‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 191 sur 266 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

les accessoires avant le repas, on est dispensé de celle d après; si on l'a dite d'abord pour le pain, on est dispensé de la répéter pour le reste, sans qu'il y ait réciprocité; selon Schaminaï, on n'est pas même dispensé de celle des mets cuits.

6. Si l'on est assis isolément, chacun prie séparément; si les convives sont assis en rond, ensemble, l'un fait la prière pour tous les assistants; si du vin arrive au milieu du repas, chacun le bénit séparément; si l'on en apporte après le repas, l'un prie pour tous les autres, ainsi que pour les parfums, quoiqu'on ne les apporte qu'après le repas.

Toutefois, dil Rabbah barbar-Hana, au nom de R. Yohanan, cet enseigne- F. /ia\ menl (ce que dit la Mischnâ au sujet du verre de vin) ne s'applique qu'à la solennité du sabbat ou des jours de fête, parce qu'en ces jours on fixe le commencement du repas avec le verre de vin \ mais comme , aux autres jours de Tannée, cela n'a pas lieu, il faut bénir à part chaque verre de vin.' C'est ce qu'a enseigné aussi Rabbah bar-Maré, au nom de R. Josué ben-Lévi: cela n'a lieu qu'aux jours de sabbat et de fête, ou à la sortie du bain, ou lorsqu'on a été saigné au bras, parce qu'alors on sait que l'on prendra du vin pendant le repas, mais non le reste de l'année. Comme Rabbah bar-Maré se trouvait chez Raba un jour de semaine, il vit qu'il récitait une bénédiction avant le repas et une après. Tu fais bien, lui dit-il^, et c'est aussi ce que faisait R. Josué ben-Lévi. R. Isaac bar-Abayé se trouvait un jour de fête chez Abayé, et il vit que celui-ci récitait une bénédiction pour chaque coupe de vin : Maître, lui dit-il, n'es-tu pas de l'avis de R. Josué ben-Lévi (et qu'en s'attablant aux jours de fête avec du vin, on ne le bénit que la première fois)? Je ne m'y suis décidé, répondit-il, que pendant le repas (contre mon habitude). On fit une question : Si l'on apporte du vin pendant le repas (et qu'on le bénisse) , est-on dispensé d*une nouvelle bénédiction pour le vin d'après le repas? Dira-t-on que s'il est vrai qu'après avoir béni le viil d'avant le repas on en est dispensé pour celui d'apicès, c'est parce que tous les deux servent seulement de boisson; tandis que, lorsque le premier sert de digestion au repas, n'en dispense-t-il pas le verre servant de boisson? Ou bien n'y a-t-il pas de distinction? Selon Rab, on en est dispensé, et non, selon R. Cahana; R. Nahman en dispense,

* C'est-à-dire que nëcessairement il * Traité Schabbath , fol. 53', 63**;tr.

boira du vin avant et après le repas; alors Eroubin, fol. 3 9^; tr. Pesàhim, fol. 53**;

la bénédiction du premier verre s'applique tr. Baba Meteca, fol. 5i*; tr. Sehebouoth,

aux autres. fol. AS'*.

mais non R. Schescheth , ainsi que R. Houna , R. Juda et tous les disciples de Rab. Raba objecta ceci à R. Nahman : Si Ton apporte du vin au milieu du repas, esir-il dit (dans la Mischnâ), chacun dit la bénédiction séparément; mais après, une seule personne dit la bénédiction pour toutes (quoique chdcun Tait dite isolément, il faut la répéter après le repas)? Voici ce que la Mischnâ veut dire, répliqua-t-il : s'il n'est pas venu du vin pendant le repas, mais après, un seul le bénit pour tous.

(rSi ron a béni le pain, on en est dispensé pour les légumes (accessoires), mais non à Tin verse; selon Schammaï, cela nen dispense même pas ce qui est cuit au pot. t) *

On demanda : Schanunaï conteste-t-il le commencement ou la fin (de ce que dit son interiocuteur)? c'est-à-dire, puisque, selon le préopinant, la bénédiction du pain dispense de celle de l'accessoire, à plus forte raison en dispense-tr-elle pour les mets cuits, et Schammaï vient-il dire qu'en effet ia bénédiction du pain ne dispense pas d'une autre formule pour l'accessoire, puisqu'elle n'en dispense même pas les mets cuits? Ou bien conteste-t-il seulement la fin, où il est dit, selon le préopinant, la bénédiction de l'accessoire ne dispense pas de celle du pain? Est-ce à dire, selon celui-ci, qu'elle en dlispense pour <rce qui est cuit au pot?» et que, selon Schammaï, cela n'en dispense pas? La question reste irrésolue.

(T S'ils sont assis isolément, etcn

Est-ce seulement au cas où ils sont tous accoudés (qu'un bénit pour tous)? Ne peut-on alors objecter ceci : si dix personnes voyagent ensemble, eussentelles mangé du même pain, elles disent séparément la bénédiction; mais si elles sont assises pour manger, eussent-elles mangé chacune d'un pain spécial , l'une d'elles dit seule la bénédiction. Ne voit-on pas qu'il su£St d'être assis ensemble sans être accoudés? C'est que, ditR. Nahman bar-Isaac, on parle du cas où l'on a assigné d'avance la place du repas (mais non en cas d'une simple halte). A la mort de Rab, ses disciples l'accompagnèrent; au retour, ils se dirent : Allons manger à la rivière Danak^ Après le repas, ils se demandèrent : Est'Ce que l'action de s'accouder est absolue, et si l'on est assis ensemble, ne peut-on pas réciter la prière en commun? ou bien, puisque la place a été fixée d'avance, cela équivaut>il à Faction de s'accouder? Ils ne surent que faire. F. fiZ\ R. Ada bar-Ahaba se leva alors, et il retourna la déchirure de son vêtement (faite

' On traduit parfois ce mot par : fleuve des pleurs.

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