir le samedi , on place au milieu du chemin quelques mets, quon appelle eroub (mélange). Cela s'applique aussi à la réunion fictive de plusieurs cours ou

maisons, afin de pouvoir, les jours do sabbat et de fêtes, transporter tout, sans restriction légale, ni violation sabbatique.

* Le terme aramëen fDS^ , qui signifie Uttéralement compagnon du pain, a un bon équivalent en italien, le mot compa^ nalico.

' Tr. Guittin, fol. 6a".

Raba bar-Samuei dit, au nom de R. Hiya : Il n'est pas permis à celui qui coupe le pain de le rompre avant qu on ait remis à chacun du sel , ou le légume (avec Jequei on le mange). Comme Raba bar*Samuel se trouvait chez le chef de la captivité, il rompit le pain pour lui seul dès qu'on le lui apporta. Maître , lui demanda-t-on ^ as-tu renoncé à ton enseignement? Avec un tel pain , répondit-il (comme il a si bon goût), il n'est pas nécessaire d'attendre le sel.

Il dit aussi : L*on fait bien de n'uriner que si l'on est assis (car en étant debout , on se retient un peu de crainte de se mouiller). R. Cahana ajoute : Cela a même lieu en étant debout, si l'on se trouve devant de la terre molle (qui imbibe l'eau); et si l'on n'a pas de terre molle, on se mettra sur une hauteur pour uriner de là sur un endroit plus bas. Raba bar-Samuel donnait encore le conseil d'hygiène, au nom de R. Hiya, de manger du sel après chaque repas et de boire de Teau après toute boisson pour éviter tout danger de maladie; c'est ce qu'on a aussi appris ailleurs. On enseigne même que, si Ton ne prend pas ces mesures, il y a à craindre, le jour, qu'on ne sente mauvais et que, la nuit, on ne souffre d'une angine.

Les rabbins ont enseigné : Si l'on trempe bien son manger en buvant, on n^est pas exposé aux maux d'intestins (la digestion est facile). Quelle est la mesure de ce qu'il faut boire? Un pot à l'eau par pain. R. Mare dit, au nom de R. Yochanan : Il est bien sain de s'habituer à manger des lentilles une fois par mois, mais non chaque jour, parce que c'est mauvais pour l'odeur de la bouche. Il dit aussi qu'il est bon de manger de la moutarde une fois par mois : cela suffit pour éloigner les maladies de la maison; mais non tous les jours, parce que c'est pernicieux pour les maux de cœur. R. Hiya bar-R. Asché dit : Si l'on a l'habitude démanger de petits poissons, on ne s'expose pas aux maux d'intestins; de plus, ils portent à la fécondité et rafraîchissent tout le corps de l'homme. R. Hama bar-Haninadit:Si l'on a l'habitude de prendre de la nielle, ou ne souffre pas de maux de cœur. Mais, fut-il objecté, selon R. Simon ben- Gamaliel, ce fruit n est-il pas l'un des soixante poisons mortels? et c'est un danger de dormir è côté du magasin où. il est réservé (à cause de son odeur dangereuse. Comment expliquer ce désaccord?). Il n'y a pas de contradiction : l'odeur est mauvaise (et on la déclare dangereuse); mais le goût est utile et bienfaisant. La mère de R. Jérémie, en cuisant du pain, y avait répandu de ce produit; mais ensuite (une fois que le goût avait pénétré) elle le grattait (à cause de sa mauvaise odeur).

(r Selon R. Juda, on dit la formule : ff Créateur des espèces de verdure. •»

R, Zeira ou R, Ilincna bar-Papa disent que cet avis ne serl pas de règle, el

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