‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 189 sur 266 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

oubliés et la fea ' , on leur constitue une valeur telle qu'il faut alors en prélever la dime légale. Selon d*autres, on raisonne ainsi: Si Ton entend par là des dattes jetées à terre par le vent, on comprend qu*on les appelle ici nobeloih F. h\'. tout simplement, et non pas nobebth de dattes (comme dans ladite Mischnâ); mais, s'il s'agit de dattes desséchées par le soleil, pourquoi ne dit-on pas dans les deux textes (ici et dans le cas précité) nobeloth de dattes, ou de part et d'autre nobeloth tout court (pourquoi varier Texpression, si le sens ne diffère* pas)? La question n'est pas résolue.

crSi Ton a devant soi plusieurs espèces, etc.-n

Oula dit : La discussion n'aura lieu que si les formules de bénédiction sont les mêmes; en ce cas, selon R. Juda, il faut donner la préférence à Tune des sept espèces privilégiées, et selon les rabbins, à celle qu on aime le plus; mais tout le monde admet unanimement qu'en cas d'inégalité de formules il faut d'abord bénir une chose , puis recommencer pour une autre. Mais on objecta cette règle : lorsqu'on a devant soi des radis et des olives, on dit la bénédiction pour le radis, ce qui en dispense pour l'olive (quoique la formule soit tout autre)? C'est que là il s'agit du cas où le radis est l'essentiel. S'il en est ainsi, comment expliquer la fin? R. Juda dit qu'on bénit l'olive, parce que c'est une des sept espèces de prédilection ; n'admet-il pas cette règle qu'en cas d'un accessoire joint à l'objet essentiel^, ce dernier a la priorité pour la bénédiction? et il n'y a pas à dire qu'en effet il la rejette, puisqu'on enseigne que, d'après R. Juda, si l'olive n^est offerte qu'accessoirement au radis, on bénit seulement ce dernier? Aussi on parie toujours du cas où le radis est l'essentiel; la discussion de R. Juda et des rabbins roule sur autre chose, et il faut supposer que le texte elliptique est h compléter ainsi : Lorsqu'on a devant soi un radis et une olive, on bénit le premier, en se dispensant du second; et dans quel cas cela a-t-il lieu? Lorsque le radis est essentiel; mais, au cas contraire, il faut, d'après tous, bénir une espèce après l'autre ; s'il se présente deux espèces dont les formules de bénédiction soient égales, on bénit celle que l'on veut; selon R. Juda, on donne la priorité à l'olive, parce qu'elle fait partie des sept espèces privilégiées.

Cela fait l'objet de la discussion entre R. Âme et R. Isaac le forgeron; d'après l'un, la discussion a lieu lorsque les bénédictions se ressemblent; car, selon . R. Juda, on donne la priorité à l'une des sept espèces, et selon les rabbins à l'espèce que l'on préfère; mais lorsqu'elles ne sont pas les mêmes, ils admettent unanimement qu'on récite une bénédiction après l'autre. Le second dit que le

' Lapea, ou angle du champ, appar- tie de la Mischnâ, traité Pea. •» ^ Voir tenait de droit aux pauvres. Voir x" par- ci-dessous, Miscluiâ 7, fol. hh*.

(liirérend subsiste même pour le cas où les bénëdictions nesont pas sembfables. Or, on comprend qu'il y ait discussion pour ]e cas où les bénédictions sont semblables; mais en quoi peut résider la discussion pour le cas où les bénédictions ne sont pas ies mêmes (n'est-il pas évident qu'alors il faut les réciter toutes)? Il s'agît, dit R. Jérémie, d'établir laquelle sera dite avant les autres, car R. Joseph et R. Isaac disent qu'on doit réciter la première bénédiction pour ce qui occupe la première place dans le Pentateuque , comme H est dit (Deut. viu , 8): Unpays de froment y d^w'ge,devigneydeJigueydegrenade,unfHiysd^oliue,d!huUe et de nUel^. C'est contraire à R. Hanan , qui dit^ : Tout ce verset a été ainsi disposé en vue de certaines mesures^ : t^ Le froment rappelle ce qui a été enseigné, que si l'on entre dans la maison d'un homme frappé de lèpre, ayant ses vêtements sur l'épaule, le» sandales et la bague en mains, il devient impur, avec tout ce qu"*!! a sur lui ; s'il a revêtu ses effets , s'il a les sandales aux pieds et la bague au doigl , lui seul est de suite impur, mais tous ses effets restent purs, à moins qu^il a*y reste le temps d'y manger un morceau de pain^ de froment, non d*orge, en s'accoudant et en l'accompagnant de légumes ^ 3^ L'orbe, comme on a enseigné : Un os de mort de la grandeur de l'orge rend impur celui qui le touche ou ]e porte , mais il ne rend pas impure la tente où il se trouve. 3® La mgne; un quart de mesure de vin est interdit au nazir (qui a fait vœu d'abstinence). &^ Lafgveindique la mesure de ce qu'il est défendu de transporter le samedi. 5* La grenade rappelle cet enseignement : Tous les vases de bois d'un maitre de maison F. &i\ sont inaccessibles à l'impureté s'ils ont une ouverture ou trou de la grandeur d'une grenade^. 6® Les mots pays d! olive et d^ huile indiquent, selon R. Yossé bar- R. Hanina, un pays qui a l'olive pour unité de mesure, ou, pour être plus exact, non de toutes les mesures, puisqu'il en existe aussi d'autres, mais où la plupart d'entre elles sont l'olive. 7^ Le miel (de dattes) rappelle la défense de manger l'équivalent d'une grosse datte au jour du grand pardon. Mais R. Isaac (qui interprète différemment ce verset) dit que ces mesures ne s'y trouvent pas indiquées explicitement; ce sont seulement les rabbins qui y voient une allusion, fondée sur les mots du verset. Gomme R. Hisda et R. Hamnona se trouvaient à un repas, on leur apporta des dattes et des grenades; lorsque R. Hamnona

* Gomme le remarque Raschi , les sept de la mesure exigée légalement pour elles espèces sont rangées dans ce verset, se- dans les cas particuliers qui vont être dé- Ion R. Isaac, d'après leur valeur respec- . signés, tive. ^ Littéralement : un demi-pain, reprë-

' Traité Eroubin, fol. /î*; tr. Soucca, sentant la quantité de quatre œufs, fol. 5^ ^ Get accompagnement provoque né-

^ G'est-à-dire, selon lui, il n'est pas cessairement une prolongation de séjour. question de la préférence ou du mérite * Ilssontcon8idérés,en ce cas, comme

d'une espèce supérieure à l'autre, mais inutiles et inaccessibles à Fimporeté.

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