CHAPITRE VI
langue profane) lorsque c'est une traduction littérale de la formule hébraïque, telle qu'elle a été adoptée par les rabbins, mais non au cas contraire; c'est pourquoi on nous apprend que cela sui&t.
On a dit plus haut que, selon Rab, toute bénédiction doit contenir la mention du nom divin, sous peine d*étre nulle. R. Yochanan ajoute qu'il est non moins indispensable qu'elle contienne la mention de la royauté divine. Il parait, dit Abayé, que l'avis de Rab est le plus raisonnable, car on a enseigné l'interprétation suivante ^ des mots : Je tCai tramgreui aucun de tes commandemenU et neleê ai pas oubliés (Deutéronome, xxvi, i3); c'est-à-dire : Je n^ai pas maitqui de te bénir, je fCai pas oubUé de mentionner en même temps ton nom. Mais on ne parie pas de la question de royauté. Selon R. Yochanan, on comprend, dans les mots je n'ai pas oubUiy aussi bien la mention du nom divin que sa royauté.
3. Cette formule (Vsntr ) est usitée pour tout ce qui ne pousse pas sur terre , ainsi que pour le vinaigre, les déchets de fruits [nobeloth) etles sauterelles (pures). R. Juda dit : Toute espèce maudite (comme les trois précédents articles) ne nécessite pas de formule de bénédiction.
A. Lorsqu'on a devant soi diverses espèces, et que parmi elles il y a l'une des espèces d'élite (de la Palestine), il faut, selon R. Juda, dire la bénédiction sur cette dernière espèce; selon les sages, on fait la bénédiction sur n'importe quelle espèce.
Les rabbins ont enseigné : On dit la formule «r Tout est dû à sa parole ?> pour tout ce qui ne pousse pas sur la terre, comme la chair des animaux domestiques ou sauvages, des oiseaux, des poissons; pour le lait, les œufs et le fromage, pour le pain moisi^, le vin qui est devenu aigre, pour le mets qui a tourné (en devenant sûr), pour le sel, l'eau de saumure, les champignons. Estce à dire que ce ne sont pas des produits de la terre? N'a-t-on pas dit que si l'on fait vœu de ne pas manger de fruits, il est défendu de goûter à tous fruits, mais non aux champignons, et si l'on a fait vœu de ne manger d'aucun produit de la terre, même les champignons sont interdits (cela ne dit-il pas qu'on les considère comme tels) ? C'est vrai qu'ils croissent sur la terre , mais ils n'en tirent pas de suc. Mais ne parie-t-on pas de tout objet «rqui ne pousse pas sur la terre ?T) Il faut entendre par là ce qui n'en tire pas de suc nutritif.
' Sj^'ou commentaire sur le Denté- * Tr. Babor-Bâtkra, M. gS**; tr. Neda--
ronome, ch. xxvii, S 3. rirn, fol. 55\
39A TRAITÉ DES BERAKHOTH.
(TËt pour lesnobeloûif etc. n
Qu entend-on par ce terme? R. Zeira et R. Ilea l'expliquent diffëremment : selon Tun, ce sont les premières dattes mûres desséchées par le soleil; d'après Tautre, ce sont dés dattes tombées avant la maturité. On dit dans la Miscbnâ que, selon R. Juda, on ne bénit aucune espèce maudite; or, s'il s'agit de dattes desséchées, on conçoit qu on ne les bénisse pas et qu'on les considère connue un objet maudit; mais s'il s'agit de fruits non mûrs, en quoi y a-t-il là malédiction? Cette qualification se rapporte au reste (vinaigre et sauterelles). Selon d'autres, on comprend qu'on dise la formule : crTout est dû, etc.i» s'ii s'agit de dattes desséchées; mais s'il s'agit de dattes non mûres, ne devrait-on pas dire la formule : «r Créateur des fruits de l'arbre i> (puisque malgré leur chute précoce elles n'ont pas changé d'aspect)? Aussi il n'y a pas de discussion sur le sens des nobeloth en général, et l'on admet unanimement qu'on entend par là des dattes desséchées; il y a seulement divergence sur le sens des mots nobeloA de dattes ; car on a enseigné ^ que l'on comprend parmi les objets les moins soupçonnés de demat (doute sur l'enlèvement des dîmes sacerdotale et lévitique), les achitin, nmin, ouzardiny benoth-schouach et schikmâjgoufninj nitêpay et des nobeloth de dattes. Le mot echitin signifie, selon Rabbah bar bar-Hana, au nom de R. Yochanan, une espèce de figues; les rimin une sorte d'artichaut; ozardin^ des sorbes; les benothr-ëchovMck ^ sont des figues blanches, d'après Rabba bar bar-Houna , au nom de R. Yohanan; les benotb^schikmâ sont, d'après le même, des figues sauvages; on entend par^otj^nm des raisins retardataires; par nUspa, des bourgeons de câpres; enfin l'expression de nobeloth de dattes est expliquée différemment par R. Ilaa et R. Zeira : d'après l'un, ce sont des dattes desséchées, et, d'après l'autre, celles qui sont tombées à terre avant d'être mûres; or, si l'on entend par là des dattes sèches, on comprend qu'en raison (le leur peu de valeur on les énumère parmi les objets les moins soumis au demaiy pour qu'en cas de doute on soit dispensé d'en prélever de nouveau la dime et que l'obligation subsiste seulement en cas de certitude; mais si Ton entend par là celles que le vent a jetées à terre, comment supposer qu'en cas de certitude (d'omission de dime) le prélèvement soit obligatoire, puisqu'elles sont abandonnées à terre (à la disposition de tout venant, et qu'en ce cas il n^ a pas d'oblation légale)? C'est que Ton parle du cas où on les aurait amassées eu tas, car R. Isaac dit de la part de«R. Yochanan, au nom de R. Ëliézer beu- Jacob', que si Ton amasse en tas pour mettre en grange le glanage, les épis
' VoirMischnâ, i'* partie, tr. Detnai, sent que tous les trois ans, comme il est
ck. I, S 1. dit au traité Sdiebûth, ch. v, S i.
« Tr. Rosch'Haschanà, fol. i5\ tr. ' Tr. Sâtd, fol 43\
Aboda ZarA, fol. xh*. Ces figues ne pous-