‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 190 sur 266 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

en eut pris, il dit d'abord la bénédiction pour les dattes. Mais, lui demanda R.Hisda, n admettez-vous pas ce que disent R. Joseph ou R. Isaac, qu'il faut bénir en premier lieu ce qui occupe dans le texte biblique la première place? C'est que, lui réponditr-il , le miel de dattes occupe le second rang après le moi pays (de la 9* partie du verset), tandis que la grenade n y occupe que le cinquième rapg. Puissé-je, dit R. Hisda, avoir des pieds de fer, pour te suivre et entendre tes excellentes interprétations!

On rapporte ceci : Si Ton apporte sur la table des figues et du raisin, au milieu du repas, il faut, selon R. Houna, réciter une formule de bénédiction avant d'en manger et non après. C'est aussi l'avis de R. Nahman; selon R. Schescheth, il en faut aussi bien après qu'auparavant, car il n'est rien qui, exigeant une bénédiction préalable, n'en exige aussi une après, sauf le pain qu'on apporte avec les grains grillés comme desserte C'est contraire à R* Hiya, qui dit : La bénédiction dite pour le ])ain dispense de celle de tous les autres plats, de même que celle du vin en dispense pour les autres boissons. Voici la règle^ dit R. Papa : Si pendant le repas on apporte des mets qui en font partie, on n'a besoin de réciter pour eux ni bénédiction antérieure ni postérieure; mais si au milieu du repas on apporte des choses qui n'en font pas partie, il faut une bénédiction au préalable, non après; quanta ce que l'on apporte après le repas, il faut réciter les bénédictions tant antérieure que postérieure. On demanda à Ben-Zoma : Comment se fail-ii que pour ce qu'on apporte au milieu du repas et qui en fait partie, on ne récite aucune bénédiction, ni avant, ni après? Parce que, répondit-il, la bénédiction du pain dispense du reste. S'il en est ainsi, pourquoi n'en dispense'-t-elle pas aussi pour celle do vin? Le vin exige une bénédiction toute spéciale (de même qu'on le bénit aux solennités et F. a a*. fêtes, sans même le goûter ). R. Houna mangea (au dessert) treixe petits pains dont trois foiârent la mesure dite cab^ sans dire de bénédiction. Mais, lui demanda R. Nahman, as-tu encore faim? (sans quoi l'on ne pourrait manger autant san^ réciter nulle formule?) Non, il faudrait la réciter si cette consommation établissait un repas. (Mais, pour R. Houna, c'était un apéritif.)

R. Juda préparait le repas de noces de son fils chez R. Juda bar-Habiba, et Ton apporta du pain accompagnant le dessert. A son arrivée, il entendit qu'on récitait la formule : «t Qui produit le pain , etc. y* Qu'est-ce que j'entends là, leur demanda-tril, serait-ce la formule: trQui produit le pain de la terre t» qu'on récite ici? Oui, répondirent-ils , puisqu'on a appris que R. Mouna dit, au nom de R. Juda, qu'on récite cette formule pour le pain accompagnant le dessert;

^ Selon Raschi , le mot kienin signifie trop peu pour qu'il y eût lieu de dire à un mets d'épis rôtis accompagné d'un ce sujet une bénédiction, certain pain épicé et dont on mangeait

et R. Samuel confinne cet avis. Cette opinion, répliqua-t-il, ne sert pas de règle. Mais, objeclèrent-ils, n'as-tu pas dit toi-même, au nom de Samuel, qu'on peut se servir de petits pains fins (de dessert) pour la cërëmonie de YÉroub^ et qu'on dit, en les mangeant, la formule? Là, c'est différent, on en faitTobjol du repas; mais, au cas contraire, cette récitation ne serait pas nécessaire.

Comme R. Papa se trouvait chez R. Houna, fils de R. Nathan, on apporta, après l'achèvement du repas, encore quelque chose à goûter. R. Papa en prit et le mangea. Maitre, lui dit-on, ne penses-tu pas qu'après avoir achevé le repas il n'est plus permis de manger? Cela n'est vrai, répondit-il, que si l'on a quitté la table. Gomme Rabba et R. Zeira se trouvaient chez le chef de la captivité, on leur présenta du ristina (un certain dessert) de la part du chef de la captivité, après qu'on eut déjà débarrassé la table devant eux^ Rabba en mangea, mais non R. Zeira. Ne penses-tu pas, lui dit ce dernier, qu'une fois la table enlevée, on ne doit plus manger? Nous pouvons nous régler, répondit-il , d'après la table du chef de maison (qui, parait-il, n'est pas encore enlevée). Si l'on a l'habitude, dit Rab, de se servir à la fin du repas d'huile parfumée (pour se nettoyer les mains), on n'a pas terminé jusqu'à ce moment (et l'on peut toujours manger sans nouvelle récitation). En nous trouvant chez R. Cahana, ditR. Asché, il nous dit précisément cette même règle qui s'appliquait à sa coutume. Cependant, tous ces renseignements ne servent pas de règle; on la trouve, comme dit R. Hiya bar*R. Asché, au nom de Rab, dans une série de trois choses oii chaque fois les deux cérémonies obligatoires doivent se succéder sans interruption^ : i® Immédiatement après l'imposition des mains par le prêtre sur le sacrifice, l'animal doit être égorgé'; a** de suite après la formule de délivrance doit venir la prière (^amida)^; 3® enfin la bénédiction doit suivre, sans intervalle de temps, l'ablution des mains ^. Nous pouvons ajouter, dit Abayé, qu'immédiatement après l'arrivée d'un sage dans une maison, vient la bénédiction, comme il est dit (Genèse, xxx, 97) : UEtemel nCa béni en ta faveur; on peut le déduire aussi de ce verset {ibid. xxxix, 5) : L'Étemel bénit la maison de T Egyptien en faveur de Joseph,

5. Si on a fait la bénédiction pour le vin avant le repas, cela dispense de celle diaprés le repas ; si on a récité la bénédiction pour

^ On sait que , dans les repas de l'an- ' Voir tr. MenahoA, foi. 33' ; tr.Betza,

tiqnité, chacun des invités, assis sur un fol. ao*.

sopha spécial, avait devant lai une petite ^ Lévitique, i, & et 5, et plus haut,

table dressée et servie particulièrement ; et 1 " partie , p. 10.

que cette table était enlevée avant celle * Voir plus haut, fol.' &^ et 9^.

du mattre de maison, dressée au milieu ^ C'est donc à ce moment que le rr-

du rond que formaient les invités. pas cesse et que la bénédiction se fait.

Page 1